Chapitre 3

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Lorsque je fus à l'abri des regards indiscrets dans ma chambre, j'explosai. Attrapant un de mes nombreux cousins, je hurlai dedans de toutes mes forces.

Comment osait-il ? Comment ma mère avait-elle pu faire une chose pareille à sa fille unique alors qu'elle savait ce que cela faisait de connaître le grand amour ?

Une boule désagréable se forma dans ma gorge et des larmes rageuses dévalèrent mes joues sans que je ne puisse me maîtriser. Je devais me reprendre sur le champ, je ne pouvais pas les laisser gagner. J'attrapai donc un livre pour m'évader de la réalité. C'était le seul moyen que j'avais de me calmer. Je me mis à lire sans m'arrêter jusqu'à tomber de sommeil sur mon fauteuil en velours bleu canard.

— Votre Altesse, réveillez-vous.

La douce voix d'Elia vint percer le voile d'obscurité qui embrouillait mes sens. Je me réveillai doucement. Une vive douleur survint dans ma nuque au moment où je me relevai. Les évènements de la veille me revinrent en mémoire. Même si je me massai, la sensation de ma nuque engourdie ne disparaissait pas. Je m'étais endormie sur mon fauteuil et le livre que j'avais lu était toujours posé sur mes genoux.

Aujourd'hui était le grand jour, j'allais quitter Endora et laisser ma mère seule ici. Rien qu'à cette idée, une bouffée d'excitation m'envahit. J'allais prouver à mon peuple ce que je valais, j'allais devenir reine, ne jamais me marier et la chère Belle au bois dormant ne pourrait rien trouver à y redire.

— Maître Void vous demande au centre d'entraînement après votre petit-déjeuner avec la Reine votre mère.

Elia entreprit alors de m'habiller. Alors que je voyais qu'elle sortait une robe de ma grande armoire, je l'en empêchais.

— Elia, pas de robe ce matin s'il vous plaît. J'aimerais directement mettre la tenue de mon départ. Ce sera plus simple.

C'était une provocation pure et simple de ma part et je savais que ma mère n'allait pas le supporter. Ce genre de tenue était une insulte pour mon sang royal à ses yeux.

On voyait bien que ce n'était pas elle qui partait pour tuer le fils de Maléfique. Comment pensait-elle que j'allai y parvenir ? Avec un joli sourire ? Parfois, je ne la comprenais pas. Elle m'avait fait prendre des cours de combat avec Maître Void depuis mes dix ans, mais elle ne semblait toujours pas avoir encadré le fait que je savais me battre et qu'il était impossible de le faire avec une belle robe de princesse.

Elia sembla vouloir protester, mais je la coupai d'un regard noir. Elle sortit la tenue que j'avais sélectionnée pour partir et me la passa. Elle était basique : un pantalon en cuir noir moulant agrémenté de longues bottes dans lesquelles je pouvais cacher des armes et un tee-shirt blanc et large surmonté d'un débardeur en cuir noir.

Une fois qu'Elia eut fini de m'habiller, elle s'occupa de mes cheveux et je lui ordonnai gentiment de les nouer en une queue de cheval coiffée-décoiffée et de faire quelques tresses sur les longueurs.

— Vous êtes sûre ? ne put-elle s'empêcher de demander.

Un sourire malicieux lui répondit et je sortis de ma chambre sans rien ajouter de plus, la laissant dans la confusion la plus totale.

Après avoir traversé de nombreux couloirs et descendu l'escalier principal, je débouchai enfin dans la salle à manger où ma mère m'attendait déjà.

Cette salle m'avait toujours semblé ridiculement démesurée. Nous n'étions que deux et, même au moment où mon père était avec nous, cela ne faisait que trois. Pourtant la table s'étendait sur des mètres et comportait une bonne vingtaine de chaises qui n'étaient jamais occupées. On aurait pu penser que les résidents de ce palais mangeaient avec nous, mais c'était rare et, quand nous le faisions, ce n'était pas ici.

Les malheurs d'Endora ~ TerminéeDes histoires addictives. Découvrez maintenant