Chapitre 10 Métro, boulot, dodo

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3 p.m

Je sors en quatrième vitesse du métro avec Marlon sur les talons. Finalement, nous arrivons à l'heure au bar et une pensée me traverse l'esprit. Même être en retard, je n'arrive pas à le faire. Je souffle durement face à cette révélation. Mon dos me lance encore mais je n'en fais rien. Je n'ai pas besoin d'être un poids sachant que mon colocataire s'est mouillé pour que j'obtienne ce poste. Alors je sers les dents et ravale la douleur qui me tiraille.

Un bras s'enlace doucement autour du mien et m'apaise une seconde. Je ferme les yeux un instant pour profiter de cette bulle apaisante mais la voix de mon ami la fait éclater instantanément, me poussant à ouvrir les yeux et diriger mon regard vers lui.

Ca va bien se passer ne t'en fais pas.

Je lui glisse un sourire forcé pour le rassurer. Étonnement je ne stresse pas, contrairement à cette nuit. Non, la boule dans mon ventre n'est pas due à ça. Je ne comprends pas bien ce que c'est mais ça ne présage rien de bon.

Mon colocataire me tire vers l'intérieur de l'établissement et je le suis sans moufter. Des picotements s'agitent sous mon cuir chevelue entrainant mes dents sur ma lèvre inférieure. A l'intérieur, un bar sphérique trône au milieu de la pièce. Sur la gauche plusieurs tables sont installées contournant un billard valant certainement très cher. A droite, un jeu de fléchettes est accroché au mur à côté des toilettes. Au fond de la salle, d'autres tables prennent place devant une énorme baie vitrée donnant sur un jardin lui aussi jonché de tables. Des guirlandes lumineuses habillent le dessus des tables donnant à ce jardin un air de décoration de mariage.

Marlon me donne un coup de coude dans les côtes pour me sortir de ma contemplation quand un homme un peu bedonnant s'approche de nous d'un pas lent. Je siffle entre les dents pour lui montrer mon mécontentement, mais ne dis rien pour autant. Ces picotements refont surface sous mes cheveux tandis que je me gratte le haut du bras nerveusement. Je concentre à nouveau mon regard sur l'homme qui vient de s'arrêter devant nous. Je force un sourire non sans difficulté mais j'ai besoin de cet emploi.

Tu dois être Jamee..euh

- Jameelyne chef ! Rattrape Marlon

Ha. Oui. Tu ne m'en veux pas si je t'appelle Jamee ?

Je le fixe un instant sans rien dire. Bah si connard, j'ai un prénom c'est pas pour rien ! Je grince des dents sans rien n'ajouter. Une amertume se loge dans ma gorge, mais un pincement sur mon bras me rappelle à l'ordre. Je cligne plusieurs fois des yeux pour constater que Marlon et mon futur patron me fixent. Mince, j'ai dû rester muette un peu trop longtemps. Je me racle la gorge durement et compte doucement dans ma tête. 1, 2, 3.

Pas de soucis.

- Très bien, sourit mon patron, je m'appelle Marcus mais tu peux m'appeler chef.

Il me tend la main pour que je la lui serre mais je n'en fais rien. J'attends la chute. Il y a bien une chute non ? A nouveau, un petit pincement au bras me rappelle sur terre. Ce n'était donc pas une blague. Je me secoue rapidement pour lui attraper la main qu'il me tend. Une fois fait, j'attrape mon contrat dans mon sac pour le lui donner.

Parfait ! Tu peux commencer dès aujourd'hui. Vas te présenter à Alix, elle va t'expliquer comment ça fonctionne !

J'hoche la tête, puis Marcus, je veux dire, "chef" s'éloigne de nous. A côté de moi, je sens mon colocataire se figer au nom d'Alix ce qui me pousse à lui lancer un regard curieux.

Ça ne va pas ?

Je le vois avaler de travers et se tourner vers moi, si si. Viens je vais te présenter.

Existence - Tome 1 [TERMINEE]Des histoires addictives. Découvrez maintenant