Il y'a des moments où les
mots s'usent. Et que le
silence commence à
raconter.
♕
03h17 — Chambre de Valentina
Je m'étais endormie sans vraiment le vouloir.
Encore habillée, recroquevillée sur le lit, les draps à peine tirés. Mon maquillage avait bavé, mes cheveux sentaient encore le parfum de la colère et du vin. Le dîner avec Jayden m'avait laissée vidée, confuse, avec cette sensation collante au creux du ventre : je ne savais plus si je le haïssais, ou si je haïssais ce que je ressentais en sa présence.
Mais cette nuit-là, ce n'était pas lui qui m'attendait dans mes rêves.
C'était eux.
Ceux que je croyais avoir laissés derrière.
Tout a commencé par une lumière rouge. Une pièce étroite.
Une chaise cassée.
L'odeur du désespoir.
mélangée à celle du sang séché.
Je portais cette robe verte.
Celle qu'ils préféraient.
Celle qu'ils me faisaient enfiler à chaque fois qu'un client « spécial » entrait.
J'ai senti les murs se rapprocher. J'ai entendu des talons claquer sur le carrelage. Puis une voix. Grasse. Agressive.
- Souris, chérie. Fais ce qu'on te dit et tu n'auras pas mal.
Je me suis mise à trembler dans mon sommeil.
Je voyais mon propre visage dans le miroir crasseux.
Mes yeux vides.
Mes bras trop maigres.
Et cette main... cette main sur ma nuque. Elle m'écrasait.
— Non... non...
Je bougeais, je luttais dans le lit sans m'en rendre compte. Ma respiration s'accélérait. J'ai gémi.
Puis j'ai hurlé.
— Ne me touchez pas ! Ne me touchez pas !
Je me suis redressée d'un coup dans le lit, trempée de sueur. La gorge sèche. La poitrine qui se soulevait comme si j'avais couru cent mètres. Et les larmes qui coulaient sans que je puisse les arrêter.
Mais ce n'est pas ça qui m'a glacée.
C'est la silhouette dans l'ombre.
Il était là.
Jayden.
Adossé à la porte. Torse nu. Le souffle court. Comme s'il avait couru jusqu'à moi.
Il ne bougeait pas. Ses yeux me fixaient, larges, pleins d'un mélange que je n'avais encore jamais vu sur son visage.
Pas de colère.
Pas de mépris.
Seulement... de l'effroi.
Et quelque chose d'encore plus dangereux : de la tendresse.
Je me suis repliée contre la tête du lit, le regard fuyant, honteuse. Je voulais qu'il parte. Qu'il fasse comme s'il n'avait rien vu.
- Valentina...
Sa voix était basse. Brisée.
Il s'est approché doucement. Lentement. Comme s'il avait peur que je le repousse.
J'ai croisé son regard. Et j'ai su. Il m'avait entendue. Tout.
Il a tendu la main, mais ne m'a pas touchée.
- Tu veux que je reste ?
Je ne savais pas quoi répondre. J'avais envie de hurler. De tout lui cracher au visage. De lui dire que ce n'était pas à lui de me sauver, qu'il faisait partie du même monde pourri que ceux de mes cauchemars.
VOUS LISEZ
365 jours
RomanceMaltraité, trahi aussi mais lui ai moins il s'en ai sortis, avec d'énormes séquelles mais il s'en ai sorti, avec des traumatismes énormes et des problèmes de colère mais au moins tout cela c'est derrière lui. Vendu, torturé, battu, séquestré, maltr...
