Il y avait cette lumière chaude qui baignait la chambre, filtrée par les rideaux couleur crème. Le soleil tapait doucement sur le parquet et les murs, dessinant des formes mouvantes sur le sol. Un calme étrange flottait dans l'air, comme si le monde retenait son souffle... juste avant la tempête.
Parce que dans deux heures, notre manoir mon manoir aussi, apparemment allait être envahi par une centaine de Davies, des plus lointains aux plus proches. Et je devais sourire. Être parfaite. Brillante. Incarnée.
Jayden était en train de boutonner sa chemise devant le miroir. Les manches retroussées jusqu'aux coudes, comme toujours. Il portait ce pantalon anthracite que je trouvais scandaleusement bien taillé pour ses jambes. Et bien sûr, il faisait ça avec une nonchalance insolente, comme si la tension du jour ne l'effleurait même pas.
Moi, j'étais assise sur le lit, les jambes croisées, en train de lutter avec mon eyeliner.
Je le regardai du coin de l'œil, et un sourire étira mes lèvres.
- Tu sais, tu dors plus vraiment dans ta chambre, ces derniers temps, fis-je innocemment.
Il haussa un sourcil dans le miroir, un coin de sa bouche se relevant doucement.
- Hmm. J'ai pas vu de pancarte "chambre de Valentina, entrée interdite a Jayden" non plus.
- Non, mais ça commence à devenir louche. Un pantalon oublié sur mon fauteuil. Des chaussettes dans mon tiroir. Une montre sur ma table de nuit.
Je fis une pause dramatique. Il tourna lentement la tête vers moi.
- Tu veux que je reprenne mes affaires ?
Je mimai une moue de réflexion.
- Pas forcément. Je dis juste que tant qu'à faire... tu pourrais envisager de déménager ici. Histoire d'assumer ton squat.
Il rit. Ce vrai rire, grave, qui vibrait dans la pièce comme un secret partagé.
- T'as une drôle de manière de proposer un emménagement.
Je me levai, m'approchant de lui à petits pas.
- J'ai pas proposé. J'ai juste... souligné les faits. Y'a un mur qui sépare nos chambres. Autant venir.
Il se retourna, et mon regard glissa sur son torse à peine couvert par la chemise encore ouverte en haut.
Il leva une main vers mes cheveux.
- T'as pas lissé, dit-il, presque bas.
Je haussai les sourcils, un peu prise au dépourvu.
- Non. Je me suis dit que si je crame ce soir, autant cramer en moi-même.
Il glissa ses doigts dans une de mes boucles, la fit doucement rebondir. Il avait ce regard étrange, celui qu'il avait parfois, comme s'il essayait de retenir quelque chose. Ou de le comprendre.
- J'aime quand t'es comme ça, murmura-t-il.
Je sentis ma gorge se serrer légèrement. Je répondis par une blague, bien sûr. C'était plus sûr.
- Bouclée ? Stressée ? À deux doigts de l'implosion ?
- Toi, tout court.
Je roulai des yeux mais un sourire naquit sur mes lèvres, malgré moi. Il me connaissait trop bien. Ou il apprenait vite.
Je levai une main pour remettre en place le col de sa chemise. Mes doigts glissèrent sur sa peau à la base de sa gorge. Il ne bougea pas. Ses yeux restaient ancrés dans les miens.
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365 jours
RomanceMaltraité, trahi aussi mais lui ai moins il s'en ai sortis, avec d'énormes séquelles mais il s'en ai sorti, avec des traumatismes énormes et des problèmes de colère mais au moins tout cela c'est derrière lui. Vendu, torturé, battu, séquestré, maltr...
