29- Une dose de bisou ?
Ariel, 14 octobre, 17h35.
La sonnette retentit dans la maison. Je me lève de ma chaise, dans la cuisine et vais ouvrir à Elias. Je suis un peu nerveux, il va vite réaliser que je ne suis pas malade, mais que j'ai fait crise d'angoisse sur crise d'angoisse cette nuit.
J'ai des grosses cernes sous les yeux, et d'après ma mère je suis un peu pâle. Je suis vraiment épuisé, j'ai mal partout aussi, mes muscles se sont crispés pendant mes crises d'angoisse.
J'ouvre la porte d'entrée. Le visage d'Elias passe immédiatement du sourire à l'inquiétude, il s'approche un peu de moi. Ses yeux détaillent chaque zone de mon visage.
— Tu vas bien ? Qu'est-ce qui s'est passé ? demande-t-il, l'air vraiment inquiet.
— Crises d'angoisse cette nuit, dis-je en essayant d'afficher un air détaché pour ne pas l'inquiéter plus que ça.
Je ne comprends pas trop ce qui se passe, mais je me retrouve serré dans ses bras réconfortants. Je me détends immédiatement, les yeux fermés. Il m'a...manqué ? C'est possible de ressentir un manque en une seule journée ? J'imagine.
Il me relâche quelques secondes plus tard en entendant des bruits de pas derrière nous. Ma maman est en train de venir, sûrement car on met plus de temps que prévu à entrer dans la maison.
Après qu'Elias ai salué gentiment, presque timidement ma mère, nous montons dans ma chambre. Là, il me demande presque immédiatement de lui raconter ce qui s'est passé pour que je stresse comme ça. Comment lui expliquer que je flippe à cause des sentiments que je commence à ressentir pour lui ?
— T'es pas obligé de m'en parler si tu veux pas, mais je pourrais peut-être t'aider ? Si tu veux on peut juste s'installer sur son lit et regarder un film, ce que tu veux. Tant que tu te sens bien, ça me va.
Dans tes bras, je me sens bien.
Tais-toi Ariel.
Comme je ne réponds pas, il reprend :
— Tu dors bien avec moi en général ?
— Oui, je stresse moi quand t'es là.
— Tant mieux, tu dormiras bien cette nuit, normalement, conclus-t-il en souriant.
Il est vraiment beau lorsqu'il sourit.
Je m'installe dans mon lit et Elias s'assoit à côté de moi alors que je déverrouille mon ordinateur. Je lui passe, ne sachant pas quoi mettre. Lui, il a toujours des idées.
Il choisit de mettre Shrek. Dubitatif, je ne réplique rien quant à son choix et tente de me concentrer dessus, mais la fatigue prend rapidement le dessus sur moi, je n'arrête pas de bailler et d'essayer de garder les yeux ouverts.
Je manque de sursauter lorsque Elias attire ma tête contre son épaule.
— Dors mon chat, t'en as besoin...murmure-t-il.
Le surnom a raison de moi et je laisse mes yeux se fermer, profitant de l'odeur du brun.
***
14 octobre, 19h03.
— Il avait besoin de dormir, ça se comprend.
— Je te laisse le réveiller, on va bientôt manger. Merci de prendre soin de lui comme ça.
— C'est normal...
J'entends la porte de ma chambre se fermer doucement. Je garde les yeux fermés alors que je sens Elias se pencher vers mon visage. Je comprends que ma tête est maintenant posée sur l'oreiller et non plus sur son épaule. Ses mains viennent encadrer mes joues qu'il caresse doucement à l'aide de ses pouces.
— Mon chat...ta maman nous attend...
— Je suis bien là, protesté-je d'une voix légèrement éraillée.
J'ouvre faiblement les yeux. Elias rit doucement, il est vraiment proche de moi en fait...
— On va manger, et après tu pourras dormir dans mes bras si tu veux.
Je me sens beaucoup plus réveillé d'un coup, c'est bizarre.
Nous descendons dans la cuisine où ma mère nous attend. Elle sourit avec bienveillance, nous nous asseyons autour de la table. Je parie que l'interrogatoire va bientôt commencer, car j'ai laissé Elias entrer dans ma chambre, et dans mon lit, alors que je ne laisse personne y entrer d'habitude. Elle doit bien se douter qu'Elias est quelqu'un de vraiment important pour moi.
Elle ne pose pourtant aucune question, je comprends rapidement que c'est pour ne pas me mettre mal à l'aise.
Mais j'ai l'impression qu'Elias n'est pas vraiment comme d'habitude. Il est encore plus attentif, attentionné et tactile. Par exemple, son pouce caresse doucement ma main qu'il maintient contre la sienne, il me demande au moins trois fois si je vais bien au cours du repas et il a intercepté mon regard deux fois. C'est peut-être car il ne sait pas la raison de mes crises d'angoisse de la nuit précédente et que ça l'inquiète ? Quoi qu'il en soit, c'est vraiment adorable de sa part.
Je me sens aimé. Peut-être que c'est juste de l'amitié, pour lui, mais je me sens vraiment aimé.
— Je suis crevé maman, on va aller dormir, dis-je à la fin du repas.
— Repose toi bien mon grand. Dormez bien !
Je pars prendre ma douche et me laver les dents, Elias passe juste après moi. Une fois tout ça fini, nous retournons dans ma chambre, je me sens de nouveau épuisé.
— Viens dans mes bras, réclame le brun en écartant les bras.
J'obtempère et me blottis contre lui. Je relève la tête vers son visage, nos regards se croisent. J'ai l'impression de me noyer tant son regard me transperce, mais ce n'est pas désagréable. C'est envoûtant, je m'y perds totalement et je n'arrive pas à détourner les yeux. Je ne veux pas détourner les yeux, je suis bien là, perdu dans son regard alors que lui est probablement en train de ressentir toutes les émotions qui me traversent actuellement.
Je me redresse un peu, avec l'intention de déposer un baiser sur sa joue pour lui souhaiter bonne nuit, mais je ne sais pas ce qui se passe, il bouge un peu, je ne comprends pas, mais en tout cas, mes lèvres se retrouvent écrasées contre les siennes.
Je mets quelques secondes à réaliser ce qui est en train de se produire.
Lentement, je me recule, entrouvrant la bouche pour m'excuser le plus vite possible, mais ses lèvres reviennent à l'assaut des miennes.
Sa main se glisse derrière ma nuque pour me garder contre lui, je ferme les yeux et m'applique à lui rendre ce baiser maladroit et timide des deux côtés. Je découvre lentement ses lèvres chaudes qui font voler des papillons dans mon ventre à chaque fois qu'elles bougent et caressent mes propres lèvres.
Puis, il se met à sourire sans arrêter de m'embrasser. Un frisson court tout le long de ma colonne vertébrale.
Sauf que je panique et me recule précipitamment, le souffle court. La magie du moment se transforme en quelques secondes en les symptômes annonciateurs d'une crise d'angoisse.
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Safe Place
RandomGoogle dit que l'anxiété est un "État de trouble psychique causé par la crainte d'un danger". Mais pour ceux qui vivent l'anxiété au quotidien, cette petite phrase signifie tellement plus, tellement d'angoisses, tellement de peurs. Tellement d'inqu...
