36/ Futilités d'esprit

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  Une voiture ralentit près de moi.

  Je ne me stressais pas et continuais de conserver une attitude normale.

  Mais je détournais soudain la tête en entendant mon nom.

  Dans la voiture, c'était...

      - Lara ?!

      - Lane ? Oh oui, c'est bien toi, j'avais peur de te confondre ! s'écria la mère de Mick, soulagée.

       - Enfin, avec le bras emballé comme un saucisson et la coupe de cheveux courts, c'est pas bien compliqué riais-je.

   Elle ne sourit qu'à moitié face à mon autodérision.

        - Ça ne te fait pas trop mal ?

        - Non, aucun souci ! mentais-je pour ne pas l'inquiéter.

   Mais Lara avait une sorte d'étrange pouvoir. Avec elle, tous mes mensonges habituels, mes faux sourires, mes blagues idiotes, tout devenait plus difficile.

    Face à ses yeux verts attentifs et compréhensifs, je ne pus que céder :

       - Si. Si, ça fait toujours mal.

  Elle m'accorda un petit sourire triste, et je vis dans ses yeux la peine qui y brillait toujours, depuis ces quatre ou cinq dernières années.

    À l'instant, je ne savais plus de quelle Douleur nous parlions.

  Mais nous la partagions.

      - Et... qu'est-ce que tu faisais ici ? Tu étais chez nous ? Mais alors... ça m'étonne que Mick ne te raccompagne pas...

       - Oh non non... je me baladais, c'est tout ! Et... mes pas m'ont peut-être guidé ici haha, le hasard fait bien les choses !

   Je savais parfaitement que je niais la vérité, et que Lara le devinait aussi.

  Mais elle hocha la tête et ne dit rien.

      - Bon, monte, je vais te ramener chez toi. Ou au lycée, peut-être que William t'y attend ?

   Je blêmis, parce qu'elle avait sûrement raison. Je devais vite m'expliquer auprès de Willie, mais je ne voulais pas lui mentir.

   Mais si je lui disais que j'étais venue ici pour ses futilités d'esprit, il m'en aurait voulu peut-être ? Ou se serait moqué ?

       - Au cas où, dis-lui que je te dépose chez toi, ce sera plus pratique.

   J'hésitais tout en lui étant reconnaissante.

       - Mais tu es sûre ? Je veux dire... parce qu'on habite loin et-

       - Mais oui, si je te le propose ! J'avais envie de rouler un peu de toute façon.

   Je cédais donc et m'asseyais à ses côtés, en la remerciant infiniment.

      Nous parlions de choses et d'autres, tout en évitant le sujet important, mais se comprenant parfaitement sans pour autant avoir à expliquer nos problèmes.

   Parce que peut-être étais-je la seule à toujours m'inquiéter de cette lueur éteinte dans ces yeux, de sa main de plus en plus tremblante et de ses rides précoces, ne lui otant néanmoins pas sa beauté.

       - Dis... Lara... je peux te demander pourquoi tu euh.. étais là tout à l'heure, dans la rue... enfin c'est cool mais je croyais que tu finissais tard le mercredi..?

Le Jeu T1 : AloneDes histoires addictives. Découvrez maintenant