Chapitre 74 Ma foi

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5:00 a.m

Le christianisme parle de Théos, dans le judaïsme on parle d'Elohim. Pour le bouddhisme, c'est Bouddha qui en prend l'apparence. La mythologie scandinave parle d'Odin et la plupart des mortels parleront des Dieux comme d'un cheval de bataille. Tous ces noms représentent une seule et même chose : un chemin éclairé.

Ce sentier, aussi pur que rassurant, est semé d'embuche. Pourtant, c'est lui qui est à l'origine de la foi. C'est d'elle que tout commence. Elle est la création du monde, le labeur des êtres humains, la lumière au bout du tunnel. Alors pourquoi ? Pourquoi les plus grands conflits du monde naissent de cette fragilité humaine ? Au lieu d'en faire une force, elle n'est devenue que prétexte à toutes les folies du monde.

Ma foi n'est pas religieuse au sens propre. Elle peut être spirituelle ou scientifique. Elle peut être réelle ou chimérique. Elle peut être représentée par la faune ou la flore. Elle peut se matérialiser par un rayon de soleil ou une pluie diluvienne. Elle peut être forte ou disparaître. Mais il y a une chose qui ne change jamais : elle est mon chemin éclairé.

Mais les lumières peuvent s'éteindre, tout comme la foi peut devenir une excuse pour la suite. L'échappatoire à la vie. Est-ce que moi, Jameelyne Pierce, 26 ans, je suis capable de les faire scintiller encore longtemps ?

Ho ho ho, les bouffons du roi. On va rigoler !

Je remue la tête pour reprendre mes esprits et regardes ce qu'il se passe. Bayron et Popsy sont vraiment là, en face d'Evrett, plus amusé que contrarié par les nouveaux arrivants. Comment savaient-ils où chercher ? Comment savaient-ils qu'ils devaient chercher ?

Écoute on vient pas faire d'histoire. On récupère Jameelyne et on s'en va, c'est tout, informe Popsy de façon détachée.

Le rire sordide de mon bourreau résonne dans la pièce tandis que Léo passe devant moi, certainement pour me bloquer la vue. Ou la leur bloquer ?

Vous me faites rire les deux boulets de service, commente Léo.

Les deux boulets ils t'emmerdent Léo, franchement, un larbin c'est tout ce que tu es, ricane Bayron.

Les poings de mon ex-compagnon se referment violemment sur eux-mêmes. La dernière fois que je l'ai vu comme ça, il s'est battu avec mon colocataire, en fait, à chaque fois que je l'ai vu comme ça.

Bon aller, on a bien rigolé, maintenant dégagez, ajoute Evrett.

Malgré moi, j'échappe un reniflement de petite fille brisée, attirant l'attention de tous. J'ai l'impression qu'ils m'avaient un peu oublié, c'était pas plus mal...

Jameelyne, ça va ?

J'entends bien l'éraillement dans la voix de Bayron et je sais pertinemment que je ne suis pas la seule à m'en apercevoir. Tout ça n'est pas bon. Ils n'ont rien à faire là. Ils ne savent pas se battre et puis combien même, ce n'est pas leur histoire. Ils n'ont pas à payer pour les folies de cet homme abject.

Allons bon. Vous êtes quoi ? Une sorte de triangle amoureux ? Rigole Evrett.

La ferme ! S'agace Bayron, Jameelyne est-ce que tu vas bien ?

 -Partez, s'il vous plaît, pleurniche-je.

Tu as entendu ? Dégagez, ajoute Léo.

Nous ne partirons pas sans elle, répond Bayron, déterminé.

J'attrape ma lèvre inférieure entre mes dents et ferme les yeux le plus fort possible. A qui dois-je parler ? Qui dois-je implorer pour que tout cela se finisse bien ? Quel Dieu ? Quelle divinité ? Qui n'ai-je pas encore supplié ? Ai-je brûlé toutes mes cartouches ?

Existence - Tome 1 [TERMINEE]Des histoires addictives. Découvrez maintenant