Chapitre 3 La vie d'une New Yorkaise

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11 a.m

Mais, qu'est ce que tu fais ? Tu peux m'expliquer ?

- Et bien, ce que vous m'avez dit. Je réponds, perplexe face à sa question.

J'avais dit avec du lait ! Retournes m'en chercher, je ne peux pas boire ça !

Je le fixe un instant attendant qu'il rigole, espérant qu'il rigole, mais pas du tout. Je m'arme d'un sourire largement forcé et reprend le gobelet avant de quitter la pièce.

A peine deux heures que je suis ici et j'ai déjà bien compris ce qu'allait être mon "travail". En fait, par assistante, ils entendaient un petit chien qui allait chercher les cafés, nettoyer les cabines de mixage et récupérer le repas du chef.

Je m'arrête dans les toilettes et m'avance jusqu'aux lavabos. Mon regard file devant le miroir et je me surprends à fixer mon visage. Je passe rapidement un coup d'eau sur ce dernier et lève un doigt accusateur contre la vitre.

Hors de question de lâcher l'affaire ! J'ai des choses à prouver !

Je me fais un signe d'acceptation dans le miroir et sors des toilettes. Heureusement que personne ne me surprend quand je fais des choses comme pareils. Des femmes ont été brulées sur un bucher pour moins que ça !

J'enlève le couvercle du gobelet de café et bois une longue gorgée du breuvage. Une grimace étire mon visage et je ne peux m'empêcher de tirer la langue. Il a raison, il n'y a pas de lait là- dedans. Je passe à côté d'une poubelle et jettes le tout dedans. Ma nervosité n'est pas assez importante pour que j'endure quelque chose d'aussi amer.

Je pousse les grandes doubles portes de l'entreprise et l'air s'abat sur moi instantanément. Par réflexe, je resserre mon gilet contre moi, encercle de mes bras mon corps gelé tout en faisant des petites frictions pour me réchauffer un peu. Satané hiver ! La pluie, le vent, le froid. Tous les ans, je suis persuadée que jamais je n'arriverai à passer cette saison et tous les ans je subis ce temps pourri sans pour autant y rester.

J'avance jusqu'au Starbucks qui se trouve pile en face de mon bâtiment. Je fais un pas à l'intérieur et ainsi réchauffe enfin mon corps meurtri par le froid. Non, je n'exagère pas !

Enfin à mon tour, je commande à nouveau un café en insistant bien sur le fait que je veuille du lait. Le serveur derrière sa caisse me lance un regard assassin que j'ignore volontairement. Ce n'est pas le moment de me chauffer mon gars.

Quelques minutes après, mon prénom résonne dans le coffee shop pour me prévenir que ma boisson est prête. Je ne prends même pas la peine de sourire à.., Henry je crois, d'après la plaque sur son tee shirt, et file dans mon immeuble. Je monte deux par deux les marches et entre légèrement débraillée dans le studio.

Et bah où t'étais ?

- Je suis allée chercher votre café, avec du lait cette fois, je souris, triomphante de ne pas m'être laissée marcher sur les pieds.

Je n'en veux plus de ton café, de toute façon c'est l'heure d'aller manger. Jettes moi ça et rhabilles toi un peu, tu fais négligée ! James me répond sans me regarder puis se lève et quitte la pièce.

Calme toi Jameelyne, 1, 2, 3. Respires, zen. Je jette le café, vraiment énervée et me passe les mains sur le visage en me répétant...

Tu veux ce travail, tu veux ce travail.

1, 2, 3. Je ressors du gros bâtiment et cherche un endroit où manger. Hors de question que j'avale quoi que ce soit à côté de ce pauvre type. Je trouve un restaurant au croisement de ma rue entre un antiquaire et un coiffeur, ça n'a pas l'air exceptionnel mais ça fera l'affaire.

Existence - Tome 1 [TERMINEE]Des histoires addictives. Découvrez maintenant