37- Une dose de rouge.
Ariel, 06 novembre, 14h00.
Encore un peu inquiet, je regarde Gabin dans le miroir. Le bleuté est en train de retirer le film plastique recouvrant mes cheveux. Avec son aide, on vient de décolorer mes cheveux pour pouvoir faire une couleur. Une coloration rouge, pour être plus exact.
Gabin m'a confié que depuis le jour où il a dit qu'une coloration rouge m'irait bien, Elias lui en a parlé plusieurs fois. J'avais envie depuis quelques semaines de changer de coupe de cheveux, mais finalement je vais juste changer leur couleur. De toute façon, Elias m'aidera à assumer en public, je le sais.
J'espère que je vais aimer le résultat.
Avec une sorte de pinceau, Gabin applique la coloration sur mes cheveux. J'ai vraiment hâte de voir comment ça sera, mais pour l'instant la couleur me va bien, je trouve.
— Stresse pas, tu vas être magnifique avec les cheveux rouges, et en plus ça sera parfait avec ton prénom. On aime les clichés ici.
Je pouffe doucement.
— Pour avoir déjà fait du rouge, mets une serviette sur ton oreiller pendant quelques jours, la couleur va un peu dégorger, me conseille mon ami.
— D'accord.
— J'essaye de convaincre Adrien de se teindre les cheveux en noir, car sa couleur naturelle c'est brun foncé, mais il a peur d'abîmer ses boucles. J'le comprends, du coup j'ai essayé de trouver un truc qui abîme moins les cheveux qu'une coloration normale, mais il veut les colorer vers l'été plutôt.
Il termine d'appliquer la coloration sur mes cheveux et se recule pour vérifier qu'il en a bien mis partout.
— Je vais chez Elias dans deux heures, ça sera prêt tu penses ?
— Ouais, on pourra rincer dans moins d'une heure, t'en fais pas.
***
06 novembre, 15h10.
— Ok, tu peux ouvrir les yeux, s'exclame Gabin, tout excité.
Il m'a interdit d'ouvrir les yeux pendant tout le temps ou il rinçait mes cheveux, puis les brossais et les séchais.
J'ouvre les yeux et fixe mon reflet dans le miroir. Gabin regarde lui aussi mon reflet, attendant ma réaction qui ne tarde pas très longtemps :
— J'aime trop, c'est incroyable !
— Voilààà, de la confiance, c'est ça qu'il te faut mon petit. Maintenant, tu vas aller te changer parce que ton tee-shirt est rouge, on dirait que t'as tué quelqu'un, et on va aller chez Elias, je veux voir sa réaction.
Quelques minutes plus tard, nous sommes dans le bus, en direction de chez Elias. Heureusement que ce n'est pas très loin, le bus est rempli, et je devine facilement que Gabin ne saurait pas me calmer aussi facilement que mon copain le fait.
Nous sortons du bus, et alors que je m'apprête à me diriger vers la maison d'Elias, Gabin me stoppe quelques secondes pour me partager son idée.
— Je sonne, tu te caches derrière moi et après je me décale.
— ...Ok ? Si tu veux, ça me va.
Devant la porte, on fait exactement comme il a dit. J'ai même mis ma capuche pour que l'effet de surprise soit encore mieux.
Elias ouvre la porte et paraît très étonné de voir Gabin. Gabin ne le remarque même pas, trop content de ce qu'il a préparé.
— Avec Ariel, on a préparé un truc, ok ? T'es prêt ?
Il se décale et je retire ma capuche. Les yeux d'Elias s'arrondissent et il s'approche de moi, glissant une main dans mes cheveux fraîchement colorés. Son regard est...comment dire...amoureux ? Oui, c'est ça. Il me regarde amoureusement, avec admiration, et je me sens fondre sous son regard. J'entends à peine Gabin dire qu'il va nous laisser.
— T'es magnifique mon chat, j'ai même pas les mots pour décrire ce que je ressens...
Il caresse mes cheveux.
— T'aimes vraiment bien ?
— Je tombe amoureux de toi une deuxième fois, Ariel, murmure-t-il.
Sa deuxième main se glisse sous mon menton, il penche un peu la tête sur le côté puis viens doucement déposer ses lèvres contre les miennes.
— Ça va être ça ma vie, la passer à tomber amoureux de toi encore et encore ?
— Tu m'aideras à assumer au lycée ? réclamé-je d'une petite voix.
Il dépose un nouveau baiser sur mes lèvres après avoir hoché la tête.
Nous finissons par entrer dans sa maison car nous étions toujours sur le pas de la porte, nous montons dans sa chambre. Je dépose mon sac qui ne contient presque que des cours, car je passe mon temps à voler les vêtements d'Elias. Cette fois, j'ai quand même pris une serviette pour la mettre sur l'oreiller, je ne voulais pas tâcher une des siennes. Je la sors pour la poser directement sur mon oreiller.
— Gabin a dit que ça pouvait tâcher l'oreiller, expliqué-je en montrant mes cheveux.
— Ça te va tellement bien, marmonne-t-il, l'air rêveur. Viens là, j'ai envie de te serrer dans mes bras pendant des heures.
— J'arrive, j'arrive.
Je me précipite dans les bras de mon copain qui me réceptionne sans peine. Il me serre contre lui, embrasse ma tempe, ma joue, mon nez, la commissure de mes lèvres, mon front, mon autre tempe, mon autre joue, avant que son visage ne descende dans mon cou qu'il embrasse tout aussi soigneusement. Je me sens tellement aimé.
— Je t'aime, soufflé-je alors qu'il embrasse ma pomme d'adam.
Je n'aurais jamais cru que quelqu'un puisse m'aimer comme il le fait. Je sais aussi qu'il aime mon anxiété autant qu'il m'aime moi, qu'il me soutient et qu'il est présent pour moi.
J'aime ce garçon qui est assez fou pour supporter mon anxiété au quotidien.
Pour me supporter au quotidien.
Car moi aussi, j'aime tout de lui. Ses cicatrices aussi.
— Ariel, j'ai envie de t'embrasser, me prévient-il avant de plaquer ses lèvres contre les miennes.
Nous nous embrassons pendant de longues minutes, jusqu'à ce que j'ai besoin de reprendre mon souffle. Et même là il ne me laisse pas respirer en paix, il en profite pour caresser doucement mes cheveux et faire voler des centaines de papillons au creux de mon ventre.
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Safe Place
RandomGoogle dit que l'anxiété est un "État de trouble psychique causé par la crainte d'un danger". Mais pour ceux qui vivent l'anxiété au quotidien, cette petite phrase signifie tellement plus, tellement d'angoisses, tellement de peurs. Tellement d'inqu...
