27] proximité... agreable ?

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Entre la haine et l'amour,
il n'y a parfois qu'un souffle.
Et le tien est devenu le mien.

Valentina

Je m'étais réveiller avant lui. Le soleil perçait à travers les rideaux, dessinant des lignes d'or sur le parquet. Jayden dormait encore, allongé sur le dos, un bras replié sous sa tête. Il avait l'air calme. Débarrassé, juste pour un moment, du poids qu'il portait constamment sur les épaules.

Je restai à l'observer en silence, quelques secondes de trop. Puis je me levai sans faire de bruit.

Dans la cuisine, je fis chauffer de l'eau. Le café était un peu amer, mais ça me convenait. J'aimais ce goût-là. Celui des choses qu'on apprend à supporter avec le temps.

Jayden arriva quelques minutes plus tard, les cheveux en bataille, encore marqué par le sommeil.

- Tu t'es levée tôt, fit-il en s'asseyant sur le tabouret de la cuisine.

- Je dormais plus.

Il hocha la tête. Aucune question en trop. Pas de pourquoi, pas de tu veux en parler. Juste une présence.

- T'as faim ? proposai-je.

Il me regarda comme si je venais de lui annoncer un truc improbable.

- Tu cuisines ?

- Ça m'arrive.

- Alors je prends le risque.

Un sourire effleura mes lèvres, malgré moi.

Je préparai des œufs. Il me regardait faire, les bras croisés, adossé au comptoir. Il faisait exprès de commenter chaque geste.

- Tu casses les œufs comme si t'étais en train de tuer quelqu'un.

- Tu veux cuisiner à ma place ?

- Jamais. J'aime vivre dangereusement, mais pas à ce point.

Il était comme ça. Toujours une réplique, une pique, mais jamais méchante. Juste assez pour me faire lever les yeux au ciel, mais pas assez pour me faire partir.

On mangeais en silence. De temps en temps, nos regards se croisaient. Il ne disait rien, mais il me regardait comme si j'étais plus qu'une cohabitation. Plus qu'une obligation.

Après le petit déjeuner, il proposa une balade. Pas un plan précis. Juste sortir. Respirer.

- J'ai un truc à faire d'abord, m'avait-il dit en montant dans son bureau. T'as qu'à m'attendre dehors.

Je l'attendis sur les marches. Le soleil tapait doucement sur ma peau, et pour une fois, je n'avais pas envie de fuir l'instant. C'était étrange, cette paix. Fragile. Comme si elle pouvait se briser au moindre mot de travers.

Quand il revint, il portait un sac à dos.

- Surprise.

- C'est quoi ?

- On verra. Viens.

On marcha un long moment. La forêt derrière la maison semblait encore plus verte qu'avant. Il parlait de tout et de rien. Des affaires. De Nick. De clients qui avaient fait des conneries. Moi, j'écoutais. Et parfois, je répondais. Juste assez pour qu'il sache que j'étais là. Que j'essayais.

Au bout d'un moment, on arriva dans une clairière. Le soleil tombait en biais sur l'herbe. Jayden ouvrit le sac à dos et en sortit une couverture, deux bouteilles d'eau, et un paquet de chips.

365 joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant