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Un malheur ne débarque pas en couple
Il ne flex qu'en partouze
• Lundi 29 Juillet
~ Kyle ~
12 h 49
— Oui allô ? Enfoiré bordel qu'est ce qui s'est passé ?
Ils nous avaient enfin contactés.
Je leur expliquais à quel point le déroulement des événements avait dégénéré, requêtant savoir comment cela avait pu se passer. Nous aurions pu nous retrouver cernés par les autorités ou même pire, ne pas nous en sortir.
La chance que nous avions eu, fut qu'on soit un lundi. Ainsi, l'autoroute bondé s'était rapidement transformé en embouteillage monstrueux à cause de l'accident et retardait de ce fait l'arrivée de la police.
— Le groupe de Rafaël est tombé sur un os quelques heures avant la rencontre. Heureusement, lui, il a pu s'échapper, mais les autres membres... n'ont pas eu cette chance là.
— On a failli compléter la liste figure toi ! m'emportai-je au bord des nerfs.
Après avoir enflammé les preuves derrière nous, Nash et moi avions repris la route en nous introduisant dans les campagnes et dans les favelas comme si de rien était.
Le patient attendait d'être soigné et tenait son poignet fermement. Par réflexe premier, je lui bandai la paume avec un bout de tissu que l'on imbiba d'alcool, pour éviter qu'il ne saigne davantage.
— Je sais, concéda-t-il. Je m'en excuse. Vous êtes où maintenant ? Qu'on fixe un autre point de rendez-vous.
— Je ne vous demande pas un autre endroit ! Dites nous où vous êtes qu'on débarque, on n'a plus le temps de jouer à cache-cache !
— Attendez un instant, on vous rappellera.
— Comment ça ?!
Il coupa.
— Mais merde ! m'énervais-je en cognant du poing le tableau de bord.
Nash, lui, resta silencieux pendant l'échange, les yeux fermés, la tête basculée en arrière. Il se reposait.
À un croisement, je ralentis légèrement et longeais les ruelles délabrées du quartier. Ici, nous serions plus en sécurité.
Je me garai derrière une boutique de vente en tout genre avant d'expirer bruyamment, fatigué par ce concentré de petits problèmes.
— Excuse-moi hein... Tu peux m'accorder encore un peu de temps ?
— Ça me fait un mal de chien, répondit Nash... Mais on n'a pas trop le choix quand ça part en couille ainsi.
— . . .
— T'as déjà vu la fille de Nassreen ? changea-t-il de sujet après quelques secondes de silence.
— Tu veux placer un commentaire sur ses yeux, c'est cela ?
Toute personne connaissant Christopher et Lauren aurait fait le rapprochement indubitablement. Ils possédaient les mêmes yeux. Ses yeux captivant, d'un bleu acier unique chapeautés de sourcils ténébreux.
Nash en avait été perturbé, me racontait-il. C'était peut-être pour cette raison qu'il avait bugué lorsqu'il devait aller récupérer Nassreen la dernière fois. Lorsqu'elle le regarda, il pensa Christopher. Les yeux d'un tel bleu, on n'en croisait pas des masses à vrai dire.
— Oh merde ! m'exclamais-je à voix basse. C'est un flic que je vois là-bas ?
De sa démarche hésitante, il avançait vers nous, les yeux rivés parfois vers le ciel, parfois braqués sur la bagnole.
Compréhensible peut-être, un véhicule de ce type ne passait pas inaperçu dans ce quartier. Des petits garçons avaient vite fait s'arrêter pour s'épanouir devant la voiture, l'effleurant, s'y accoudant deux secondes contre la carrosserie.
Pas-à-pas, le policier se ramenait, une dizaine de mètres le séparait de nous. Mes mains sur le volant se crispèrent, et tout comme ma mâchoire, les muscles de mon avant-bras se contractèrent.
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Sans Aucun Doute
Ação3 ans après la disparition de son fils Luke, Nassreen découvre lors d'un barbecue une photo troublante remettant en question toute l'enquête policière. Dès lors, elle se mettra à la recherche de son fils pour le retrouver coûte que coûte. Pendant ce...
