20- Une dose de réconciliation.

1K 74 32
                                        

20- Une dose de réconciliation.

Point de vue omniscient, 4 octobre, 16h00.

Adrien, on peut parler s'il-te-plaît ?

Surpris, le bouclé accepte immédiatement et se laisse entraîner dans un couloir par le bleuté qui vient d'attraper son poignet. Une boule de stress naît dans son ventre, mais il a vraiment besoin de parler à Gabin, ne pas lui avoir parlé pendant une journée entière lui a vraiment fait mal.

Il lâche son poignet et se place en face de lui. Il stresse aussi, évidemment que son meilleur ami lui a manqué, surtout qu'il a fini par comprendre l'énervement d'Adrien.

Hier, j'ai cru que tu t'étais énervé car cette fille te plaisait, mais je me suis totalement trompé, hein ? T'étais énervé pour autre chose, t'étais pas jaloux de moi, mais jaloux d'elle car elle m'embrassait. C'est ça ?

La réponse ne tarde pas.

Ouais, j'étais raide dingue de jalousie. Et je le suis encore. Mais c'est bon, t'inquiètes pas, j'ai compris, on est juste amis, et c'est déjà bien.

Il s'apprête à repartir, il sait qu'il a encore besoin d'un peu de temps pour accepter ça, mais Gabin, paniqué à l'idée de le voir partir, le retient.

J'avais...j'avais pas fini, attends. Je regrette tellement de l'avoir embrassé, je l'ai fait pour essayer de me prouver que je ressentais rien pour toi, mais maintenant tu m'en veux et je me dis que j'ai peut-être tout gâché. Je m'en veux, je m'en veux tellement t'imagines pas, c'est toi que j'ai envie d'embrasser, pas elle, dit-il d'une traite, le souffle court et le cœur battant à tout rompre.

Adrien recommence à trembler, de tout son corps cette fois-ci. Et lorsqu'il reprend la parole, sa voix tremble tout autant que lui.

Q-quoi ? bégaye-t-il.

Je suis vraiment désolé, j'ai été idiot, j'ai pas pensé au fait que tu serais peut-être jaloux. Je t'en supplie, ne m'en veux pas, je m'excuse. La dernière chose que je veux c'est te faire du mal.

Une larme roule doucement sur la joue du bouclé, mais il ne s'en rend même pas compte. Il le réalise seulement lorsque Gabin s'avance pour poser doucement une main sur sa joue et essuyer cette larme, qui est bientôt suivie par d'autres.

Les perles salées roulent sur les joues d'Adrien pour s'échouer sur les deux mains de Gabin à présent toutes les deux posées sur ses joues.

Pleure pas...pas à cause de moi, s'il te plaît...

Un petit rire réussit à passer à travers ses larmes.

J-j'ai passé la journée à espérer que tu me parles...ou que tu lises mes m-messages...

Cette fois, Gabin fronce les sourcils.

Quels messages ?

L'incompréhension permet à Adrien de calmer ses larmes. Gabin prend son téléphone dans sa poche, fixe l'écran quelques secondes, puis clique dessus.

J'étais en mode avion toute la journée, j'ai pas fait attention...Putain je suis tellement désolé, j'ai passé la journée à essayer de comprendre et à réfléchir à la manière dont j'allais m'excuser...t'as pas à t'excuser, pardon, pardon.

Lorsque ça concerne Adrien, Gabin est toujours beaucoup plus sérieux.

S'étant un peu calmé, le bouclé se rappelle soudain la phrase prononcée par le bleuté quelques instants plus tôt : "C'est toi que j'ai envie d'embrasser".

T'as...t'as vraiment envie de m'embrasser ? C'est pas une blague hein ? Si c'est une blague je suis pas sûr de le supporter.

C'est pas une blague promis, mon erreur m'a fait réaliser tant de choses...J'aurais jamais dû embrasser cette fille, mais toi.

