Je croyais que le danger
venait de lui. Mais le vrai
danger, c'est ce qu'il fait
battre en moi.
♕
Valentina.
Cinq mois. Cinq mois que je portais son nom. Cinq mois que j'apprenais à vivre dans un manoir trop grand, dans une vie trop riche, avec un mari que je n'avais pas choisi. Trois mois que j'étais censée m'habituer.
Et pourtant, aujourd'hui, tout m'échappait.
- Madame Davies, on a reçu deux échantillons de nappes. La soie beige perle ou le lin ivoire ?
Je levai les yeux vers la femme aux cheveux tirés, une tablette à la main, son expression tendue. Derrière elle, quelqu'un accrocha une guirlande de fleurs en papier qui n'était clairement pas la bonne couleur. À ma droite, une jeune femme brandissait une assiette décorative. À ma gauche, un traiteur me parlait de trilogie de carpaccio revisité. Je n'avais rien compris, j'avais juste hoché la tête.
Et au milieu de ce chaos organisé, je n'arrêtais pas de penser à ses lèvres.
À son souffle mêlé au mien. À cette seconde où le silence avait tout figé entre nous. À ce fichu baiser qui, depuis trois jours, m'avait chamboulée au point que même choisir une nappe me semblait être une mission d'État.
- Euh... le lin ? Non, la soie. Attendez. Je... Je passai une main dans mes boucles, sentant la chaleur me monter aux joues. Montrez-moi à nouveau les deux, s'il vous plaît.
J'avais envie de disparaître. Ou de m'enfermer dans ma chambre. Mais ce n'était pas possible : la famille Davies entière allait débarquer pour la grande fête de nos cinq mois après le jour J, parce que c'est une « obligations » Et dans cette famille, obligation voulait dire planifier chaque millimètre.
La tension me nouait l'estomac.
- Madame, le photobooth : on le met devant la verrière ou près du jardin d'hiver ? Et les couleurs des ballons, vous validez le doré mat ou on reste sur du blanc givré ? Et on a une urgence sur les centres de table, ils ont reçu les mauvais bouquets !
- C'est pas vrai... Je fermai les yeux un instant. Une minute. Juste... une minute.
Je pivotai sur mes talons et quittai le hall, où le décorateur faisait des gestes frénétiques, pour me réfugier dans le petit salon attenant. J'avais besoin de silence. De respiration. Et de... moins de monde.
Mais le destin avait un sens de l'humour très particulier, car à peine eus-je poussé la porte que je tombai sur lui.
Jayden.
Assis sur le canapé en cuir brun, les coudes sur les genoux, une tasse de café à la main. Son regard s'était levé vers moi comme si je venais de marcher sur du verre. La même tension dans ses pupilles que dans mon ventre.
Je ne m'attendais pas à le croiser là. Surtout pas seul. Et surtout pas... aussi calme. Trop calme. Il me scruta en silence, et soudain, j'eus l'impression d'avoir oublié comment marcher, comment respirer, comment exister.
- Tu survis ? demanda-t-il doucement, avec ce demi-sourire presque invisible.
Je ricanai sans grâce, mon dos contre la porte que je venais de refermer derrière moi.
- Ça dépend. Est-ce qu'un effondrement mental discret, c'est encore survivre ?
Il posa sa tasse sur la table basse.
- Tu veux que je vire tout le monde ?
- Très drôle.
- Je suis sérieux.
VOUS LISEZ
365 jours
RomanceMaltraité, trahi aussi mais lui ai moins il s'en ai sortis, avec d'énormes séquelles mais il s'en ai sorti, avec des traumatismes énormes et des problèmes de colère mais au moins tout cela c'est derrière lui. Vendu, torturé, battu, séquestré, maltr...
