23- Une dose d'anniversaire.
Elias, 9 octobre, 11h40.
Je soupire doucement, assis sur la table dans la cuisine, chez Octave. Comme prévu, je viens de préparer le repas pour ce midi. Octave est en train de prendre sa douche, et les trois autres sont censés arriver dans une dizaine de minutes. J'espère vraiment que le repas que j'ai choisi plaira à Ariel, ça me rend vraiment nerveux. les autres je sais déjà qu'ils apprécient ce plat, alors ça ne m'inquiète pas, mais Ariel je ne sais pas du tout. C'est sa journée en plus, alors l'idée que j'ai peut-être choisi le mauvais plat me stresse vraiment.
Octave débarque dans la cuisine, uniquement vêtu d'un pantalon, son tee-shirt dans la main. Je grimace, me donnant un air dégoûté, alors que je suis intérieurement mort de rire.
— Arrête, on sait tous que t'aimes ça, le corps des mecs, me taquine mon meilleur ami en ricanant.
— Qui ça, tous ? rie-je.
— Moi, Gabin, Adrien, et si tu continues à regarder Ariel comme tu le fais, lui aussi sera au courant.
C'est si évident que ça ?
Un petit silence prend place, jusqu'à ce que la sonnette retentisse quelques secondes plus tard. Je me lève tout en menaçant Octave en riant :
— Met ton tee-shirt avant que je t'étouffe avec !
Je sors de la cuisine, le rire de mon meilleur ami retentissant encore dans mes oreilles. Je vais ouvrir, Ariel semble content d'être là malgré sa légère nervosité apparente, Adrien a l'air fatigué, et Gabin...Gabin est Gabin, il est comme d'habitude : un peu hyperactif et incontrôlable. Pas étonnant que le bouclé soit fatigué.
— J'ai jamais fêté mon anniversaire avec quelqu'un d'autre que ma mère, nous avoue Ariel, une fois que nous sommes tous réunis dans la cuisine.
Mais directement après cette phrase, il reprend la parole, ne nous laissant aucune chance de parler :
— Je peux savoir ce qu'on mange maintenant ?
Il ponctue sa phrase d'une petite moue parfaitement adorable qui menace de me faire tout lui révéler. Mais ce que ça provoque en moi, par contre, ça fonctionne parfaitement : mon cœur se met à battre plus vite, je suis à la limite d'avoir les joues colorées de rouge.
Octave semble être le seul à constater ce que le châtain vient de provoquer en moi, et il vient à mon secours en s'approchant d'Ariel.
— Tu sauras bientôt, déclare-t-il en posant ses mains sur les épaules d'Ariel pour le guider devant le frigo. En attendant, choisis ce que tu veux boire. Et n'hésites pas, sers toi !
Ariel acquiesce, un peu surpris par Octave, mais il ouvre le frigo pour en sortir une bouteille d'Ice tea toute neuve. J'ouvre un placard pour sortir des verres et en tends un à chacun.
Je connais bien l'emplacement de chaque chose, chez Octave, je passe quand même beaucoup de temps ici depuis des années, et ça fait deux ans que je ne toque plus pour entrer, j'entre et c'est totalement normal pour ses parents qui m'apprécient beaucoup. Même ses grands-parents me connaissent, je suis déjà allé chez eux pour les vacances avec Octave.
Rapidement, nous nous retrouvons tous à boire de l'Ice tea. Adrien semble s'être réveillé entre-temps, il est beaucoup plus en forme qu'à son arrivée. Gabin commence à chantonner en jouant avec les doigts du bouclé qui le contemple dans un mélange de tendresse et de désespoir. Ils sont vraiment adorables, quelqu'un qui ne les connaîtrait que de vue ne remarque peut-être pas la tournure qu'a pris récemment leur relation, mais nous qui les connaissons bien, on voit bien le changement entre eux.
Je m'approche du four et constate que le repas est totalement cuit maintenant.
— On mange dans le salon ? demandé-je à mon meilleur ami.
— Oui, j'ai déjà tout préparé tout à l'heure, si c'est prêt on peut y aller.
Je sors le plat du four et le porte jusqu'au salon, le levant assez haut pour qu'Ariel ne le voit pas encore. Il est beaucoup trop adorable, je ne suis pas sûr de réussir à refouler beaucoup plus longtemps ce qu'il fait naître en moi. Il faudrait que j'en parle à Octave, en plus il l'a visiblement déjà remarqué. Je n'avais pas envie de lui en parler avant, de peur que ce sentiment ne devienne "réel", mais je crois que là, c'est trop tard. J'ai besoin de me confier, et j'ai besoin des conseils de mon meilleur ami.
