2- Une dose de solitude. 💜

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2- Une dose de solitude.

Ariel, 2 septembre, 16h10.

J'augmente désespérément le volume de mes écouteurs, mais rien n'y fait, les gens de ce bus sont bien trop bruyants. Je rabats ma capuche sur ma tête pour me couper davantage du monde extérieur et enfouis mes mains dans ma poche. J'essaie de me protéger des autres.

Puis, la tête tournée vers la fenêtre, j'observe la pluie qui tombe de plus en plus fort et les gouttes qui roulent sur la vitre. Quelle journée de merde, vraiment.

En une seule journée, on s'est déjà moqué de mon prénom et de ma timidité. Timidité qui n'en est pas vraiment d'ailleurs. Je suis anxieux et mal à l'aise en public, ce qui provoque de la timidité. Mais ce n'est pas vraiment une raison pour se moquer de moi.

En une seule journée de cours, on s'est déjà moqué de mon prénom. Dès la rentrée, incroyable. Après, ça ne change pas vraiment de d'habitude, à chaque rentrée c'est pareil. Au bout de deux semaines, ça s'arrête, car on oublie mon existence tellement je suis insignifiant.

Mais qu'on m'oublie, ça ne me déplaît pas. Au moins, je suis bien tranquille. Mais avant d'être tranquille, il va falloir que je supporte leurs rires, - des élèves et des professeurs - à chaque appel, à chaque cours, avant qu'ils ne passent à autre chose, car de toute façon, je ne réagis pas. Ou presque.

Il n'y a qu'une seule chose qui m'intrigue, ce mec dans le bus ce matin qui s'est ensuite assis à côté de moi sans essayer de me parler, alors que la classe était encore presque vide. C'est...curieux comme comportement. Pourquoi quelqu'un aurait envie de s'asseoir à côté de moi ?

Je remarque alors que le bus est presque à mon arrêt. J'attrape mon sac, passe la bretelle sur mon épaule droite et me redresse avant d'augmenter encore le volume de mes écouteurs pour ne pas entendre les gens quand je passerai à côté d'eux. Le bus s'arrête, je me lève et marche dans l'allée. Je sors en essayant de marcher sans me préoccuper des autres, et parviens enfin à respirer correctement une fois dehors. Comme si mes voies respiratoires étaient enfin libérées.

Ma capuche retombe dans mon dos, mes mèches de cheveux commencent déjà à s'alourdir d'eau et se coller à mon front. Heureusement que je n'habite pas très loin de l'arrêt de bus.

La musique trop forte dans mes oreilles commence à me faire mal à la tête. Je réduis le son et pivote pour traverser la route, je rentre lentement chez moi. Je sors mes clés de ma poche en arrivant devant ma maison, déverrouille ma porte et entre dans le couloir. Un miaulement résonne, un sourire s'empare immédiatement de mes lèvres.

Salut Titus, t'as passé une bonne journée ? demandé-je.

Mon chat se frotte à mes jambes en ronronnant. Je m'accroupis et lui caresse le dos en souriant, content de le voir. Ce chat, c'est vraiment un pilier dans ma vie, il est toujours là quand je me sens mal. Il ne me laisse jamais de côté, il est bien trop collant pour ça.

Mon chat me faisant trébucher à chaque pas, je traverse le couloir. Ma mère ne devrait pas rentrer avant trois bonnes heures, j'ai largement le temps de préparer à manger pour ce soir.

Je monte rapidement dans ma chambre, laisse tomber mon sac de cours au pied de mon lit et retire mes vêtements mouillés par la pluie. Je me change, enfile un hoodie noir par dessus mon tee-shirt et descends dans la cuisine, mon téléphone à la main, mon chat toujours à mes pieds.

De moi à "Maman <3" :

> Tu veux manger quoi ce soir ?

La réponse ne tarde pas, mon téléphone vibre dans ma main.

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