Il suffit d'un regard
pour que les murs
s'écroulent.
♕
Valentina
Il est tard. La maison dort. Nick est reparti, les invités aussi. Flora m'a embrassée sur la joue avant d'aller chez elle, me disant de me reposer. Que j'avais été parfaite ce soir.
Je lui ai souri. C'était faux.
Je traverse le couloir sans bruit, pieds nus, robe toujours sur moi, maquillage éteint par la fatigue. J'ai mal à la tête. Et au cœur.
Depuis deux semaines, je dors seule. Il ne vient plus. Et moi, je ne frappe plus.
Mais ce soir, quelque chose me pousse. Quelque chose m'appelle. Je ne veux pas dormir. Je ne veux pas continuer à faire semblant. Je n'en peux plus de son silence, de ses regards volés, de cette tension qui me serre la gorge chaque fois qu'il entre dans une pièce.
Alors je me dirige vers sa chambre.
Sans réfléchir.
Sans stratégie.
Juste... parce que je n'en peux plus de l'éviter. J'arrive devant sa porte. Je lève la main. Je m'apprête à frapper.
Mais la porte s'ouvre. Et il est là.
Jayden.
Torse nu, pantalon de jogging noir, cheveux en bataille. Et ce regard. Ce regard que je connais trop bien. Pas froid. Pas indifférent.
Ce regard blessé, épuisé, vulnérable.
On se fige. Aucun de nous ne dit un mot. Pendant une seconde, je pense reculer. Mais il souffle mon nom.
- Valentina...
Juste ça. Mon prénom, comme une défaite. Et tout explose.
- Je ne peux plus, Jayden.
Ma voix tremble. Mes yeux aussi.
- Je ne peux plus faire semblant. J'en ai marre de ce jeu. Marre de te fuir, de t'ignorer, de te haïr juste pour me protéger. J'en peux plus. Tu me rends folle. Et je te hais pour ça.
Il ne bouge pas. Il me regarde. Comme s'il attendait que je le tue. Alors je continue.
- Tu me regardes comme si je n'existais plus, mais je sens que tu mens. Tu fais genre que t'en as rien à foutre, que t'as tourné la page. Mais j't'ai vu. J'suis pas aveugle, Jayden. T'es là, à me fixer dans le silence, à retenir ta colère, ton envie, ta douleur. Tu fais tout pour me repousser, mais c'est toi qui crèves.
Je le pousse du doigt, violemment.
- T'as peur. Voilà la vérité. Tu t'es laissé aller, une fois, avec moi. Tu t'es ouvert, un peu. Et maintenant tu paniques. Tu veux pas ressentir. Tu préfères qu'on se déteste, c'est plus facile, hein ? Parce que si tu m'aimes, t'as tout à perdre.
Il serre la mâchoire. Je vois ses poings trembler.
Il murmure, rauque :
- Tu crois que je t'aime ?
Je ris. Un rire amer.
- Je crois que tu fais tout pour ne pas m'aimer.
Silence.
Il me regarde comme s'il allait exploser. Puis il se jette sur moi.
Ses mains.
Sa chaleur.
Je recule d'un pas sous la violence du contact, mais je ne résiste pas. Comme s'il avait retenu ça pendant des années.Et moi, je réponds. J'oublie tout. La haine. La douleur. La peur. Je le serre fort, comme si je pouvais le recoller.
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365 jours
RomanceMaltraité, trahi aussi mais lui ai moins il s'en ai sortis, avec d'énormes séquelles mais il s'en ai sorti, avec des traumatismes énormes et des problèmes de colère mais au moins tout cela c'est derrière lui. Vendu, torturé, battu, séquestré, maltr...