Je pose le plat sur la table. Sans perdre de temps, Ariel se penche pour regarder ce que c'est, je retiens inconsciemment mon souffle, nerveux à l'idée que ça ne lui plaise pas.
— C'est un de mes plats préférés ! s'exclame-t-il au bout de quelques secondes.
Je recommence à respirer, soulagé. Je suis vraiment content d'avoir bien choisi.
Nous nous installons tous sur le canapé qui entoure la table et je sers mes amis.
Maintenant, j'appréhende un peu, j'espère que c'est mangeable. Gabin goûte et me félicite immédiatement, suivi par Ariel. Je souris et goûte à mon tour, je suis agréablement surpris, ça faisait longtemps que je n'avais pas cuisiné, et je ne suis vraiment pas déçu du résultat.
A ma grande surprise, Ariel termine son assiette, chose qu'il n'a encore jamais faite depuis que je le connais. J'ai limite envie de le féliciter, car il m'a dit que ses difficultés à manger sont liées à son anxiété, mais je pense que devant les autres ça risque de le gêner ? Je lui dirais plus tard, lorsque les autres seront un peu plus loin. Je lui dirais que je suis vraiment fier de lui.
Mes pensées repartent sur Ariel. Il est déjà si hésitant et...gêné lorsque je le prends dans mes bras, comment réagirait-il s'il me surprenait à loucher sur ses lèvres ?
J'en suis déjà à ce stade ? Il faut vraiment que je parle à Octave. Ça devient sérieusement urgent, là. Je ne peux pas déjà avoir envie de l'embrasser, si ?
— Je...je reviens, bafouillé-je.
Je me lève, peut-être un peu trop précipitamment et me dépêche de rejoindre la salle de bains. Ça ne va plus du tout là, je ne peux pas avoir un crush sur un ami ? En plus, il me fait confiance, il arrive seulement à être à peu près lui-même avec moi, je ne peux pas tout gâcher de la sorte. Mais en même temps, ça me fait totalement flipper. Je me rends bien compte qu'il y a quelque chose de bizarre entre nous, ça ne peut pas être simplement de l'amitié...à moins que je ne me trompe complètement ? Peut-être que ça n'arrive qu'à moi, le cœur qui s'emballe en sa présence. Je passe de l'eau sur mon visage et prends une grande inspiration. Tout va bien se passer, je n'en suis pas au point où je vais me mettre à rougir à chaque contact ou contact visuel.
Je prends encore une grande goulée d'air et redescends au salon. Immédiatement, le regard inquiet d'Ariel se pose sur moi, ainsi que le regard interrogateur de mon meilleur ami.
— On fait quoi maintenant ? questionne joyeusement Gabin.
— Tu veux faire quoi Ariel ? dis-je en me tournant vers le principal concerné par cette journée.
Le nommé écarquille un peu les yeux, je crois bien qu'il n'a absolument aucune idée. Et comme beaucoup trop de fois aujourd'hui, je le trouve adorable. Encore une fois.
— Si t'as pas d'idée, j'ai prévu quelques trucs, annoncé-je. Rien d'incroyable, j'étais plus concentré sur le repas que sur le reste, mais ça peut suffire je pense.
— Tu as prévu quoi ?
— C'est rien d'extraordinaire hein, mais je me disais qu'on pourrait aller regarder un film...au cinéma.
Adrien se redresse avec joie, annonçant que ce plan lui plaît bien, Gabin se conforte dans son idée. Octave ne dit rien, c'est lui qui m'a aidé à trouver des activités pour cet après-midi.
Et Ariel...Ariel, il semble peser le pour et le contre.
— D'accord...j'espère qu'il n'y aura pas trop de monde.
La deuxième partie de sa phrase est dite tout bas, comme si elle n'était prononcée que pour moi. Je le rassure d'une pression discrète de ma main contre son bras.
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Safe Place
AléatoireGoogle dit que l'anxiété est un "État de trouble psychique causé par la crainte d'un danger". Mais pour ceux qui vivent l'anxiété au quotidien, cette petite phrase signifie tellement plus, tellement d'angoisses, tellement de peurs. Tellement d'inqu...
