Ils voulaient me briser
Ils ont juste crée une arme
♕
Kayla
Je ne m'attendais pas à ce que Jayden débarque chez moi ce matin-là. Il a juste toqué doucement, des lunettes de soleil mal dissimulées, et un air que je reconnais trop bien : celui d'un homme perdu dans ses pensées.
- Tu sais que t'as pas besoin de frapper.
- Je voulais être poli.
- Politesse ou pas, ton regard crie "je vais exploser" depuis l'entrée.
Il entre sans répondre. Je sais déjà qu'il va squatter tout l'après-midi. Et tu sais quoi ? Ça me va. Jayden, c'est comme un frère. On a traversé l'enfer ensemble à une époque, et maintenant qu'on peut respirer, on fait tout pour que l'autre n'étouffe pas à nouveau. Alors je lui sers un café, je pousse les jouets de Lily dans un coin du salon, et je m'installe sur le canapé à ses côtés.
Il reste silencieux un moment, les yeux rivés sur la tasse qu'il fait tourner entre ses doigts. Puis, enfin :
- Elle me rend dingue.
Je souris. Parce que je sais très bien de qui il parle.
- Tu sais que t'es amoureux, hein ?
- T'es pas censée le dire comme si c'était un virus incurable.
- C'est un peu le cas avec vous deux.
Il lève les yeux au ciel, et je vois déjà le combat intérieur s'agiter derrière ses prunelles. Jayden n'est pas un homme qui parle facilement de ses sentiments. Il préfère les gestes, les regards, la présence. Mais avec Valentina... c'est différent. Elle le transforme. Elle casse ses murs sans même essayer.
- J'ai jamais ressenti ça avant.
Sa voix est plus basse. Presque étranglée. Il fixe maintenant le mur, mais je sais qu'il est ailleurs. Avec elle.
- Elle me fait peur, Kayla. Pas elle, elle. Ce que je ressens. Ce que je suis quand je suis avec elle.
Je pose une main sur sa cuisse.
- T'es meilleur avec elle. Et c'est pas une menace. C'est une bénédiction.
Il souffle, racle sa gorge, l'air de rassembler son courage.
- Elle a ce truc... Elle me connaît, vraiment. Et elle me regarde pas comme les autres. Elle me juge pas. Et pourtant, je sens qu'elle voit tout. Mes failles. Ma colère. Mes doutes.
Je hoche la tête doucement. Parce que moi aussi, je l'ai vu, ce regard que Valentina lui lance. Ce regard qui dit "je t'ai vu... et je reste".
- Tu l'aimes.
Il hésite. Son corps se crispe. Puis il souffle, presque comme s'il se rendait.
- Ouais. Je crois que je l'aime. Non. Je sais que je l'aime.
- Et tu comptes lui dire ?
- Bientôt.
Je fronce les sourcils.
- Jayden... elle attend que ça.
Il secoue la tête.
- Elle mérite mieux que des mots dits trop tard ou balancés dans une crise. Je veux que ce soit clair. Je veux qu'elle sache que c'est pas juste de la passion ou de la possessivité. C'est plus que ça.
Je le regarde. Mon frère de cœur, mon pilier, cet homme dur, droit, intransigeant... en train de trembler à l'idée de dire trois mots. Et pourtant, je comprends. Parce que Valentina n'est pas n'importe qui. Parce qu'elle a vécu mille guerres. Parce qu'elle ne croit plus aux promesses. Parce qu'elle a besoin de certitudes.
- Elle t'aime, Jay. Elle t'aime comme j'ai jamais vu quelqu'un t'aimer.
Il sourit tristement.
- Je sais. Mais elle doute. Et c'est ma faute.
- Alors prouve-lui.
- J'y travaille.
- Quand ?
Il relève enfin les yeux vers moi. Il a ce regard déterminé que je reconnais bien.
- Je vais l'emmener quelque part. Juste nous deux. Et je vais lui dire. Tout.
Je me redresse, le cœur serré de tendresse.
- Elle va pleurer.
- Je sais.
- Et toi aussi.
Il éclate d'un rire amer.
- La ferme
Je tape doucement son épaule, puis me penche pour lui piquer sa tasse de café.
- Je suis fière de toi, Jaydenou.
Il grimace.
- Tu dis ça juste pour boire mon café.
- Aussi.
Il rit. Et dans ce rire, je reconnais l'homme qu'il devient, grâce à elle.
Et moi, je pense à Valentina, cette jeune femme blessée qui s'est glissée dans notre monde, dans son cœur, et qui sans le vouloir, a tout réparé.
Elle ne le sait pas encore, mais ce week-end, son monde va basculer. Et pour une fois, pas dans le chaos. Dans l'amour. Le vrai.
Et putain, je crois qu'il était temps.
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365 jours
Roman d'amourMaltraité, trahi aussi mais lui ai moins il s'en ai sortis, avec d'énormes séquelles mais il s'en ai sorti, avec des traumatismes énormes et des problèmes de colère mais au moins tout cela c'est derrière lui. Vendu, torturé, battu, séquestré, maltr...
