35] Italy

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Parfois, il suffit d'un silence partagé,
d'un regard sans défense,
pour que deux cœurs se
mettent à parler une langue
que les mots ne connaissent


Je sentis d'abord la chaleur.

Celle d'un corps contre le mien, celle d'un souffle régulier effleurant ma nuque. Puis vinrent les bribes de souvenirs de la veille : les éclats de rire, les remerciements, les regards volés. Le jardin illuminé, la main de Jayden dans la mienne, les verres levés à notre honneur, et... la nuit. Sa voix. Ses bras. Ce baiser.

Un sourire se dessina sur mes lèvres alors que je gardais les yeux clos, savourant ce moment d'entre-deux. Cet entre-monde entre rêve et réalité, où rien n'est encore concret mais tout paraît possible.

Je ne bougeai pas.

Le lit sentait sa lessive et son parfum. Il avait gardé son bras autour de ma taille pendant la nuit, comme une ancre douce et chaude. J'étais là, dans ce cocon silencieux, et pour la première fois depuis longtemps, je n'avais pas envie de me lever. Pas envie d'affronter la journée. Pas envie de m'éloigner de lui.

- Tu souris, souffla-t-il contre ma nuque, sa voix encore rauque de sommeil.

Je sursautai légèrement.

- T'étais réveillé ?

- Depuis une minute. Peut-être deux. Je te regardais dormir.

- Creepy.

- Charmant, corrigea-t-il en étouffant un bâillement contre mes cheveux.

Je ris doucement et roulai sur le dos pour le regarder. Ses cheveux étaient ébouriffés, ses yeux à moitié ouverts, ses traits encore relâchés. Il avait l'air... humain. Accessible. Fragile, même. Et ce n'était pas une faiblesse. C'était une rareté, un trésor. Quelque chose que peu de gens devaient avoir le privilège de voir.

- Bonjour, Jayden dis-je à mi-voix.

- Bonjour, Valentina.

Son prénom sur mes lèvres. Le mien sur les siennes. Il y avait quelque chose d'intime, là-dedans. De simple, mais chargé.

Il tendit la main vers mon visage, passa un doigt sur ma joue.

- T'as bien dormi ?

Je hochai la tête.

- Et toi ?

- Parfaitement. Même si ton oreiller est toujours nul.

- T'as qu'à en apporter un des tiens, hein. On fusionne nos vies, autant fusionner nos oreillers.

- Marché conclu.

On resta quelques instants comme ça, à se regarder, sans rien dire. Je sentais mon cœur battre doucement. Pas affolé, pas paniqué. Juste... vivant.

Puis je soupirai.

- On devrait se lever.

- Probablement, ouais.

Mais aucun de nous ne bougea.

Je me tournai à nouveau sur le côté pour lui faire face, la tête posée sur mon bras.

- Tu crois qu'ils vont parler ? Ta famille, je veux dire. Sur nous.

- Ils parlent toujours. Mais je m'en fiche. Hier soir, c'était parfait. T'étais parfaite.

365 joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant