27- Une dose de réalité.
Ariel, 13 octobre, 7h02.
Les gens dans le bus sont particulièrement bruyants ce matin. Enfoncé dans mon siège, dans le bus, je me concentre sur la musique qui sort de mes écouteurs. Elias discute avec Octave, me jetant de temps en temps un regard pour s'assurer que je vais bien. Je laisse nos regards se rencontrer à chaque fois, je sais que je n'ai pas besoin de parler pour qu'il comprenne comment je vais.
Je baisse les yeux sur ma playlist pour choisir une musique plus bruyante afin de couvrir les paroles des gens, mais je n'en trouve pas. Par dépit, je tente de me concentrer sur Elias.
Il sourit, pendant sa conversation avec Octave. Il est vraiment beau, quand il sourit. Encore plus lorsque son rire parvient à mes oreilles malgré la musique. C'est normal de trouver un ami beau à ce point ? Car les autres gens, j'en trouve certains beaux, mais pas comme ça. Elias est toujours mieux, à mes yeux. Son sourire est plus joli, et sa personnalité tellement incroyable.
Je les trouve beaux aussi, Adrien, Gabin et Octave, car leur personnalité les rend beaux, eux aussi. Mais c'est tellement différent de la beauté d'Elias. Elias...je commence à me demander si je ne suis pas attiré par lui. Pas amicalement. Ca expliquerait beaucoup de choses, en fait. Comme le fait que j'en suis presque à lui demander des câlins alors que je n'ai jamais été tactile. Ça me mettait même mal à l'aise, les contacts physiques, avant. Puis Elias est arrivé, s'est imposé dans ma vie, et maintenant il s'immisce dans mon cœur.
Je n'ai jamais été attiré par personne de réel, quand j'y pense. Des acteurs, oui, des fois, mais quelqu'un que je connais dans la vraie vie, jamais. Mais je sais que je suis attiré par les garçons.
Le bus s'arrête devant le lycée. J'attrape mon sac et descends, retirant mes écouteurs par la même occasion. Je reste perdu dans mes pensées, toujours orientées vers mes réflexions à propos d'Elias.
***
13 octobre, 14h05.
— Oh Ariel tu tombes bien, je te l'annonce maintenant pour ne pas le dire devant toute la classe mais j'ai corrigé vos devoirs, je t'ai retiré 5 points car tu as visiblement copié sur ton camarade Elias. Tu y penseras avant de tricher, la prochaine fois. Sur ce, bonne journée.
Le prof de français s'éloigne à grands pas, ne me laissant même pas le temps de me défendre. Je reste immobile, les bras ballants devant la porte des toilettes où Elias se trouve, je ne fais que l'attendre. Par chance, le brun arrive bientôt dans le couloir et remarque immédiatement que je ne vais pas bien.
Sa main se glisse dans la mienne et il m'emmène au bout du couloir, près du radiateur où nous avons l'habitude d'aller lorsque nous n'avons pas cours. Il s'assoit par terre, contre le mur, et m'invite à m'asseoir à côté de lui. Puis, il passe son bras autour de mes épaules pour me serrer contre lui, glissant son autre main dans mes cheveux pour les caresser doucement.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? demande-t-il lorsque mes tremblements s'apaisent un peu.
— J-je suis nul putain, le prof de maths a raison j'ai rien à faire ici...
— Shh, mon chat, je suis là, tout va bien...pourquoi tu penses ça d'un coup ?
Mon chat ?
Je lui explique rapidement mon entrevue avec monsieur Dubois, évitant son regard.
— Je vais aller lui parler. Tu penses que tu arrives à venir avec moi ? Au pire j'irai plus tard...
— Je viens avec toi.
Elias se lève et me tend sa main pour m'aider à me lever. Je tremble encore un peu, mais comme à chaque fois, sa présence m'apaise et me réconforte, alors tout ce que je veux actuellement c'est rester près de lui.
Nous nous dirigeons vers la salle 119, toujours main dans la main, et je rougis un peu à cette constatation. C'est bon, j'ai réalisé mon attirance, je ne vais quand même pas me mettre à rougir toutes les cinq minutes, si ?
Elias toque à la porte, sachant que le prof n'a pas cours à l'heure là.
— Entrez.
— Bonjour monsieur, désolé de vous déranger, mais je voulais vous parler du devoir...
— Oui, il y a un problème ? demande-t-il.
— Ariel était chez moi pour faire le devoir, on a travaillé ensemble, mais à aucun moment il n'a copié sur ma copie monsieur.
Le professeur soupire, appuyant le dossier de sa chaise contre le mur.
— Désolé Elias, mais je ne te crois pas du tout, certaines phrases sont exactement les mêmes.
Les doigts d'Elias se resserrent autour de ma main qu'il n'a pas lâché. Son regard croise le mien, et j'ai l'impression qu'il va faire une bêtise.
— C'est moi qui l'ai copié, remettez lui ses points et enlevez moi-en.
Je manque de m'étouffer et je m'apprête à enfin prendre la parole afin de répliquer, mais la réponse du prof m'en empêche. Il répond à Elias, l'air maintenant énervé, puis nous demande de sortir.
A peine dans le couloir, je me place en face de lui :
— Mais ! Pourquoi t'as dit ça ? Tu vas avoir une mauvaise note, je veux pas que tu sois pénalisé pour moi.
Ses mains se posent doucement sur mes joues, son visage se rapproche un peu du mien et je me surprends à retenir mon souffle.
— Mon chat, toi tu as besoin de cette bonne note, tu la mérites. Moi, j'ai déjà une bonne moyenne en français, j'arriverai à la rattraper, mais toi tu en as besoin. C'est rien, je t'assure.
Je ne trouve rien à répondre.
Alors j'écarte les bras et me fraye un chemin contre son torse contre lequel je me blottis silencieusement.
Et je ferme les yeux lorsque ses mains se rejoignent derrière mon dos pour me serrer contre lui.
— Pourquoi tu fais tout ça pour moi ? soupiré-je.
— Car putain, je tiens tellement à toi Ariel, tu peux pas imaginer à quel point.
Je rouvre les yeux, surpris, et tente de le regarder, mais Elias évite mon regard. Je capitule et repose ma joue contre son épaule, profitant de ce câlin, qui comme chacun des câlins que je partage avec lui, semble être bien parti pour durer de longues minutes.
— On retourne au bout du couloir ? finit-il par dire.
— Ouais...
Il se détache de moi, prend ma main dans la sienne et m'entraîne au bout du couloir.
Arrête, tu te fais des idées.
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Safe Place
De TodoGoogle dit que l'anxiété est un "État de trouble psychique causé par la crainte d'un danger". Mais pour ceux qui vivent l'anxiété au quotidien, cette petite phrase signifie tellement plus, tellement d'angoisses, tellement de peurs. Tellement d'inqu...
