77] Paroles dans l'ombre

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So I'm thankful for my sister,
even though sometimes we fight
When high school wasn't easy,
she's the reason I survived


Valentina
Je suis retournée au sous-sol. La pièce était toujours aussi froide, humide, sans lumière naturelle. L'obscurité semblait s'étendre au-delà des murs. Mais cette fois, ce n'était plus la peur qui me paralysait. C'était une sorte de soulagement fragile, une brèche ouverte dans une nuit trop longue.

Je m'assis en face d'Enzo, le regard plongé dans le sien. Il avait les yeux fatigués, cernés, mais vivants, plus que jamais. La colère, la rancune, la douleur... tout ça se lisait dans ses traits. Il n'était plus ce garçon que j'avais connu, ni celui qu'on m'avait raconté.

Sans réfléchir, j'attrapai le couteau que Jayden avait laissé sur une table un peu plus loin et coupai ses menottes. Il me regarda surpris, mais ne bougea pas.

- Je veux que tu sois libre, dis-je, la voix tremblante.

Il fit un léger sourire, mais les muscles de son visage restaient tendus. Il posa les mains sur ses genoux, enfin libre.

- J'ai rêvé de ce moment pendant des années, murmura-t-il.

Je pris une profonde inspiration.

- Parle-moi, Enzo. Raconte-moi tout ce que tu sais. Ce que tu as vécu... ce que tu as oublié.

Il hocha la tête.

- Je ne me souviens pas de tout. C'est comme un brouillard épais dans ma tête. Quand j'ai repris conscience après le coma, c'était un monde nouveau, sans toi, sans maman, sans nos repères. J'ai vécu j'ai une gentil grand mère. Ensuite, papa est venu me chercher. Il m'a ramené chez lui, mais ce n'était pas un retour à la maison. C'était... une prison dorée.

Je le regardai, le cœur serré.

- Tu as commencé à te souvenir quand ?

- Il y a environ un an. Je ne sais pas comment ni pourquoi. Mais les souvenirs sont revenus, un par un. Les éclats de notre enfance, la maison, ta voix... et puis toi. Toi, surtout. Et Bruna.

Je baissai les yeux.

- Papa ne t'a jamais parlé de moi, n'est-ce pas ?

Il secoua la tête.

- Non. Il a effacé ta mémoire de mon esprit. Je n'avais même pas conscience que tu existais, jusqu'à ce que mes souvenirs reviennent. Je pensais que tu étais morte, comme il me l'avait raconté. Mais il ne sait même pas que je me souviens.

- Moi aussi, Enzo. Je croyais que tu étais mort, que papa t'avait tué parce que tu voulais me sauver.

Il pinça les lèvres.

- Il m'a laissé pour mort. Mais je suis là. Je suis vivant.

Le silence s'installa entre nous, lourd et chargé de regrets.

- Et Bruna ? demandai-je enfin, la voix cassée.

Il détourna les yeux.

- Personne ne sait où elle est. elle a disparu. Papa ne voulait pas en parler. On l'a cherchée, mais c'est comme si elle s'était volatilisée.

Je posai ma main sur la sienne.

- Elle est peut-être encore vivante. Quelque part.

Il serra ma main doucement.

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