Je crois que je suis en train de tomber amoureux de toi. C'est normal tu penses ?

Je crois que je vais tomber amoureux de toi, si c'est pas déjà fait, murmure Gabin.

Son erreur de la veille lui a fait tout comprendre. C'est avec Adrien qu'il veut être, personne d'autre. Ce n'est pas juste une attirance comme il a pû le penser, c'est bien plus. Et il en est conscient maintenant.

Laisse moi la chance, laisse moi tomber amoureux de toi, laisse moi te faire tomber amoureux de moi, chuchote Adrien.

C'est moi qui devrais te supplier. Alors je retourne ta demande, je veux te faire tomber amoureux de moi, je veux tomber amoureux de toi. Je suis prêt à tout pour me faire pardonner, t'imagines même pas.

Des larmes recommencent à faire briller les yeux d'Adrien. Paniqué, Gabin se précipite et l'entoure de ses bras, essayant de calmer les battements de plus en plus forts de son cœur à ce simple contact. Des papillons naissent au creux de son ventre, même si le moment est mal choisi, et s'il se blotti contre lui dans une tentative pour qu'il arrête de pleurer.

Le bouclé lui rend l'étreinte, hésitant. Son visage se niche contre l'épaule du bleuté et il inspire doucement son odeur qu'il aime tant en ce moment.

Je veux construire quelque chose avec toi Adrien, j'espère que tu ne m'en veux pas trop. Je pensais vraiment pas que tu me verras, je pensais pas que tu réagirais comme ça. Je sais que c'est pas une excuse, mais je crois vraiment que j'en avais besoin pour réaliser, ça m'a fait un déclic, je me rends compte maintenant que le seul que je veux c'est toi.

Je ne t'en veux pas...ça m'a blessé, c'est sûr, mais je comprends. Je suis heureux, si t'as eu le déclic, car moi aussi je veux construire quelque chose avec toi.

Cette fois, c'est au tour des yeux de Gabin de s'humidifier, rien qu'à l'idée d'avoir blessé le garçon dont il est en train de tomber amoureux. Il flippe vraiment, il a peur qu'Adrien n'oublie jamais cet incident et que ça entache leur relation naissante.

***

4 octobre, 19h00.

De Gabin à Adrien :

> Je sais qu'il pleut, mais tu peux sortir deux minutes ?

Adrien ne prend même pas la peine de répondre, il se dépêche de sortir. Et là, il tombe sur le spectacle le plus inattendu, niais comme il en a toujours rêvé : Gabin, un bouquet de fleurs à la main, debout sous la pluie. Il se précipite vers lui en courant presque.

Je me suis dit que tu mérites une vraie déclaration, déclare le bleuté.

Gabin, est la seule chose que réussit à dire le bouclé.

Est-ce-que tu veux sortir avec moi ?

La gorge nouée d'émotion, le concerné parvient seulement à hocher la tête pour accepter. Presque immédiatement, Gabin reprend, après lui avoir donné les fleurs :

J'ai envie de t'embrasser. Mais un vrai baiser, pas comme avec cette fille. Je veux te montrer à quel point tu comptes pour moi.

Là, sous la pluie, devant chez Adrien, Gabin pose ses mains sur les joues du bouclé. Leurs cœurs battent à l'unisson, ils tremblent tant leur envie de s'embrasser est forte.

J'ai ton accord ? demande Gabin d'une petite voix.

Embrasse-moi, murmure Adrien.

Doucement, leurs lèvres se scellent dans un baiser lent, doux. Leurs lèvres se découvrent avec lenteur, des papillons volent dans leurs ventre, ils prennent le temps de bien profiter de ce moment.

Ils mettent fin au baiser mais restent blottis l'un contre l'autre, attendant que leurs tremblements respectifs se calment.

Wow, articule faiblement Gabin.

Wow, conclut Adrien. 

Safe PlaceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant