24- Une dose de tranquillité.

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24- Une dose de tranquillité.

Ariel, 9 octobre, 15h02.

Je ne sais pas comment Elias a fait, mais en entrant dans le cinéma, il a parlé cinq minutes avec le monsieur de l'accueil, a payé, et maintenant nous sommes tous les cinq dans une salle totalement vide, différentes sucreries dans les mains, prêt à regarder je ne sais quel film qui commence dans dix minutes.

Tu vois, il n'y a pas beaucoup de monde, je te l'avais dit, chuchote Elias en s'asseyant à côté de moi, je me suis mis au bout de la deuxième rangée du milieu.

Octave se place à côté de lui, alors que Gabin et Adrien se mettent dans le troisième rang, derrière nous. Je suis sûr qu'ils auront terminé d'engloutir le pop-corn qu'ils ont acheté avant même le début des bande-annonces.

Nous sommes venus en bus, et par contre là, il y avait beaucoup de monde. Je suis resté collé nerveusement à Elias tout le trajet, agrippé à son bras. Il ne m'a pas lâché une seule seconde, allant jusqu'à passer son bras autour de ma taille lorsque quelqu'un m'a bousculé, pour me rassurer et m'empêcher de flipper. Dans le même temps, voir à quel point il arrive à me rassurer aussi rapidement, alors que ça fait des années que j'essaye d'apprendre à me gérer seul, ça me terrifie. Il ne fait pas grand chose en plus, il est juste là, lui-même, et ça m'apaise tellement.

La musique caractéristique du début des bande-annonces retentit fortement dans la salle vide et je sursaute. La main d'Elias se pose immédiatement sur ma cuisse, mais au lieu de me calmer, ce geste fait s'emballer davantage les battements furieux de mon cœur. Et ce n'est pas à cause du stress que m'a provoqué mon sursaut, c'est juste lui, il me fait perdre mes moyens.

C'est quel film ? demandé-je dans une tentative d'ignorer les battements de mon cœur.

Les gardiens de la galaxie, chuchote-t-il. Ça finit bien, parce qu'Octave est trop sensible, ajoute-t-il, plus fort, pour faire réagir son meilleur ami.

Moi, trop sensible ? Tu te rappelles pas la fois où- rit le concerné.

Il n'arrive pas à finir sa phrase, coupé par Elias qui vient de lui fourrer un bonbon dans la bouche. Le film commence, je m'installe un peu plus confortablement alors que les lumières s'éteignent, ne laissant que l'écran géant pour éclairer la pièce.

Elias s'est endormi sur son siège depuis une vingtaine de minutes, il ne reste que quelques minutes avant la fin du film. Sa tête glisse peu à peu dans la direction de mon épaule, mais je n'ose pas bouger de façon à l'installer totalement contre mon épaule.

Je baille, moi aussi je commence à me sentir fatigué. La journée va bientôt se terminer, on rentre tous chez nous à la fin du film. C'est dommage, j'aime bien dormir avec Elias maintenant, j'ai l'impression de mieux dormir près de lui. Et j'apprécie vraiment la compagnie des trois autres maintenant, je me sens presque à l'aise avec eux. Mais il faut que je rentre chez moi, ma mère n'est pas là alors il faut que je m'occupe de Titus.

Lorsque le film se termine, la tête d'Elias repose enfin sur mon épaule. Gabin se lève en s'étirant un peu bruyamment, ce qui réveille le brun. Il se frotte les yeux, pas encore totalement éveillé.

Bien dormi ? pouffe Octave. T'as de la chance, t'as pas entendu les deux trucs derrière s'embrasser pendant dix minutes.

C'est même pas vrai d'abord, s'offusque le bleuté.

Nous sortons de la salle, sauf que l'entrée du cinéma est maintenant remplie de monde. Je m'accroche immédiatement à la manche d'Elias, jugeant d'un œil inquiet les quelques enfants qui courent partout et les gens qui marchent sans regarder où ils vont. Le brun se dépêche de nous frayer un chemin à travers la foule, me rapprochant de lui pour éviter les bousculades.

Ça va ? me demande-t-il lorsque nous sommes enfin dehors.

Je n'ai pas le temps de lui répondre immédiatement, car la mère de Gabin venue chercher les trois autres arrive, et ils viennent nous dire au revoir et me souhaiter une énième fois un bon anniversaire.

J'ai encore ton cadeau à te donner mais je l'avais oublié chez moi, tu veux venir jusqu'à 18h ? Après, ma mère te ramènera.

Je hoche la tête de manière positive, Elias affiche un grand sourire.

Viens, on va louper le bus si on part pas maintenant, s'exclame-t-il.

Attrapant ma main, il part en courant vers l'arrêt de bus et je suis bien obligé de le suivre. Le bus ne tarde pas, nous montons dedans, et par chance il y a beaucoup moins de monde que tout à l'heure.

***

9 octobre, 18h00.

Viens chez moi, proposé-je.

Au moment de partir, j'ose enfin demander à Elias de venir chez moi pour dormir. Il accepte immédiatement et se dépêche de récupérer son sac de cours pour y ajouter des affaires pour la nuit.

Et pour le cadeau, il m'a offert des bagues, en annonçant qu'il voulait me voir avec car il est sûr que ça me va bien.

Sa mère nous dépose chez moi, et après l'avoir remerciée, je réalise mon erreur : personne n'entre jamais dans ma chambre. J'ai beaucoup de mal à exposer mon espace personnel, même ma mère n'y entre pas. Sauf que moi, je veux dormir avec Elias...

La soirée passe à toute vitesse, on a mangé des nouilles instantanées. C'est déjà l'heure d'aller au lit, je viens de prendre ma douche. J'hésite quelques secondes devant la porte de ma chambre, j'ai vraiment envie qu'il vienne mais ça me fait un peu peur.

Je peux dormir sur le canapé si tu veux, si tu ne te sens pas prêt à me laisser entrer dans ta chambre je comprends, propose Elias.

Non...non, je veux dormir avec toi.

J'ouvre la porte tout de suite après avoir parlé et l'invite à entrer. Un miaulement retentit derrière nous, Titus se précipite en courant à l'intérieur de la chambre.

On s'assoit sur mon lit.

T'as passé une bonne journée alors ?

Oui, merci beaucoup, dis-je en souriant.

Souris plus souvent s'il te plaît, ça te va tellement bien.

Oh ?

Pourquoi ce mec est-il aussi parfait ?

Je ne le mérite pas.

Si, ta gueule Ariel.

On s'allonge, épaule contre épaule car mon lit n'est pas aussi spacieux que le sien. Mon cœur s'emballe à nouveau lorsqu' il se penche vers moi.

Merci pour aujourd'hui, même si c'était une journée pour toi, je suis heureux d'avoir aussi pu passer du temps seul avec toi, chuchote-t-il près de mon oreille.

Ne trouvant pas les mots pour lui répondre, je lève un peu la tête pour déposer un baiser tout doux sur sa joue, aussi léger qu'une plume.

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