4] Maybe another day

535 18 13
                                        

On ne choisi pas toujours sa prison, parfois c'est c'est un corps. Parfois, un nom. Et parfois un être humain

J'étais dans mon bureau, mon regard rivé sur le téléphone posé devant moi. J'espérais que, pour une fois, Alec m'appelle pour me dire qu'elle ne viendrait pas à ce fichu rendez-vous. Ou mieux encore, qu'elle me fasse savoir qu'elle ne voulait pas du mariage. Ce serait une délivrance, un soulagement, un moment de répit avant que tout ne devienne un enchevêtrement de faux-semblants et de promesses forcées.

J'aurais préféré ne jamais la rencontrer. Qu'elle ne vienne pas. Ou même, que je ne la voie jamais, jusqu'au jour du mariage. Ça aurait été la meilleure solution, honnêtement. Parce que, en vérité, je n'ai aucune envie de la voir.

Mais, d'un autre côté, une autre part de moi, plus sombre et curieuse, me poussait à vouloir savoir. À vouloir la voir, à voir à quoi elle ressemblait. Parce que, même si je me refuse à l'admettre, il y avait une question qui me taraudait : est-ce que je pourrais me marier avec une femme qui me plait au moins un minimum ? Une femme potable, capable de me donner l'illusion d'un couple normal.

J'avais déjà vu quelques photos d'elle, des clichés soigneusement sélectionnés, certes, mais je connaissais bien ce genre de fille. De toute façon, les femmes qui ressemblent à ce qu'on veut nous faire croire sur ces photos sont rarement aussi belles en vrai. Je m'attendais donc à une déception. Elle devait être bien plus moche en réalité.

Et puis, la vérité m'a frappé en plein visage, sans que je puisse m'y préparer : elle était magnifique. Tellement plus belle que tout ce que j'avais imaginé. J'ai presque eu un mouvement de recul, une colère sourde. Parce que, franchement, elle ne méritait pas d'être aussi belle. Elle devait sûrement avoir quelques interventions chirurgicales, un petit coup de bistouri ici et là pour sculpter son visage, redessiner ses formes. Je suppose que c'était ça le secret de sa beauté irréelle. Les femmes comme elle, parfaitement façonnées, me dégoûtent. J'ai toujours détesté ce monde où l'apparence se transforme en illusion, où chaque sourire est une façade et chaque regard une stratégie.

Et puis, ces photos retouchées. Je n'avais pas besoin de plus pour être sûr qu'il y avait du maquillage en trop, de la manipulation derrière chaque image. Qui peut avoir une telle perfection sans un peu d'artifice ? Mais bon, au fond, je m'en moque. Je serais obligé de faire acte de présence à ses côtés, de sourire et d'agir comme si tout allait bien. Quand il y aura des invités, je serai là à sourire en silence. Puis, une fois qu'ils auront tous disparu, je retournerai à ma vie de solitude, loin d'elle.

« Je suis sûr que tu finiras par tomber amoureux d'elle. »

Alec, cet idiot, n'avait pas tort sur tout, mais il disait parfois des conneries. Amoureux d'elle ? Jamais. Pas de cette femme, et encore moins de ce mariage. L'idée même me révoltait.

« Jamais, Alec. Jamais. »

Mon regard se porta sur l'horloge, et c'est là qu'Audrey entra dans le bureau. Sa voix perça mes pensées comme un couteau. Je n'avais jamais supporté cette femme. Sa présence me crispait. Je la regardai, une haine froide s'éveillant en moi, mes yeux se plantant dans les siens. Elle venait toujours avec ses airs de fausse amie, son air supérieur qui m'irritait.

- Monsieur ! cria-t-elle, l'urgence dans la voix. Il y a un problème !

J'avais une envie irrésistible de la faire taire, de la faire disparaître d'un simple geste. Son ton insistant me donnait envie de lui tirer une balle dans la tête. C'était peut-être l'option la plus rapide, la plus simple. Mais je n'avais pas le temps. Pas pour elle. Pas aujourd'hui. Pas pour ce genre de merde.

365 joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant