33- Une dose de psychologie

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33- Une dose de psychologie.

Elias, 15 octobre, 11h50.

Ariel est parti aux toilettes, Adrien et Gabin s'embrassent à l'autre bout de la pièce, et pendant ce temps je raconte à Octave tout ce qui s'est passé. Je ne peux pas m'empêcher de sourire en racontant tout ça, ce qui amusé beaucoup mon meilleur ami.

Ariel revient, je me tais donc. Il fait semblant de grimacer en désignant les deux qui s'embrassent, puis vient s'asseoir à côté de moi.

Gabin et Adrien se dépêchent de nous rejoindre eux aussi, le bleuté n'arrête pas de sourire.

Bon les enfants, situation d'urgence : je vais chercher mon chaton demain, mais je lui ai toujours pas trouvé de prénom.

C'est dur ça, commente Octave.

Oui, comme ma bite quand je vois Adrien, mais c'est pas le sujet, réagit Gabin.

Ariel esquisse une moue dégoûtée avant de nous suivre dans notre éclat de rire. C'est vrai que Gabin retenait un peu ses blagues lorsque le châtain n'était pas encore à l'aise avec nous, mais maintenant il commence à se relâcher.

Donc, reprend le bleuté, aidez-moi à trouver un prénom au chaton.

Il est de quelle couleur ? demande doucement Ariel.

J'ai envie de le bouffer, il est trop mignon.

Roux nan ? intervient Adrien.

Gabin acquiesce d'un signe de tête.

Au pire, tu attends un peu et tu lui donnes un prénom avec le feeling, c'est comme ça que j'avais fait pour Titus, j'avais vu ça dans une bd je crois.

C'est pas bête. Adrien, tu ne bougeras pas de chez moi tant que le chaton n'aura pas de nom.

Je vis presque chez toi de toute façon.

***

Elias, 16 octobre, 9h55.

Ça va aller mon chat, elle est gentille je t'assure. Je reste avec toi, promis, dis-je en posant ma main sur la cuisse d'Ariel, dans l'espoir que sa jambe arrête de tressauter. Et puis si ça te convient pas, c'est pas grave, d'accord ?

J'ai pris rendez-vous chez mon ancienne psychologue pour Ariel. Ce dernier est très nerveux même si j'essaie de le rassurer de mon mieux, j'ai passé de nombreuses heures avec cette psychologue et elle est vraiment géniale.

On est assis dans la salle d'attente, on est venus un peu en avance car je voulais avoir le temps de le rassurer correctement avant.

Je dépose un baiser sur sa joue pour le rassurer un peu plus, et je réussis enfin à le faire sourire. Soulagé, j'embrasse une deuxième fois sa joue.

La porte de la psychologue s'ouvre et elle se place sur le pas de la porte. Elle fronce un peu les sourcils en posant son regard sur moi, puis une illumination semble lui venir.

Tu t'appelles bien Elias ?

Oui, c'est moi, réponds-je, ravi qu'elle m'ai reconnu.

Comment tu vas mon grand ? Tout va bien ?

Je vais très bien, j'accompagne mon copain.

On s'est mis d'accord pour lui dire à elle, déjà car Ariel sait que je lui fais confiance, mais surtout parce que ça lui paraît plus simple d'en parler d'abord à quelqu'un qu'il ne connaît pas.

Je me lève et le châtain fait de même, sa main serrée autour de la mienne, il se cache un peu derrière moi et pose sa joue contre mon épaule pour quand même voir la psychologue.

Tu assistes à la séance aussi, je suppose ? questionne-t-elle.

Oui.

Vous pouvez entrer, venez.

Je tourne ma tête vers Ariel et l'encourage à venir d'un petit mouvement de tête. Sans lâcher ma main, il me laisse l'entraîner dans la pièce, vers le canapé pour les patients.

Je m'assois et l'attire près de moi en caressant le dos de sa main avec mon pouce.

Tout va bien mon chat, je suis là, chuchoté-je pendant que la psychologue cherche quelque chose à son bureau.

Il ne répond rien mais frotte doucement son menton contre mon épaule. Un vrai chaton.

Tu viens pour ton anxiété donc, c'est bien ça ? demande-t-elle en s'asseyant dans le fauteuil en face du canapé.

Je presse un peu la main d'Ariel pour l'encourager à parler.

O-oui, c'est ça...

Je vais te poser quelques petites questions sur toi, d'accord ? Si tu ne veux pas y répondre tu as le droit, si tu penses qu'Elias répondrais mieux que toi tu peux lui demander de répondre, c'est comme tu veux. Ça te va ?

Oui, balbutie le châtain.

D'abord, tu pourrais me dire avec qui tu vis ?

Avec ma mère, euh...mon père est parti quand j'étais petit...et avec mon chat.

D'accord. Comment tu qualifierais ton humeur générale avec ta maman, avec Elias, en cours, et avec tes amis ?

A la maison ça va, en cours ça va à peu près quand Elias est là, avec mes amis ça va, et avec Elias c'est encore mieux, explique-t-il alors que je caresse doucement sa main pour l'encourager à parler.

Tu fais beaucoup de crises d'angoisse ? Elles ressemblent à quoi ?

Je croise le regard presque suppliant de mon copain et je comprends rapidement qu'il veut que je réponde à sa place.

Il en fait assez souvent je crois, ça commence par des tremblements, il a du mal à respirer et puis des fois il finit en larmes.

C'est bizarre, je n'arrive pas trop à décrire comment il est pendant ses crises d'angoisse. Probablement parce que pendant qu'il stresse, je fais tout pour le rassurer et je ne me concentre sur rien d'autre.

D'accord, je vois. Est-ce que tu te sens capable de me dire ce qui provoque tes angoisses ?

Cette fois, Ariel secoue négativement la tête, ses doigts se crispent dans ma main.

C'est pas grave, tu m'en parleras quand tu te sentiras prêt.

Je le sens se détendre un peu. J'ai envie de le serrer dans mes bras, je suis tellement fier de lui, il arrive quand même à parler à la psychologue alors qu'il flippait comme jamais dans la salle d'attente.

J'ai juste une dernière question pour aujourd'hui, est-ce que tu penses revenir pour que je puisse essayer de t'aider ?

Oui...

La séance se termine, et bientôt nous sortons de la salle. Nous allons dehors, et après avoir vérifié que la rue est bien vide, j'attire le châtain dans mes bras et embrasse délicatement sa tempe.

Alors, comment tu te sens ? Je suis fier de toi mon chat, t'imagines même pas.

Il se décolle un peu de moi et lève la tête pour me regarder.

Elle est gentille.

Il n'ajoute rien d'autre mais vient rapidement embrasser mes lèvres avant de reculer.

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