Je n'étais pas un
homme fait pour aimer.
Mais elle m'a aimé
comme si j'en étais un.
♕
Valentina
Je me réveille en sursaut, le cœur battant à toute vitesse, ma respiration erratique, comme si l'air venait à manquer. Mon corps est gelé, tremblant, et l'obscurité autour de moi me pèse comme un poids lourd. Le silence de la nuit est presque oppressant, mais il n'est rien comparé au tourbillon dans ma tête. Ce rêve... Ce cauchemar.
Je suis à nouveau dans la cellule. La 365. C'est si réel, si intense, si vivant. L'air est lourd, l'odeur de renfermé me prend à la gorge. Les murs me semblent se resserrer autour de moi, et je suis là, seule, enfermée. Le bruit des pas s'éloignant après avoir refermé la porte, le bruit sec de la clé dans la serrure. Ce cri intérieur, ce désespoir que je n'ai jamais pu exprimer. Ces murs, cette cellule. Je n'avais même pas de fenêtre pour voir la lumière du jour. Seulement les clients, ces visages, ces corps. La douleur. La terreur.
Je suis toujours là. Mon corps est tendu, mes muscles douloureux comme si je m'étais réveillée d'un combat. J'ai mal au ventre. Je me retourne, mais la pièce est noire, à peine éclairée par la lumière douce qui filtre par les rideaux. Je sens mon cœur se serrer. Je respire vite, chaque inspiration me semble difficile, comme si je n'avais jamais appris à respirer correctement.
Soudain, une main touche mon bras, et je sursaute, un cri étranglé m'échappe.
- Valentina...
La voix de Jayden. Son ton est calme, rassurant, mais il y a une inquiétude palpable dedans. Il est là, près de moi, mais je ne veux pas. Je ne veux pas qu'il me touche, qu'il s'approche, qu'il entre dans cet espace clos et terrifiant où je suis piégée. Il ne comprend pas. Il ne sait pas.
- Non... Non, ne me touche pas !
Je me recule dans le lit, reculant contre l'oreiller, mes yeux écarquillés, fixant l'obscurité comme si elle allait me dévorer. Mes mains sont tremblantes, ma peau est en sueur froide. Mon cœur bat si fort que je suis sûre qu'il doit l'entendre.
- Laisse-moi, ne me touche pas...
Il reste silencieux un moment, et je peux l'entendre respirer doucement. Il ne bouge pas. Je me concentre sur le son de sa respiration, sur la chaleur de son corps, sur la distance qu'il a prise. Il ne m'en veut pas. Il comprend que je suis... que je suis perdue, déconnectée. Et, étrangement, cela m'aide. Mais l'angoisse est là, toujours présente, étranglante.
- Valentina, commence-t-il, sa voix douce et posée, je ne suis pas eux. Je ne te ferai jamais de mal. Je suis là, juste là, d'accord ?
Je n'arrive pas à répondre, je me contente de frissonner en entendant ses mots. Mais ce n'est pas suffisant. Je veux lui hurler qu'il ne peut pas comprendre, que ce n'est pas aussi simple. Qu'il ne sait pas ce que c'est de se sentir coincée, emprisonnée, réduite à rien.
Mais il ne s'arrête pas. Lentement, il s'assoit sur le bord du lit, mais il reste suffisamment loin pour que je ne ressente pas la pression de sa proximité. Ses yeux sont ancrés dans les miens, et il ne détourne pas le regard. Pas une seule fois. Je peux voir l'inquiétude sur son visage, mais aussi la patience, la compréhension. Il attend, il me laisse faire mon propre chemin.
- Je suis là, Valentina. Je suis là, et tu peux me faire confiance.
Il parle lentement, ses mots qui sont comme des caresses, qui m'entourent, qui tentent de me sécuriser.
- Tu es en sécurité ici. Je suis ici.
Je secoue la tête, mais il ne se laisse pas démonter. Il se rapproche lentement, mais toujours avec douceur, sans aucune hâte, sans aucun geste brusque. Ses mains se posent délicatement sur mes bras, et je frissonne au contact. Je le laisse faire. Je devrais le repousser. Je devrais l'envoyer loin de moi, mais quelque chose en lui m'empêche de le faire.
- Je sais que c'est difficile pour toi, Valentina, dit-il doucement, son ton toujours calme et stable. Tu n'es pas seule. Tu n'as pas à porter ça toute seule. Je suis là. Juste ici. Et tu as toute la place pour respirer, pour guérir.
Un sanglot secoue mon corps, et je le sens. Mes mains viennent se poser sur mon visage, mes doigts s'enfonçant dans mes yeux fermés.
- Je... je n'en peux plus, je murmure, la voix brisée par la panique. Je veux juste... juste oublier.
Il ne répond pas tout de suite, mais je sens ses bras se tendre autour de moi. Il ne m'étreint pas avec force. Non, c'est un geste subtil, prudent. Juste assez pour me rappeler que je ne suis pas seule. Je peux sentir la chaleur de son corps, sa présence, et peu à peu, mes muscles se détendent. Pas totalement, mais suffisamment pour que le tourbillon dans ma tête commence à s'apaiser.
- Tu n'as pas à oublier, Valentina, murmure-t-il contre mes cheveux, sa voix pleine de tendresse. Tu n'as pas à faire ça seule. Je suis là. Pour toi.
Je n'arrive toujours pas à parler, mais mes mains trouvent les siennes, et je serre ses doigts avec une force que je ne savais pas posséder. C'est ma façon de lui dire que je veux qu'il reste. Que je veux qu'il me soutienne. Qu'il m'aide à m'en sortir.
Il me laisse le temps, il ne presse rien, il attend. Et lentement, la panique se dissipe. Mon cœur ralentit peu à peu, ma respiration devient plus régulière, plus profonde. Je m'accroche à lui, à son parfum, à la sécurité qu'il m'offre sans jugement, sans pression.
Je relève la tête, lentement, et je rencontre enfin son regard. Il me sourit, un sourire doux, rassurant. Pas celui d'un homme qui se croit supérieur ou qui essaie de tout comprendre. Non, c'est un sourire qui me dit qu'il est là, à mes côtés, tout simplement.
- Tu es forte, Valentina, dit-il, et cette fois, il n'y a aucune hésitation dans sa voix.
Je n'ai pas de mots pour répondre. Je n'en ai pas besoin. Parce qu'il le sait. Il sait que j'ai besoin de lui, que j'ai besoin de cet espace pour respirer, pour me reconstruire.
Alors, je me laisse aller contre lui, les yeux fermés, respirant lentement. Peut-être qu'il est le seul à me comprendre. Peut-être qu'il est le seul à pouvoir réparer les morceaux brisés en moi.
Mais pour la première fois depuis longtemps, je me sens un peu plus en paix. Un peu plus à l'aise. Et ça, ça signifie tout.
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365 jours
RomantizmMaltraité, trahi aussi mais lui ai moins il s'en ai sortis, avec d'énormes séquelles mais il s'en ai sorti, avec des traumatismes énormes et des problèmes de colère mais au moins tout cela c'est derrière lui. Vendu, torturé, battu, séquestré, maltr...
