Chapitre 22

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Pitié, faites que je rêve, je vous en supplie !

Si les Dieux avaient un minimum de pitié et de compassion, ils ne pouvaient pas me faire ça.

— Aliona, chuchota l'homme qui se tenait devant moi comme s'il n'arrivait pas à en croire ses yeux.

Non, pitié, pas ça...

— Aliona, je n'arrive pas à croire que tu sois là...

Des larmes coulèrent sur les joues désormais bronzées de l'homme que j'avais toujours considéré comme un membre de ma famille, que j'avais aimé plus que tout.

— Vous étiez mort, parvins-je à articuler.

Il se passa une main dans ses cheveux blonds parsemés de gris, geste aussi familier qu'étranger à mes yeux. Ses yeux verts étaient plongés dans les miens, complètement humides à cause de l'eau qui dévalait ses joues.

Mes jambes se mirent à trembler violemment.

— Le lendemain de la mort de mon père, vous avez disparu, on a cru que vous vous étiez suicidé ! m'écriai-je, incapable de contenir l'émotion qui transparaissait dans ma voix.

Des larmes acides coulaient sur mes joues pâles.

— Je vous ai attendu pendant des mois, espérant que vous alliez revenir, espérant que vous aviez juste eu besoin de temps... Ne me dites pas... ne me dites pas que...

Je n'arrivais pas à finir ma phrase, c'était trop douloureux.

— Vous étiez son meilleur ami, Galmain. Vous étiez comme un oncle pour moi !

J'avais mal au cœur, j'aurais voulu me réveiller de ce cauchemar. Mais ce n'en était pas un, c'était la vraie vie, l'infernale réalité et je ne pouvais pas la supporter. Je ne pouvais pas me relever après ça. J'avais déjà trop souffert, trop enduré, je n'y arriverai pas.

— Aliona...

— Ne prononcez plus jamais mon prénom ! Hurlai-je.

Je ne ressentais rien d'autre que la douleur qui martelait mon cœur, le réduisant en un tas de cendres fumantes. Je ne voyais plus que lui. Lui et ses yeux humides. Son visage triste et sa peau marquée par l'âge. Lorsqu'il était parti, il n'avait aucune ride sur son front. Maintenant, elles étaient partout. Comme un symbole du temps qui était passé et de ce qu'il avait entraîné avec lui.

Désormais, je ne voyais plus qu'un inconnu, plus que l'homme qui m'avait abandonnée au moment où j'avais le plus eu besoin de lui. Comment avait-il pu ?

J'aurais aimé pouvoir mettre des mots sur ce que je ressentais et les lui cracher à la figure. Mais rien ne sortait.

Mécaniquement, ma main se posa sur le pistolet accroché à mon holster en cuir noir.

— Je sais que tu es en colère, mais j'avais des raisons. Je...

— Vous m'avez abandonnée avec ma mère en sachant très bien qu'elle n'allait pas supporter la perte de mon père. Vous m'avez laissée seule là-bas et j'y ai vécu un enfer pendant huit ans. Si vous étiez resté...

Je n'achevai pas ma phrase. Il n'était pas resté. Il avait fait le choix de partir.

— Laisse-moi t'expliquer.

Il avait cessé de pleurer. Pourtant, on voyait son impuissance sur ses traits autrefois beaux et aimants, des traits qui me dégoûtaient actuellement.

Mon arme se pointa dans sa direction presque automatiquement et je le vis reculer. Une partie de moi voulait tirer et l'autre partie voulait le laisser parler pour comprendre pourquoi il avait fait ça.

Les malheurs d'Endora ~ TerminéeDes histoires addictives. Découvrez maintenant