16- Une dose de tendresse.

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16- Une dose de tendresse.

Elias, 25 septembre, 7h13.

Les yeux entrouverts, je regarde distraitement le visage endormi et les yeux clos d'Ariel qui dort tranquillement, sa main toujours serrée contre la mienne, nos doigts entrelacés. Nos paumes sont pressées délicatement l'une contre l'autre.

Regarder est un faible mot pour décrire le parcours de mes yeux. A cet instant, je suis en train de l'admirer, de contempler ses traits délicats, sa peau pâle qui semble terriblement douce.

J'ai envie de tendre ma main libre pour effleurer sa joue, de retracer son visage du bout des doigts.

Il dort paisiblement, sa respiration est tranquille. Sa main contre la mienne est chaude, j'ai moi-même trop chaud mais pour rien au monde je ne lâcherai sa main.

Ses cheveux tombent mollement sur son front dans un désordre adorable. Les miens chatouillent ma nuque et mon épaule, je suis allongé sur le côté.

A force, mon bras me fait mal, mais je n'ai pas envie de rompre ce contact, ce moment un peu spécial.

Voyant les paupières d'Ariel papillonner un peu, je ferme précipitamment les yeux, pour ne pas qu'il me surprenne à le regarder comme je le fait depuis une dizaine de minutes. Je l'entends remuer presque aussitôt, je crois comprendre qu'il se tourne de façon à se retrouver allongé sur le dos et plus tourné vers moi.

Mais il ne lâche pas ma main, au contraire. Son pouce commence à décrire de petites caresses sur le dos de ma main. Interloqué, je me retiens d'ouvrir les yeux, encore quelques minutes et je pourrai me "réveiller".

J'attends un peu, puis ouvre doucement les yeux.

Salut, chuchoté-je. Bien dormi ?

Cette fois, il lâche ma main, et je résiste à l'envie d'entrelacer à nouveau nos doigts.

Bizarrement oui. T'as réussi à t'endormir quand même ?

Grâce à toi, j'avoue dans un chuchotement presque inaudible.

Du bruit qui retentit faiblement depuis le lit dans lequel Adrien et Gabin ont dormi interrompt notre discussion. Octave, derrière moi, se réveille à son tour.

Il est quelle heure ? marmonne Gabin d'une voix étouffée.

La lumière d'un téléphone éclaire un coin de la pièce, près du lit, puis la voix d'Adrien s'élève à son tour :

Sept heures trente.

Mais rendormez-vous tous, quelle idée de se réveiller aussi tôt le dimanche, proteste le bleuté.

Un petit rire échappe à Octave, on connaît tous la capacité de Gabin à dormir jusqu'à 15h sans aucun problèmes, le week-end.

Je referme les yeux, attrapant mon oreiller pour le serrer dans mes bras, les jambes repliées contre ce même oreiller. Blotti comme un enfant, je parviens à me rendormir sans trop de problèmes.

***

25 septembre, 11h08.

Vous pensez qu'il est mort ?

Il respire, idiot, regarde.

Reconnaissant d'abord la voix de Gabin, puis celle d'Adrien, je plisse un peu les paupières.

Laissez le dormir au pire, intervient Ariel.

Je choisis ce moment pour ouvrir les yeux, je m'assois et découvre qu'ils sont tous les quatre réunis autour de moi. Me voir dormir est un spectacle intéressant à ce point ?

La distance présente entre Adrien et Gabin hier après-midi s'est évaporée, ils sont maintenant l'un contre l'autre comme d'habitude. Ça me rassure, je ne voudrais pas qu'ils s'éloignent à cause des sentiments qu'ils semblent éprouver l'un pour l'autre, chacun de leur côté. Ça leur ferait du mal de s'éloigner pour ça, surtout que les sentiments ont l'air réciproques.

T'es levé après moi, commente Gabin.

Je me lève et passe une main dans mes cheveux emmêlés. Pour une fois, mes cheveux sont détachés, et je réalise qu'ils ont vraiment beaucoup poussé depuis la dernière fois que je les ai coupés, en juillet.

Gabin, il faudra que tu me coupes les cheveux, dis-je.

Comme je l'aide à faire ses teintures et décolorations depuis le collège, il m'aide à me couper les cheveux depuis autant de temps.

Nous descendons tous à la cuisine pour prendre le petit-déjeuner, bien qu'il soit déjà tard. Je m'assois à côté d'Ariel qui est plutôt silencieux depuis mon réveil, il m'adresse un léger sourire qui me rassure un peu sur son état de stress du moment, il mange même un peu, écoute attentivement la discussion des autres sans intervenir pour autant.

Il fait souvent ça, il écoute en silence sans parler. Je suis sûr qu'il nous connaît tous bien à force, alors que moi je ne sais même pas sa couleur préférée, sa date d'anniversaire ou son repas préféré.

Je lui demanderai plus tard, quand les autres ne seront pas là.

Quelqu'un veut encore du chocolat chaud ? demande Adrien, s'étant levé pour récupérer la casserole de lait chaud sur la plaque.

Il sert du lait à Gabin, effleurant sa joue avec ses doigts au passage. Je vois d'ici les oreilles du bleuté devenir écarlates.

Ils vont sortir ensemble tu penses ? murmure Ariel, se penchant vers moi pour que les autres n'entendent pas.

Ses cheveux chatouillent ma joue alors que je hausse les épaules.

Je sais pas, on verra bien.

Moi je pense que oui, chuchote Octave, assis à côté de moi. Il a visiblement entendu ce qu'a dit Ariel. Ils sont mignons en vrai, vous trouvez pas ?

Ariel acquiesce d'un hochement de tête. Adrien semble remarquer nos messes basses et me lance un regard interrogateur auquel je n'arrive pas répondre.

Je suis vraiment content qu'Ariel s'entende bien avec mes amis et inversement.

Ça a été cette nuit Ariel ? T'as pas stressé ? Sinon, dis moi si je peux faire quelque chose pour que tu sois mieux...?

Le châtain lève un regard reconnaissant vers Gabin, qui lui est soucieux à propos de l'anxiété d'Ariel.

Tout va bien, le rassure le concerné assez fort. Puis, plus bas, il ajoute : Sinon j'en aurai parlé à Elias...

Je tente de masquer le sourire qui prend place sur mon visage, en vain. Ariel commence réellement à me faire confiance, à me faire confiance à moi, et cette pensée me remplit de joie autant qu'elle me rassure, je sais maintenant qu'il viendra vers moi au besoin. Et que je pourrai l'aider comme je l'ai déjà fait.

Il adopte une moue un peu déconfite en remarquant que plus personne ne parle, il est parfaitement adorable. Mais dès que Gabin se remet à parler haut et fort, son visage s'illumine, il est rassuré. Il est mignon, aussi mignon qu'un chaton. Ce n'est pas la meilleure comparaison, mais c'est la première qui m'est venue à l'esprit, et après réflexion je trouve que ça lui va bien. 

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