37 : NOCTURNE No 20

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Perceptible qu'à ceux qui la ressentent,
La musique est le rythme de toute chose

Lundi 29 Juillet

~ Kyle ~

12 h 55

Au pinacle de la colline se dressait une petite forêt dans laquelle on pourrait par chance se débarrasser des parasites.
Derrière, avec un léger retard, les policiers qui nous pourchassaient avec hargne et détermination. Nash s'enfouit entre les arbustes et nombreux feuillus environnants, et moi, le talonnant de quelques pas, je fis de même.

Quelques ronces et buissons épineux nous faisaient obstacle nous égratignant au passage lors de notre course. Les sueurs commençaient à apparaître et à perler sur mon front au bout d'une demi-minute dans cette broussaille.
Mes bras s'affaiblissaient au fur et à mesure que l'on avançait sous le poids de la mallette que je transportais, tout comme mes jambes à cause de la pente ardue et de la mauvaise qualité du sol, jonchée de débris et de cailloux qui rendaient difficile notre sprint improvisé.

Plus tard, Nash s'élança dans une sorte de fossé, de ravin peu profond mais long parcourant la colline. Je fis donc de même et m'élançai à mon tour.
Il parcourut ensuite le canal un temps, aussi vite qu'il pouvait, puis, quelques mètres plus loin, il ressortit et se planqua derrière un buisson. Encore une fois, je le suivis et le rejoignis derrière notre piètre cachette, à l'abri des regards.
Nous n'avions plus d'issue de secours. Nous n'avions plus qu'à patienter et espérer qu'ils passent sans nous remarquer.

C'était pathétique.
Cachés derrière l'épais feuillage, nous les observions au loin. Ils venaient de s'arrêter au niveau de la fosse et scrutaient les alentours.

— Je les ai vu sauter dans la fosse ! s'exprimait l'un des agents de police.

Un d'eux bondit par-dessus le ravin et regarda devant lui en espérant nous trouver. Nous étions au sommet de la colline.
Plus bas, au bas de la pente limite verticale, se tenait un bidonville aux maisons empilées comme des maximonstres.

— Je ne les vois pas de ce côté ! s'empressa-t-il de rapporter. C'est qu'ils sont encore dans la forêt, faisons vite avant qu'ils ne nous échappent.

Ils se divisèrent en deux groupes aussitôt et partirent chacun dans des directions opposées. On vit le deuxième groupe avancer lentement vers nous en observant scrupuleusement les environs, en faisant gaffe à ne louper aucun indice suspect.
Ils n'étaient qu'à dix mètres de notre position. Des sueurs froides m'envahissèrent à mesure que les policiers s'approchaient de notre terroir.
La gorge se fit sèche, mon haleine plus chaude et sous ma poitrine, mon cœur dansait la macarena.

Merde, plus que trois mètres. Qu'est ce qu'on fait ? On essaie de les buter ?

Cette option n'était pas envisageable. Ça aurait été difficile de tous les prendre avec un Terminator désormais salement amoché. Ça n'allait pas le faire.
On resta donc planqué là à observer, à invoquer notre bonne étoile et à attendre qu'un miracle se produise.

Une première jambe se dressa sur notre champ de vision, le policier était juste à quelques centimètres. Il ne lui restait plus qu'à soulever le feuillage au-dessus de nous, qu'il nous aurait aperçu. Par précaution, mon arme était déjà braquée sur lui, mais j'espérais ne pas avoir à m'en servir.
Il plongea, avant que je ne m'y attende, sa main gantée à l'intérieur du buisson. Il s'arrêta à deux centimètres de mon visage qui se raidit à la seconde. Il balança sa main de gauche à droite sans jamais tomber sur quelque chose de suspect, puis la retira et se remit en marche.

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