Ils avaient donné à l'enfant le nom de Clémence. Franchement, il y avait mieux comme prénom. En réfléchissant un peu plus, je réalisais que je n'étais pas en position de faire la morale à qui que ce soit. Je ne me rappelais plus de mon vrai prénom. Le Vengeur Rouge était devenu mon identité depuis plus de 500 ans.
... Peu importe.
Les médecins disaient que Clémence avait une santé fragile. Elle était asthmatique.
- Satan, tu me compliques vraiment les choses, enfoiré. ; murmurais-je à moi-même.
Mais je savais qu'il m'entendait. Le téléphone bipa.
Vous avez reçu un nouveau message.
« Moi aussi je t'aime. -Ton démon préféré.»
Si je m'étais écouté, j'aurais balancé le téléphone par terre, mais il m'était d'une aide si précieuse, que je ne pouvais me le permettre. Je me contentais de trembler nerveusement, tout en affichant un sourire crispé.
Vous avez reçu un nouveau message.
- Encore ? Mais c'est du harcèlement !; m'énervais-je.
« Note 2 :
Ne laisses jamais un humain toucher ce téléphone. Ou bien mes enfants se lanceront à sa poursuite pour lui arracher la vie.-Ton démon préféré. »
J'examinais le téléphone, il me semblait pourtant normal. Mais il fallait mieux que j'obéisse sans discuter. Je ne comptais pas brûler en Enfer éternellement. Un gémissement me sortit hors de mes pensées. Je me précipitais sur le landau où les médecins avaient installé Clémence. Je regardais mon écran, il indiquait qu'elle faisait simplement un cauchemar.
- Ah, ce n'est que ça. ; soupirais-je rassuré.
Sa petite main potelée s'éleva dans les airs comme si elle essayait d'attraper quelque chose. Je lui tendis instinctivement la mienne qu'elle agrippa fermement. Je fus d'abord surpris qu'elle puisse me toucher, avant de réaliser qu'une fille me touchait. J'eus un mouvement brusque du bras, afin d'essayer de retirer ma main. Mais elle ne voulait plus me lâcher...! Elle amena alors ma main à sa bouche et la mordillait.
- Hey ! Ma main n'est pas une sucette ! ; rétorquais-je.
Les bébés sont vraiment des machines à bave, je ne les supporte pas. Pourquoi tout le monde les trouvait si mignon, franchement ? Ses petites paupières ne s'étaient pas encore ouvertes. Et je me questionnais sur la couleur de ses yeux. Mon regard se posa sur une tétine à côté de sa tête. J'en déduis qu'elle l'avait faite tomber. Je la lui remise en bouche avant d'enfin récupérer ma main. Je l'essuyais contre mon vêtement, d'un air écœuré. Quand j'y pense, j'avais toujours cette simple tunique en lin, décorée de haillons, que l'on donnait aux condamnés. C'était triste rien que de penser que je ne m'étais pas changé en 500 ans... Deux infirmières firent leur entrée. Elles s'arrêtèrent devant le landau de Clémence.
- Qu'est-ce que nous allons faire d'elle ? ; demanda la première en ôtant son masque chirurgical.
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Gardien
FantasyOn m'a toujours dit... Que si je vivais une vie de débauche, je finirai en Enfer. Je n'y ai jamais cru. Pour venger la mort d'une personne qui m'était chère, j'ai rayé de la carte une famille entière. Sans faire de distinction entre les hommes, le...
