On ne choisit pas toujours les chaînes qui nous lient, mais on décide de la façon dont on les porte.
♕
Ce jour-là, je l'avais redouté. Ce putain de jour que je n'avais jamais voulu voir arriver. Le jour de mon mariage.
Je m'étais fait une promesse. Une seule. Si elle osait m'épouser, elle paierait le prix fort. Elle vivrait l'enfer. Un enfer taillé sur-mesure, sculpté par ma colère, nourri par ma haine. Parce qu'il ne fallait pas croire que ce mariage changerait quelque chose. Je ne voulais pas d'une épouse. Encore moins d'une amie.
Je ne savais même pas à quoi elle ressemblait vraiment. Était-elle aussi jolie que sur les photos qu'on m'avait montrées ? Avait-elle vraiment ces formes qu'on m'avait décrites, ou était-ce encore un de ces mensonges pour enjoliver la marchandise ?
Ce qu'elle ne savait pas, c'est qu'en acceptant de m'épouser, elle entrait volontairement dans la gueule du loup. Et moi ? J'étais ce loup. Ce diable prêt à tout brûler.
Mon reflet dans le miroir me renvoya un homme sûr de lui. Parfaitement habillé dans un costume noir taillé sur mesure, chemise blanche immaculée, cravate droite. Impeccable. Trop impeccable pour ce genre de cérémonie. Mais c'était l'image que je devais renvoyer : un patron, pas un époux.
Un prêtre se tenait là, étrange silhouette souriante qui m'observait depuis mon arrivée. Il m'écœurait déjà, avec son air de bon samaritain. Je n'avais pas besoin de bénédictions. J'avais besoin d'air.
- T'as une magnifique femme, Jay', me souffla mon frère Hayden, adossé juste derrière moi.
J'ai levé les yeux. Et elle est entrée.
Putain...
Elle était là. Valentina Garcia. Celle qui allait porter mon nom. Et même si je voulais détourner le regard, je n'ai pas pu.
Brune, avec des boucles désordonnées encadrant un visage doux. Sa bouche, naturellement rosée, semblait presque intouchable. Et ses yeux... Des yeux noisette brillants, trahissant une tristesse qu'elle essayait d'étouffer sous un faux sourire. Elle portait une robe blanche, style princesse, et une couronne délicate posée sur sa tête comme pour parodier un conte de fées... sauf que dans celui-ci, le prince était un monstre.
Toute l'assemblée se leva. Tous ces hypocrites qui souriaient, applaudissaient, prétendaient que c'était un jour heureux.
Mais elle... Elle, elle avait l'air dévastée.
Pourquoi ? Pourquoi cette lueur de désespoir dans ses yeux ? Pourquoi c'est Alec qui la par le bras ? Où était sa famille ? Ses parents ? Personne ne s'était déplacé pour elle ?
Quand elle fut à ma hauteur, elle monta doucement les marches, sans un mot. Elle me jeta à peine un regard. Minuscule face à moi. Fragile. Et moi ? Moi, j'étais le mur qu'elle allait heurter encore et encore.
Trois cloches retentirent. Le prêtre commença. Bla-bla-bla. Los Angeles. Union sacrée. Jour d'avril Valentina Garcia. Jayden Davies.
Qu'il aille au diable.
Tout ce que je voulais, c'était que ça finisse. Que je puisse m'allumer un joint et oublier que je venais de vendre ce qu'il me restait de liberté.
J'ai balayé la salle du regard. Tous ces visages rayonnants. Tous ces gens heureux... pour moi ? Bande de connards.
- Jayden, tiens-lui la main, sale con, me souffla Hayden.
J'ai obéi, à contre-cœur. J'ai saisi sa main. Nos doigts se sont entrelacés. Sa peau était douce. Trop douce. Et quand je l'ai touchée, j'ai senti son corps frissonner. Elle m'a regardé, surprise, comme si ce simple contact l'avait transpercée. J'ai failli rire. C'était presque... attendrissant. Presque.
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365 jours
RomanceMaltraité, trahi aussi mais lui ai moins il s'en ai sortis, avec d'énormes séquelles mais il s'en ai sorti, avec des traumatismes énormes et des problèmes de colère mais au moins tout cela c'est derrière lui. Vendu, torturé, battu, séquestré, maltr...
