14- Une dose de larmes.

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14- Une dose de larmes.

Ariel, 21 septembre, 12h00.

Le repas du jour, à la cantine, c'est une purée de pomme de terre. Comparée à celle que nous avions eu le lendemain de la rentrée, celle-ci est comestible, je m'efforce donc de rester concentré sur la discussion qu'ont Adrien et Gabin pour ne pas avoir la nausée et finir mon assiette.

Je mange avec tout le groupe, ça commence à devenir une habitude. Je m'habitue au fait de me sentir entouré et apprécié. Elias cherche à me mettre à l'aise tout le temps, et contrairement à Gabin, Adrien et Octave qui sont plutôt maladroits, lui trouve toujours les bons mots.

On y va ? demande Octave, assis à la gauche d'Elias.

Non, Ariel et Gabin n'ont pas terminé, fait remarquer Adrien.

Je pousse nerveusement l'intérieur de ma joue avec ma langue, je devrais arrêter de manger, je vais leur faire perdre du temps, j'ai peur qu'ils s'en aillent sans moi si je ne me dépêche pas assez.

Prends ton temps Ariel, de toute façon tu ne pourras jamais être aussi lent que moi, ricane le bleuté.

Je confirme, on doit l'attendre tout le temps, pouffe Elias.

Je pose quand même ma fourchette sur le plateau et remplis mon verre d'eau, je le vide d'une traite. On a maths à 13h, je n'ai vraiment pas envie d'y aller, c'est une heure par groupe. Je suis par chance dans le groupe d'Elias, mais je me rappelle des heures de groupe que j'ai eues l'année dernière et ça ne m'inspire aucun bon souvenir.

J'espère qu'Octave va bien, aussi. Il a finalement pris la décision de ne pas rester ami avec Liza, n'étant pas sûr de le supporter. Il nous l'a dit ce matin dans le bus, après avoir insisté sur le fait que je pouvais entendre la conversation. Ils essayent vraiment tous de m'inclure dans leur groupe et que je ne me sente pas délaissé. je découvre doucement ce que ça fait, d'être bien entouré, par de bonnes personnes.

Gabin termine son repas, Octave et Adrien se lèvent, nous nous apprêtons à les suivre mais une fille s'arrête devant le bouclé. Elle tourne la tête vers ses amies non-loin et ricane, essayant de reprendre son sérieux une fois tournée à nouveau vers Adrien.

Excuse-moi, je me demandais si tu pouvais me passer ton insta' ? T'es super mignon, ça me ferait plaisir qu'on fasse connaissance.

Adrien ne répond pas immédiatement, son regard se pose sur Gabin qui s'est figé sur sa chaise, à côté du bouclé qui est maintenant debout. Le bleuté pose un regard inquiet sur son meilleur ami, attendant anxieusement la réponse. J'ai déjà cru remarquer ça pendant le week-end, chez Adrien, mais j'ai l'impression qu'il se passe quelque chose entre eux.

T'y connais rien, qu'est-ce que tu racontes encore ?

Adrien prend une grande inspiration.

Désolé, mais je suis déjà intéressé par quelqu'un...

Un soupir soulagé quitte les lèvres de Gabin, il se détend un peu. Déçue, la fille s'éloigne rapidement, nous nous levons tous pour sortir de la cantine.

***

21 septembre, 13h30.

Alors, Ariel ? Tu ne sais même pas ça ?

Je secoue faiblement la tête de gauche à droite pour dire non. Je sais que je tremble, j'en ai conscience, ma crise d'angoisse commence à prendre le dessus sur mon corps, j'ai du mal à respirer.

Tu ne fais vraiment aucun effort, je ne sais pas ce que tu fais encore au lycée, ajoute le prof, ne cherchant même plus à cacher sa méchanceté à mon égard.

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