Il m'a créée,
mais il ne m'a jamais eue.
♕
Le camion cahotait sur les routes italiennes, déchirant le silence de la campagne au petit matin. L'odeur du cuir, du café froid et de la tension régnait à l'intérieur de l'habitacle. J'étais assise entre Kayla et la portière, les yeux rivés sur le paysage qui filait à travers la vitre sale. Une rangée d'oliviers, puis un virage sec. On se rapprochait.
Jayden conduisait. Ses mains étaient crispées sur le volant, les jointures blanches. Nick, Noah et Chris se tenaient à l'arrière du camion, assis sur des caisses recouvertes de toiles. Ils parlaient à voix basse, à peine audibles sous le vrombissement du moteur.
Je les écoutais sans les regarder. J'étais là, physiquement, mais une partie de moi était restée coincée dans une cellule sans fenêtre. Dans un numéro : 365. Dans une odeur de ciment froid et de peur qui ne quittait jamais vraiment les os.
- On s'approche, dit Noah. Encore dix kilomètres.
- On se gare à flanc de colline, répondit Nick. On prend le tunnel piéton à travers les vignes. L'entrée nord donne directement sur l'aile ouest de sa propriété.
Chris grogna. Il n'avait pas dormi depuis deux jours. Son regard était brûlant de colère, de cette fièvre sourde qui vous tient éveillé même quand le corps s'écroule.
- Tu penses qu'il sera là ? demanda Noah.
- Il sera là, répondit Jayden. Il n'est pas du genre à fuir.
- Ton père... commença Nick.
Je tournai lentement la tête, coupant la phrase dans un souffle glacé.
- Ce n'est pas mon père.
Silence. Même Kayla retint sa respiration.
Je me redressai légèrement, les bras croisés contre ma poitrine, emmitouflée dans mon sweat beaucoup trop grand. Celui de Jayden. Il sentait son odeur, la seule chose qui me gardait ancrée ces derniers jours.
- Ne m'associez pas à ce monstre, dis-je. Ma voix était calme, mais tranchante comme du verre. J'ai déjà assez de mal à me regarder dans un miroir.
Jayden lança un regard rapide dans le rétroviseur. Nos yeux se croisèrent une seconde. Il ne dit rien, mais je le vis serrer la mâchoire. Il comprenait.
Nick hocha doucement la tête, sans insister.
- Il ne sait toujours pas, dit-il. Pour Jayden, pour Alain, pour Pope.
- Mais il sait pour nous, ajouta Noah. Il sait qu'on le cherche. Il sait qu'on vient pour lui.
Chris grogna à nouveau, plus bas.
- J'vais l'étrangler. De mes propres mains.
Je fermai les yeux. Une seconde. Deux. Je revoyais son visage à lui Pope. Juste un souvenir volé à travers les récits de Chris, à travers les regards remplis de deuil, les silences douloureux. Et pourtant... c'était aussi devenu le mien. Sa mort avait laissé une plaie dans ce groupe. Dans mon mari.
Et le monstre qui l'avait ordonnée... avait mon sang.
Un frisson de dégoût me traversa.
- Il joue encore, murmurai-je. Il adore ça. Créer la panique. Il ne sera pas là. Ou alors... pas comme vous l'attendez.
Chris tapa du poing sur la paroi métallique.
- Alors quoi, on fait quoi ? On recule ? On attend qu'il s'en prenne à l'un de nous ? À Lily ? À Jayden ? À toi ?
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365 jours
RomanceMaltraité, trahi aussi mais lui ai moins il s'en ai sortis, avec d'énormes séquelles mais il s'en ai sorti, avec des traumatismes énormes et des problèmes de colère mais au moins tout cela c'est derrière lui. Vendu, torturé, battu, séquestré, maltr...
