La vérité sort de la bouche de Théo

789 20 0
                                        

Petit imagine pour Morgann80
J'espère qu'il te plaira :)

Je ne comprenais toujours pas comment j'avait pu me retrouver coincer ici. Je me souvenais seulement d'une course poursuite et d'une douleur derrière la tête.

D'ailleurs, j'ai l'impression que mon crâne allait exploser. Je passais une main dans mes cheveux et sentis un liquide poisseux recouvrir mes doigts.

Je poussais un soupir. Je n'avais vraiment pas besoin de ça en ce moment. Comment allais-je justifier cette blessure auprès de mes parents ? Déjà que je passais pas mal de temps à l'hôpital depuis que j'ai croisé la route de Scott et que j'ai eu le malheur de devenir amie avec son groupe.

D'accord, il n'y avait pas un jour sans que l'on découvre une nouvelle créature surnaturelle et qui avait pour objectif, soit de tuer tout le monde, soit de prendre le contrôle de la ville et de tuer tout le monde. Mais dans le fond, je n'aurais rien changé. Cette vie me manquerait beaucoup trop. Surtout une personne en particulier.

Je me redressais doucement sur les genoux et regardais autour de moi. Une fois que les points lumineux dans mon champ de vision disparurent, je pus observer la salle dans laquelle je me trouvais.

Pas de fenêtre, de la pierre du sol au plafond, une seule porte en bois massif, une bougie à moitié consumée dans le centre de la pièce et une silhouette dans un coin.

Mon coeur rata un battement alors que mon souffle s'accélérait. Je n'avais rien pour me défendre ! Je ne savais pas ce qu'était cette chose, mais je ne comptais pas aller voir. J'avais bien eu trop de problème ces derniers temps pour savoir qu'il ne fallait pas se jeter dans la gueule du loup.

Si cette chose pouvait rester endormie ou inconsciente jusqu'à ce que j'arrive à sortir d'ici, ça m'irait très bien.

Le plus silencieusement possible, je réussis à me mettre debout. Tous mes muscles me faisaient souffrir mais aucun son ne sortit de ma bouche. Pas la peine d'attirer l'attention de ce truc.

Je me dirigeais vers la porte en gardant un œil sur la chose, et essayais de l'ouvrir. Comme je me doutais, elle était fermée à clé.

Comment vais-je réussir à sortir de là ?

Alors que j'essayais de réfléchir à comment je pourrais ouvrir cette porte, un bruissement de tissu me fit sursauter.

Je me précipitais dans un coin de la cellule et regardais la silhouette se lever en grognant.

Deux yeux jaunes fluorescents se fixèrent sur moi alors que je retenais ma respiration.

Était-il un allié ou un ennemi ?

L'obscurité était trop présente pour que je puisse distinguer le visage de la personne, malgré la présence de la bougie.

- Morgann ? Demanda une voix masculine.

Il ne me fallut pas longtemps avant de reconnaître ce ton.

- Théo ?

Je poussais un soupir de soulagement. Je n'avais rien à craindre.

- Est-ce que tu vas bien ? Je sens l'odeur du sang, dit-il.

- Ce n'est rien, essayais-je de le rassurer.

Je le vis s'approcher de moi en boitant.

Je ne pus empêcher mon coeur de s'emballer. Je me sentais rougir alors qu'il examinait ma plaie à la tête. J'étais trop proche de lui, beaucoup trop proche.

Je l'obligeait à me lâcher pour me diriger vers la porte.

- On a un problème plus urgent, dis-je.

Théo essaya plusieurs fois de l'ouvrir mais même avec sa force de loup-garou, il n'arriva à rien.

Il finit par abandonner au bout de quinze minutes.

- Avec un peu de chance, les autres viendront nous aider, dit-il.

Il alla s'assoir contre le mur. Ne pouvant pas rester sur place, je me mis à faire des aller-retour dans la petite pièce.

Je ne sais pas combien de temps passa avant qu'une voix sortie de nulle part. Elle résonnait à mes oreilles comme si la personne me parlait directement dans ma tête.

- Le mensonge amène la souffrance et la trahison. Seule une vérité absolue vous sauvera la vie. Les humains ne disent jamais ce qu'ils pensent sincèrement de leur entourage. Le prix pour sortir d'ici est simple, une vérité chacun.

Le silence qui suivit était lourd.

En quelques secondes, tout se mit en place. Les personnes retrouvées mortes, des miroirs sur le lieux des crimes, le V majuscule gravé sur le front des victimes.

Il s'agissait de Veritas, la déesse romaine de la vérité.

Mais comment pouvait-on se débarrasser d'une déesse ?

- Très bien, commença Théo, alors vas-tu, dis ce que tu penses réellement de moi.

Je le fixais avec de grands yeux. Hors de question que je lui dise quoi que se soit !  Je me sentais rougir sous son regard insistant.

- Laisse tomber, murmurais-je. Les autres vont finir par arriver.

Je vis une émotion passer dans son regard. De la peine ? Non, je devais me faire des idées.

- Je suis si horrible que ça comme personne ? Je SAIS que je n'ai pas toujours été de votre côté et que je vous en ai fait baver, mais je me suis racheté ! 

Je ne fis que le regarder.

- Tu ne veux rien dire ? Très bien !  C'est moi qui vais m'y coller.

Il s'arrêta quelques secondes puis prit une grande inspiration.

- Sache que tu es une personne exceptionnelle. Tu as toujours été gentil avec moi, même si je ne le méritais pas. Tu es la seule à m'avoir réellement pardonné et à me faire un petit peu confiance. Tu es la seule à me donner de l'importance.

Sa voix se brisa sur le dernier mot. Il regardait le sol et sa respiration était laborieuse.

- Je sais que tu n'es pas quelqu'un de rancunier et c'est ce qui m'a permis de tenir. Parce que... parce que même si les autres faisaient comme si je n'existais pas, tu avais toujours un mot gentil pour moi. Et je... c'est...

Il se racla la gorge alors qu'il relevait la tête et plantait ses yeux dans les miens. Je ne pouvais pas m'empêcher de le regarder en retour.

- Je ne sais pas quand c'est arrivé, mais je me suis rendu compte qu'il y avait quelque chose de différent. Et que tu ressentais la même chose.

Mes joues étaient en feu. Étais-je gênée par le fait qu'il était en train de me dire qu'il savait ce que je ressentais pour lui depuis tout ce temps ou par cette magnifique déclaration ? Je n'avais pas l'habitude de tout ça, généralement c'était à Lydia qu'on disait ce genre de chose.

- Je suis tombé amoureux de toi et je ne peux rien faire pour changer ça.

Il s'approcha et se retrouva à quelques centimètres de moi.

- Morgann, dis quelque chose.

J'ouvris la bouche, mais aucun son n'en sorti. Mon coeur allait s'arrêter à tout moment tellement il battait vite, mes paumes étaient moites, mon cerveau n'arrivait plus à réfléchir.

Je sentis des lèvres se poser sur les miennes, délicatement. C'était juste un effleurement mais je crus que j'allais mourir de combustion spontanée.

Alors qu'il s'écartait de moi, ma main aggripa son bras. Je n'avais absolument pas prémédité ce geste.

- Moi aussi, chuchotais-je.

C'était tout ce dont j'étais capable de dire pour l'instant. Je l'entendis rire et des doigts coulissèrent dans mes cheveux.

Son pouce caressa ma joue et me forca à lever la tête vers lui. Un sourire lumineux lui barrait le visage.

- Je vais t'embrasser, dit-il.

Et c'est ce qu'il fit. Plusieurs fois.

IMAGINEZDes histoires addictives. Découvrez maintenant