L'amour, quand il fait mal,
se cache derrière des masques.
Le mien a le goût du déni.
♕
Jayden
La voiture est silencieuse. Trop silencieuse.
Je conduis, les mains crispées sur le volant, les yeux fixés sur la route comme si chaque virage était une fuite possible. À côté de moi, Valentina regarde par la vitre. Elle n'a pas décroché un mot depuis qu'elle est montée dans le SUV noir. Elle s'est installée sans un bruit, comme une étrangère. Comme si j'étais son chauffeur. Ou un inconnu.
On doit se rendre à un rendez-vous. Important. Avec Ignacio Mendoza, un type que je ne peux pas me permettre de contrarier. C'est un collectionneur de visages : il n'achète pas des armes, il achète des images. Il veut des hommes confiants, des couples soudés, des alliances qui respirent la stabilité. La moindre faille peut tout faire capoter.
Et aujourd'hui, Mendoza veut rencontrer ma femme.
Valentina.
Celle qui me hait.
Celle que je prétends haïr.
- Mets ton masque, murmurai-je sans la regarder. On n'a pas le droit à l'erreur.
Elle tourna légèrement la tête vers moi, sans ciller.
- J'ai plus besoin de jouer. J'ai été une actrice toute ma vie, Jayden.
Je serrai les dents. Sa voix était neutre, calme, presque lasse. Elle n'attaquait pas, elle constatait. Et c'était pire.
Je n'ai pas répondu. Je n'en avais pas la force.
On est arrivés devant le restaurant. Privé, discret, haut de gamme. Un de ces endroits où le menu change chaque jour mais où les prix restent astronomiques. L'endroit où les deals se font dans les sourires, les trahisons se servent avec du vin millésimé.
Je suis sorti de la voiture et ai contourné le véhicule. J'ai ouvert sa portière. Elle a hésité une seconde avant de sortir. Sa robe noire lui tombait jusqu'aux chevilles, moulant ses formes avec une élégance cruelle. Elle avait noué ses cheveux en une tresse lâche qui glissait sur son épaule. Elle était sublime. Et elle le savait.
Je lui tendis le bras. Elle me regarda, impassible, puis posa ses doigts dessus.
On entrait dans la pièce.
Le théâtre pouvait commencer.
⸻
Ignacio était déjà là, installé à une table ronde. Sa femme, Flora, une poupée blonde aux manières douces et aux yeux vides, sirotait un cocktail rose pâle.
- Jayden ! s'exclama Ignacio en se levant. Et voilà donc la fameuse épouse ! Ravissante, ravissante.
Je souris. Je serrais sa main avec force.
- Voici Valentina. Ma femme.
Elle sourit. Un sourire parfait. Vide mais doux.
- Enchantée, Ignacio. Vous aussi, Flora.
Flora sourit avec la tendresse automatique des femmes habituées à ce genre de théâtre.
On s'assit.
Les serveurs défilèrent avec des plats complexes. Je ne me souviens même pas de ce que j'ai mangé. Tout ce que je voyais, c'était sa main. Fine, posée contre la nappe, à deux centimètres de la mienne. Je ne la touchais pas. Mais elle me brûlait.
- Alors, Valentina, dit Flora. Comment c'est, la vie avec Jayden ? Il a l'air si... intense.
Valentina sourit, croisa les jambes.
VOUS LISEZ
365 jours
RomantikMaltraité, trahi aussi mais lui ai moins il s'en ai sortis, avec d'énormes séquelles mais il s'en ai sorti, avec des traumatismes énormes et des problèmes de colère mais au moins tout cela c'est derrière lui. Vendu, torturé, battu, séquestré, maltr...
