54] Règlement

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L'amour ne répare pas
toujours, mais il donne
la force de reconstruire.

Valentina
Salle de réunion — 15h

Le silence est presque assourdissant. Dans la salle de réunion, au sous sol, y'a plus de soixante personne. Les chefs d'unité. Les mercenaires en mission. Les analystes, l'équipe de sécurité, et même quelques assistants, tous convoqués à la dernière minute.

Même Hayden est là, les bras croisés, adossé au mur du fond. Son regard glisse entre Jayden et moi avec un calme tendu.

Moi, je suis assise à la droite de Jayden. Comme toujours depuis que je suis devenue chef. Mais aujourd'hui, mes mains tremblent sur mes genoux. Aujourd'hui, je sens les regards sur moi brûler plus que d'habitude.

Audrey n'est pas là.

Et je sais pourquoi.

Jayden se redresse lentement. Et maintenant, il se tient debout à l'avant de la pièce, les deux dans ces poches. Il ne parle pas encore. Il les regarde. L'un après l'autre. Lentement. Jusqu'à ce que le dernier détourne les yeux. Personne ne respire.

Puis il parle.

- J'ai convoqué cette réunion pour une seule raison.

Sa voix est calme. Mais le ton est acéré comme une lame.

- Des rumeurs tournent. Sur des choses qui ne concernent personne ici. Des propos ont été tenus. Des regards ont été lancés. Des insultes. Des insinuations.

Il marque une pause. Son regard se durcit.

- On ne dirige pas un empire comme celui-ci avec des lâches. Ni avec des fils de pute. Encore moins avec des gens qui croient qu'ils ont le droit de juger.

Il se redresse.

- Ce que vous pensez savoir, que ce soit vrai ou non, ne vous donne aucun droit.

Il lève légèrement la voix, juste assez pour que chaque mot s'imprime dans les murs.

- Vous ne parlez pas de ma femme. Vous ne regarder pas ma femme. Vous ne vous permettez rien.

Un frisson parcourt la salle. Il n'a pas dit « Valentina ». Il a dit ma femme. Et c'est là toute la différence.

- Vous êtes là pour obéir. Pour exécuter. Pour suivre les ordres. Pas pour ouvrir vos gueule sur des ragots de vestiaire comme une bande d'adolescents frustrés.

Un mercenaire essaie de soutenir son regard. Mauvaise idée. Jayden le fixe sans cligner des yeux.

- Si quelqu'un ici se pense assez courageux pour répéter ce que j'ai entendu ces derniers jours, qu'il se lève. Qu'il le dise en face. Qu'il assume.

Silence.
Absolu.

Même les mouches doivent s'être tues.

- Très bien.

Il recule, les bras croisés sur la poitrine.

- À partir d'aujourd'hui, toute remarque, insinuation, ou comportement déplacé envers ma femme, est considéré comme une attaque directe contre moi. Et je traite chaque attaque contre elle comme une trahison.

Un frisson collectif secoue la pièce.

- La dernière personne qui a dépassé les limites n'est plus là. Ce ne sera pas la dernière.

Et soudain, il se tourne vers moi.

Son regard se radoucit. Mais sa voix reste ferme.

- Valentina est ici parce qu'elle le mérite. Parce qu'elle est brillante. Parce qu'elle me complète dans mes décisions. Parce qu'elle a gagné sa place dans ce bureau, et dans ma vie. Et si vous n'êtes pas capables de travailler en respectant cela, la porte est là.

Il lève la main et désigne la sortie.

- Et ne revenez pas. Mais je doute que vous quittiez ce bâtiment en vie.

Il reste là, une seconde de plus.

Puis il retourne s'asseoir. À côté de moi. Sa main cherche la mienne et la serre, doucement, avec force. Comme une promesse.

Il se penche et murmure, assez bas pour que seul moi entende :

- C'est fini, mon cœur. Tu ne seras plus jamais seule à affronter ça.

Je le regarde, la gorge nouée.

Et malgré la peur, malgré le poids dans ma poitrine, je respire. Pour la première fois depuis des jours, je respire vraiment.

Parce qu'il est là.

Parce qu'il a parlé pour moi.

Parce qu'il n'a pas laissé la moindre faille.

Il est mon armure. Et je suis la sienne.

Et ensemble, on ne pliera plus jamais.

365 joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant