13- Une dose de carottes.

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13- Une dose de carottes.

Elias, 20 septembre, 18h41.

Ariel ne semble pas stressé. En même temps, ma sœur monopolise l'attention de tout le monde depuis le début du repas, ce qui fait que personne ne fait attention au châtain. J'ai compris qu'il n'aime pas avoir tous les regards posés sur lui, ça doit le soulager que mes parents soient concentrés sur Ina.

Il est assis à côté de moi. J'ai remarqué ça aussi, quand il à l'impression qu'il ne va pas être à l'aise, il se rapproche de moi. Il fait ça au lycée, surtout quand il n'osait pas parler à Octave, Gabin et Adrien, il a fait ça lorsque nous étions chez Adrien, et maintenant il le fait aussi chez moi. Si ça peut lui permettre de se sentir mieux et moins inquiet, je suis content qu'il le fasse et que ce soit avec moi qu'il se sente à l'aise.

Mais maintenant que son stress descend un peu en ma présence, je peux découvrir à quel point je ne me suis pas trompé sur lui. Je découvre doucement un garçon vraiment adorable, gentil et qui se soucie des autres. Son manque de confiance persiste, mais ça ne fait pas très longtemps qu'on se connaît, alors...j'espère qu'il réussira à comprendre que lui aussi à des qualités qui méritent d'être vues et approfondies.

Je suis content, aussi, qu'il n'ai pas fait de remarques sur ma famille. Je ne l'aurais pas vu en faire, mais j'ai perdu quelques amis au collège à cause de ça, souvent parce qu'ils se permettaient des remarques trop déplacées. Mais Ariel, lui, a réagi comme tout le monde devrait le faire, comme si c'était normal. Car c'est normal, mes parents sont un couple comme un autre.

Mon regard se pose sur l'assiette d'Ariel qui est encore bien remplie, c'est vrai qu'il ne mange pas beaucoup...Et d'après ce que j'ai vu sur un compte instagram parlant d'anxiété, le stress peut couper l'appétit. Ou même chaque situation nouvelle.

Ce n'est donc pas très étonnant qu'il n'arrive pas à manger ici, il commence seulement à y arriver à la cantine. J'espère qu'un jour il mangera normalement chez moi et chez chaque personne de mon groupe d'amis.

Je triture un morceau de carotte avec ma fourchette. Je n'aime pas particulièrement ça, alors que c'est la seule chose que le châtain a mangé dans son assiette.

On échange ? Je te passe mes carottes, tu me donnes la viande, histoire que tu manges un peu quand même...

Il me lance un regard reconnaissant alors que nous échangeons nos assiettes. Il commence à manger et je ne peux m'empêcher de sourire, soulagé. Même si ce n'est pas beaucoup, il mange quelque chose et ça me rassure vraiment.

Quelqu'un vient te chercher ou tu préfères qu'on te ramène ? demande ma maman à l'intention d'Ariel.

Ariel qui semble vouloir disparaître dans sa chaise maintenant, tous les regards sont posés sur lui.

Euh...

J'essaie de faire un signe discret à mes parents pour qu'elles reprennent leur discussion. Ma belle-mère comprend enfin, ce qui me permet de me tourner vers le châtain qui pose un regard inquiet sur moi, suivi d'un chuchotement paniqué :

Ma mère ne pourra pas venir Elias.

Alors on te ramène, pas de soucis. Et avant que tu le dises, non ça ne nous gêne pas, non ça ne nous dérange pas, tu ne gênes pas.

Son visage se détend doucement, je souris.

Maman, on ramènera Ariel chez lui, ça te va ?

Pas de soucis.

Ma mère sourit gentiment pour assurer à Ariel que ça ne la dérange pas.

Nous finissons de manger, et comme il est encore tôt, je propose à Ariel de remonter dans ma chambre pour regarder un film, comme je fais souvent avec Octave quand il mange à la maison.

A ma grande surprise il accepte, même si quand je lui demande ce qu'il veut regarder il me répond "comme tu veux". Ça, je m'y attendais un peu.

