19- Une dose de dispute.

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19- Une dose de dispute.

Ariel, 4 octobre, 5h50.

Je suis réveillé par la sonnerie du téléphone d'Elias qui retentit dans la chambre. A ma grande surprise, je ressens immédiatement un poids sur mon torse, et je comprends rapidement que c'est le bras d'Elias. Il dort allongé sur le ventre, son bras gauche est posé sur moi, même s'il est visiblement en train d'émerger à son tour.

Il se redresse doucement et s'excuse d'avoir dormi à moitié allongé sur moi. Je le rassure immédiatement en lui disant que ce n'est pas grave.

Tu manges le matin ? Oh, d'ailleurs, tu veux prendre une douche ? Je peux te prêter des affaires si tu veux.

Lui se douche le soir, j'ai pu le constater hier. Aussi hier soir, il a déballé une brosse à dents neuve et a inscrit mon prénom dessus. Dans sa salle de bains, il y a des brosses à dents comportant les prénoms d'Octave, de Gabin et d'Adrien, en plus de la sienne - et de la mienne maintenant.

Je ne mange pas, par contre je veux bien prendre une douche, accepté-je.

Elias sort du lit en se frottant les yeux. De son armoire il sort un boxer, des chaussettes et un hoodie gris foncé, puis il se tourne vers moi, l'air embêté.

Tu devrais venir choisir le reste, je pense que ça sera trop grand pour toi. Je vais manger, tu sais où est la salle de bains, par contre quand t'auras fini ne fait pas trop de bruit s'il-te-plaît, on est les seuls réveillés à l'heure là.

D'accord.

Je choisis rapidement les vêtements les plus simples possibles : un tee-shirt noir et un pantalon de la même couleur, tous les deux un peu large. Après avoir récupéré mon téléphone qui était en charge, je gagne la salle de bains.

Après ma douche, je me sèche et enfile les habits qu'Elias m'a prêté, son odeur me parvient immédiatement. Il sent vraiment bon, en fait...

Je me brosse les dents et descends à la cuisine où Elias est occupé à boire un chocolat chaud, visiblement perdu dans ses pensées. Il s'est habillé lui aussi, aujourd'hui il porte une chemise noire.

Mes habits te vont bien, ils sont un peu grands, c'est mignon, chuchote-t-il en levant la tête vers moi. Assieds toi, j'ai pas encore terminé.

Face à Elias, j'ai l'impression d'être le plus jeune, alors que j'ai un an de plus que lui. Mais j'ai vraiment l'impression que c'est lui le plus âgé la plupart du temps.

***

4 octobre, 6h45.

Nous entrons dans l'arrêt de bus totalement vide. Il fait assez froid, mais au moins il n'y a pas de vent, tant mieux pour Elias. Ca lui évitera de stresser à cause de ça pendant la journée.

Le bus arrive rapidement et nous montons dedans. Je m'installe derrière Octave, contre la fenêtre, et Elias se place à côté de moi. Je m'appuie contre la fenêtre et mets un seul écouteur, celui du côté de la fenêtre, afin de pouvoir entendre quand même Elias et Octave.

Adrien m'a appelé ce matin, apparemment il y a eu une dispute entre lui et Gabin, annonce ce dernier.

Je me redresse un peu pour mieux entendre.

Il s'est passé quoi ? demande Elias, l'air inquiet.

Il a pas voulu me le dire au téléphone, il avait l'air vraiment secoué.

Mais ils vont bien ? demandé-je à mon tour.

Adrien visiblement non, Gabin je sais pas du tout.

Le bus s'arrête devant le lycée. Nous descendons, et à l'endroit où le groupe s'attend normalement tous les matins, il n'y a qu'Adrien cette fois-ci, adossé contre un mur. Elias se précipite vers lui sans hésiter, et en m'approchant je remarque les yeux rougis et gonflés du bouclé.

Qu'est-ce qui s'est passé ? dit Elias avec douceur.

Adrien prend une grande inspiration tremblante. J'ai envie de le consoler, de faire quelque chose car il en a besoin et ça se voit, mais je ne me vois pas l'aider avec un contact physique comme je peux le faire avec Elias.

H-hier soir, en sortant des cours, je l'ai vu embrasser une fille, et...et je sais pas, j'ai été super jaloux, j'ai fait n'importe quoi et je lui ai reproché, on a finit par s'engueuler...J'ai...j'ai essayé de m'excuser mais il a même pas ouvert mes messages...

Il étouffe un sanglot silencieux.

Et il est où là ?

Adrien se tourne vers Octave pour répondre à sa question.

Il est parti direct dans le bâtiment, il m'a ignoré tout le trajet.

Il se mord la lèvre, sûrement pour s'empêcher de fondre en larmes.

Je crois que je l'aime, c'est passé au-dessus d'un simple crush...avoue-t-il d'une petite voix.

Il est probablement en train de réfléchir à tout ça, le rassure Elias.

Je suis sûr que ça lui a fait un déclic, il est aussi attiré par toi ça se voit.

Tu...tu crois ?

J'en suis persuadé, ajouté-je. Je ne vous connais pas depuis très longtemps, mais ça se voit.

Les tremblements nerveux d'Adrien se calment un peu. La sonnerie retentit à ce moment-là, et nous partons tous en cours.

***

4 octobre, 12h13.

L'ambiance du repas est pesante. Nous sommes tous à la même table, même Adrien et Gabin, mais personne ne parle. Gabin à l'air profondément perdu dans ses pensées, Adrien essaie de ne pas fondre en larmes, il l'a dit à Elias par message. Octave mange en silence pour ne pas perturber les autres, et moi je me sens mal à l'aise.

Remarquant que je me sens mal à l'aise, Elias pose doucement sa main sur ma jambe, près de mon genou, et me chuchote que les choses vont bientôt s'arranger, il en est persuadé.

J'espère vraiment qu'ils vont se réconcilier rapidement.

On dirait que Gabin veut parler à Adrien, mais il se ravise à chaque fois et ne dit rien.

Et Adrien n'ose même plus regarder le bleuté qui triture sa nourriture avec sa fourchette, sans manger.

Ils me font de la peine, murmuré-je à Elias.

Moi aussi, mais vu leur façon de se regarder ça va vite s'arranger.

Ils ne seront pas capables de s'ignorer encore longtemps, ils sont inséparables, ajoute Octave. 

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