72] Les Cendres de l'Aube

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Le silence précède toujours
l'orage. Et parfois, ce sont
les mots écrits à l'encre
noire qui brûlent le plus fort.

Valentina
Salle de réunion

La porte blindée se referma derrière nous dans un claquement sourd.

Le sous-sol du manoir avait été conçu comme un bunker. Un sanctuaire de stratégie. Les murs étaient épais, les éclairages tamisés, et les écrans occupaient tout un pan de mur. Une table ovale trônait au centre, entourée de chaises en cuir noir. Un écran central, encore éteint, attendait que Jayden donne l'ordre de lancer les projections.

Je m'assis entre lui et Kayla. Nick tournait en rond comme un fauve en cage. Chris restait debout, bras croisés, dans un coin de la pièce. Noah pianotait déjà sur un clavier, connecté à la base de données centrale.

Jayden prit la télécommande, et l'écran s'alluma.

Un visage apparut. Leonardo.

Photo de dossier. Froid. Sans expression. Les yeux vides.

Jayden parla le premier.

- On ne peut plus rester dans l'attente. Il a changé de méthode. Il joue la montre. Et nous, on va l'obliger à accélérer.

Il appuya sur un bouton. Une carte s'afficha : l'Italie. Puis le sud, les Pouilles. Une région en rouge. Brindisi.

- Sa dernière position connue, dit Jayden. C'est là qu'il a été localisé en février, avant de disparaître à nouveau.

- Mais il ne reste jamais deux fois au même endroit, objecta Noah. Surtout pas après ce qui s'est passé à Milan l'an dernier.

Jayden hocha la tête.

- Je sais. Mais on va remonter la chaîne. Les transactions. Les communications. Ses faux comptes. On va surveiller les ports, les villas suspectes, les entrepôts qu'il utilise.

Chris se pencha en avant.

- On peut pas juste chercher. Il faut le provoquer. Le faire sortir.

- Tu veux l'attirer ? demanda Kayla. Lui tendre un piège ?

Chris haussa un sourcil. Son regard était noir.

- Pas un piège. Une diversion. On lui fait croire qu'on va frapper quelque part. Qu'on cherche quelque chose. Et pendant ce temps, on remonte à ses lieutenants. On les fait parler. On détruit sa base.

- Mais pour ça, il faut qu'il croit qu'on est faibles, dis-je doucement. Qu'on doute. Qu'on est en train de nous diviser.

Nick se pencha sur la table, alluma un deuxième écran. Des dossiers apparurent.

- J'ai fait une liste. Tous les associés connus. Les blanchisseurs d'argent. Les fournisseurs d'armes. Les médecins véreux. Tout ce qui le rattache au réseau.

Jayden fixa l'écran.

- On coupe les liens. Un à un. Et on laisse une signature. Qu'il sache que c'est nous.

Kayla fronça les sourcils.

- Ça peut marcher. Mais il faut un message. Une cible symbolique.

Chris sourit lentement.

- Madrid.

Tous tournèrent la tête.

- Madrid ? répéta Noah.

- une taupe nous a dis qu'il envoie trois de ces meilleures hommes pour détourner un avion qui va à Madrid .

Jayden hocha la tête.

- OK. On commence là.

Il se leva. Tous les regards se tournèrent vers lui. Il avait repris sa voix de commandement. Froide. Autoritaire. Celle qu'il utilisait en opération.

- Kayla, tu t'occupes du contact à Madrid. Tu fais valider l'entrée par les douanes espagnoles. On veut pas attirer l'attention trop vite.

- Compris.

- Nick, tu supervises la cybersécurité. Je veux des virus dormants dans tous leurs serveurs avant même qu'ils ne réalisent qu'ils sont attaqués.

- Je m'en occupe cette nuit, répondit-il en tapotant déjà sur sa tablette.

- Chris, tu montes une équipe réduite. Discrets. Pas plus de cinq. Pas de fusillade. Pas de sang. On détruit, on s'efface.

Chris acquiesça.

- Valentina, dit-il enfin en se tournant vers moi.

Je me raidis légèrement.

- Je veux que tu sois à mes côtés pendant tout ça. Tu sais comment il pense. Ce qu'il regarde. Ce qu'il néglige. Tu vas m'aider à anticiper ses mouvements.

Je hochai la tête.

- Compte sur moi.

Noah souffla :

- Et si jamais il comprend ce qu'on fait ?

Jayden répondit sans hésiter :

- Alors, on sera prêts.

Le silence s'abattit à nouveau. Mais cette fois, ce n'était pas de la peur. C'était... une alliance. Une déclaration de guerre.

On n'allait plus fuir. On allait frapper. Froidement. Intelligemment.

Et Leonardo ne verrait pas le coup venir.

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