41 : UNE NUIT D'AUTOMNE

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Parce que j'ai préféré y croire
Plutôt que de me méfier

Mercredi 31 Juillet, 2 jours plus tard

~ Nassreen ~

14 h 16

J'appuyais de nouveau sur la pédale d'accélérateur pour arriver au plus vite au lieu de rendez-vous. Une colère m'animait plus que tout, l'envie de trucider ceux pour qui je devais ce mouvement : accélérer. 
Je pris la voie de gauche de l'autoroute et dépassai voiture après voiture, grillant au passage la limite de vitesse autorisée.

— Ralentis Nassreen ! s'écria Sarah.

Seules elle et moi avions été conviées lors de ce date. Nous avions l'obligation formelle de ne pas être accompagné par un quelconque cavalier au risque que cela ne dégénère. Kyle et Christopher m'avaient conseillé plus tôt de ne pas m'y rendre, de les attendre de revenir pour trouver une solution, mais qu'auriez-vous fait à ma place ?
Deux jours auparavant, Sarah m'avait passé un coup de fil. Ce qu'elle m'annonça ce jour-là n'avait fait que pimenter un peu plus la sauce chili qui bouillonnait déjà en moi.

— Nassreen, je suis désolée, qu'elle s'était excusée.

Après sa fuite à Los Angeles à notre vue, elle roula plusieurs heures durant, vaguant nulle part ailleurs, ne sachant où aller concrètement. Le hasard ne faisant point bien les choses, il l'avait mise sur le chemin de bandits deux neurones.

— Ils l'ont pris ! qu'elle m'avait expliqué ce jour-là en pleurs à priori. Ils l'ont pris ! avait-t-elle répété.

Plus tard, lorsqu'avec Christopher on arriva au Brésil, il m'accompagna rencontrer Sarah.
Sarah...
Comment devais-je me sentir à ce moment-là, lorsque je vis son visage derrière la porte, lorsqu'elle nous accueillit dans son chez elle qu'elle venait de louer ?

— Accouche ! avais-je balancé sévèrement.

Le temps n'était ni aux pleurs, ni à la colère, mais aux actions. Ces sombres petits bâtards demandaient une rançon conséquente en échange de mon fils. J'y avais longuement réfléchi lors de la nuit et j'avais déjà ma conclusion. Si ce n'était qu'une somme d'argent qui me séparait de mon enfant, pourquoi patienter davantage.
C'est ainsi qu'à présent, je me dirigeais vers le lieu indiqué, accompagnée par celle qui avait enclenché trois ans auparavant, tout ce cataclysme.

— Comment en sommes-nous arrivés là ? soupirais-je entre deux changements de vitesse. 
















[ . . . ]


















Samedi 08 Novembre 2014, Paris 3e arrondissement

~ Sarah Ly ~

— Deux chambres s'il vous plaît.

Deux heures plus tôt, nous nous trouvions au restaurant Dessance. Un dîner prestigieux, gastronomique, une très belle ambiance, un millésime pour accompagner notre plat, tout était si bien planifié. Nous avions mis toutes les chances de notre côté afin de ne pas quitter cette table sur une réponse négative.
Deux semaines durant, nous avions passé coup de fil après coup de fil, rendez-vous sur rendez-vous, et aujourd'hui si tout se passait bien nous allions conclure avec le dernier maillon de la chaîne. Au bout d'un long dîner, à parler affaires, nous avions réussi à obtenir une réponse favorable auprès du client. Il était réceptif à notre alléchante proposition.

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