1- Une dose de douleur.
Elias, 2 septembre, 6h45.
Pestant contre la pluie qui ne cesse de tomber depuis le milieu de la nuit, j'entre enfin dans l'arrêt de bus, qui, par chance, est presque vide aujourd'hui. Seule une personne est assise sur le banc, c'est une fille que je ne connais que de vue. Je lui adresse un bref sourire poli et m'assois à l'autre bout du banc. La pluie tombe goutte à goutte d'un minuscule trou dans le toit, et s'écrase sur le sol dans un petit "sploc".
Aujourd'hui, c'est le jour de la rentrée, et malgré certaines appréhensions de retourner au lycée, je ne stresse pas plus que ça. Je suis content à l'idée de revoir mon groupe d'amis, et pressé de savoir si je suis dans la même classe qu'eux.
J'ai le même groupe d'amis depuis le collège, et je me retrouve toujours dans la même classe que l'un d'entre eux, généralement mon meilleur ami.
Une lumière plus forte apparaît sur la route, suivie du bruit d'un moteur. Quelques secondes plus tard, le bus s'immobilise devant l'arrêt, la porte s'ouvre. Je fouille distraitement dans ma poche en m'approchant, fronçant les sourcils à cause d'une goutte de pluie qui me tombe dans l'oeil, montre ma carte au conducteur et part m'assoir derrière mon meilleur ami, Octave.
— Pas trop stressé ? me demande le brun en guise de bonjour.
— Non, vraiment pas. Mais j'espère être dans ta classe comme l'année dernière !
Octave montre un sourire. Je sais qu'il appréhende cette rentrée, sa petite amie a changé de lycée cette année, et il n'a pas pu beaucoup la voir pendant ce dernier mois de vacances.
Entre-temps, le bus s'est remis à rouler alors que la nuit s'éclaircit de plus en plus, il fera bientôt jour. A l'arrêt suivant, une file indienne de personnes montent, je les dévisage sans cacher ma curiosité, recherchant des visages que je connais. Je ne m'intéresse pas trop aux autres en général, puisque j'ai déjà mes amis.
Un cri étouffé se fait entendre depuis l'extérieur alors que le bus allait repartir. La porte se rouvre et un garçon monte, complètement essoufflé. Hors d'haleine, il présente sa carte au conducteur puis s'avance dans l'allée, à la recherche d'une place libre. Il relève la tête, et je croise son regard à moitié masqué par la capuche de son pull.
J'ai l'impression de sentir mon cœur se briser sous mes côtes à l'instant où son regard entre en collision avec le mien, je me sens terriblement mal. Pas que cet inconnu me mette mal à l'aise, bien au contraire : je ressens simplement la douleur présente dans son regard, et la douleur qu'il semble ressentir me cloue sur place.
Cette sensation ne dure qu'une demi-seconde, l'espace d'un battement de cils. Lorsque je reviens à moi, il est déjà assis dans la rangée d'en face. Sa capuche est remontée sur sa tête, quelques mèches de couleur châtain s'en échappent, sa tête est baissée vers le sol.
Je me retourne vers Octave, à qui mon impression n'a pas échappé, il sait que je ressens beaucoup les émotions des autres.
— Tout va bien ? s'inquiète-t-il.
— Ouais ça va, je vais bien, dis-je avec précaution, encore retourné par ce que je viens de ressentir.
Lorsque le bus s'arrête devant le lycée, je descends, suivi par Octave.Je cherche du regard le châtain du bus, mais il semble avoir disparu. Je me force à arrêter de le chercher, et, avec mon meilleur ami, nous rejoignons notre groupe. Ce groupe est composé d'Octave, de Gabin, d'Adrien, et de moi.
Octave possède de courts cheveux bruns, un nez bien droit et un visage plutôt rond. Gabin, lui, est blond à l'origine, mais ses cheveux sont teints d'une coloration de supermarché bleu nuit qui lui va vraiment bien. Je le sais, car c'est moi qui l'ai aidé pendant les vacances, comme d'habitude. Il change tout le temps de couleur de cheveux. Et pour finir, Adrien : lui, il possède des cheveux noirs et bouclés.
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RandomGoogle dit que l'anxiété est un "État de trouble psychique causé par la crainte d'un danger". Mais pour ceux qui vivent l'anxiété au quotidien, cette petite phrase signifie tellement plus, tellement d'angoisses, tellement de peurs. Tellement d'inqu...