Installe-toi sur le lit, prends une couverture si tu veux, je vais chercher mon ordi.

Le châtain hoche la tête. J'hésite à insister un peu, car je suis quasiment sûr qu'il va seulement s'asseoir au bout du lit, mais je ne dis rien car je ne veux pas qu'il se sente forcé ou oppressé, j'aimerai qu'il arrive à se sentir à l'aise tout seul, avec moi. Et s'il se sent forcé, il n'aura jamais confiance en moi...

Je descends les escaliers et me glisse dans le salon, où mes parents regardent un film. Je récupère mon ordinateur et m'apprête à repartir, mais je m'immobilise pour aller déposer un baiser sur la joue de ma mère et de ma belle-mère.

Je remonte rapidement les escaliers, pour ne pas laisser Ariel tout seul trop longtemps, craignant qu'il ne soit pas à l'aise tout seul dans un endroit qu'il ne connaît pas encore. J'entre dans ma chambre, il est assis sur mon lit, adossé au mur. Il n'a pas pris de couverture, mais au moins il n'est pas assis au bout du lit.

T'es sûr que t'as pas de préférence pour le film ? questionné-je doucement en m'asseyant à côté de lui.

Je pose l'ordinateur un peu devant nous, de façon à ce qu'on puisse tous les deux le voir. J'attrape deux couvertures au bout du lit et en pose une sur Ariel.

Choisis ce que tu veux.

Si t'aimes pas ce que je mets, tu me le dis, je change. OK ? Te force pas à regarder un truc que t'aimes pas. Tu me le promets ?

Il fronce un peu les sourcils, tournant la tête vers moi. J'esquisse un petit mouvement de tête pour insister sur ce que j'ai dit en dernier, son regard se fait beaucoup plus doux, comme s'il arrêtait de résister.

D'accord, c'est promis.

J'allume mon ordinateur. Pendant ce temps, Ariel s'enroule dans la couverture que j'ai posée sur lui, d'une façon totalement adorable.

Je choisis un Disney, Les Aristochats. Ça fait longtemps que je ne l'ai pas regardé en plus, c'était mon préféré quand j'étais petit.

Ça te va ? Ou tu préfères autre chose ?

Ça me va, j'aime bien ce Disney.

Il se blottit un peu plus dans la couverture. Je m'installe aussi, attrapant mon oreiller pour le serrer contre moi tout en regardant le film. Octave dit que c'est parce que j'ai besoin de câlins que je fais ça, car apparemment je fais ça tout le temps, de serrer un oreiller, ou même mon sac de cours contre moi. Je ne m'en rends même plus compte à force, c'est devenu habituel.

Une fois le film terminé, Ariel s'extirpe de la couverture, ses cheveux châtains un peu emmêlés, ses yeux un peu gonflés de fatigue. Il se frotte doucement les yeux et passe une main dans ses cheveux pour essayer de les remettre en place.

Je crois qu'il s'est endormi à un moment, ce qui explique sa mine fatiguée.

On te ramène chez toi ?

Hm, oui.

Sa voix est presque un murmure, mais je suis surpris de constater à quel point sa voix est grave au réveil. C'est logique, il a dormi donc sa voix est plus grave quand il se réveille, mais je ne m'étais pas imaginé que sa voix serait grave à ce point. Ça lui va bien.

Merci pour tout ça...je sais pas trop comment tu fais mais je stresse moins quand t'es à côté de moi, avoue-t-il, toujours avec sa voix fatiguée.

Je me retiens de dire que j'ai cherché sur internet et sur Instagram ce qui pourrait l'aider et me contente de lui sourire doucement. 

_______ 

heyyyy 

Vous allez bien ? 

Si vous cherchez un compte instagram qui parle d'anxiété et de ce genre de choses, je vous recommande : bonjouranxiete 

Et si besoin de se confier, de parler, etc, venez me parler, n'hésitez pas : ludivine_vfs 

bisous <3

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