Chapitre 53 : Lohan

30 4 6
                                        

Elia m'avait annoncé en venant me chercher ce matin que ça faisait plus d'une semaine que j'étais dans le coma. Bordel de merde ! Qui savait ce qu'Aliona avait subit pendant tout ce temps ? Qui savait la souffrance qu'elle avait endurée alors que j'étais inconscient ?

De la sueur coulait sur mon front. Les cauchemars avaient repris, dix mille fois plus violent qu'avant. Je ne sentais même plus mon dos. Je savais déjà que de nouvelles cicatrices y avaient fait leur apparition.

Alors qu'Elia me poussait jusqu'à une pièce avec une vitre tamisée et un fauteuil sanglé, je grognai de douleur. Chaque pas était une torture à part entière. Tout mon corps hurlait. Mes muscles étaient tendus. J'avais du mal à avancer. Du mal à respirer.

Mais toutes mes pensées allaient à Aliona. Malgré tout ce qu'Ange me faisait subir, mon esprit se fermait, tentant d'oublier ce que j'avais vu quand le dreamling était posé sur moi, faisant remonter tous mes traumatismes. Ces hommes que j'avais tués... Toutes ces fois enfermé dans ce placard... Tous ces moments où elle avait été odieuse, incarnant mieux que personne le nom qu'elle portait. Mais, quand j'étais seul, je pensais à Aliona. Je pensais à elle, à son sourire, ses yeux si brillants de vie, ses cheveux soyeux et son corps aux courbes parfaites. Mon âme sœur. Elle était la seule chose qui me permettait de rester en vie. De tenir. Notre lien m'apportait la force dont j'avais besoin pour résister, pour continuer à croire qu'une vie existait après ça, dehors, pour nous deux si elle voulait bien de moi. Si elle acceptait de me pardonner.

Elia m'installa sur le siège et sangla les attaches sur mes chevilles et mes poignets. Elle serra si fort que cela me fit grimacer. Mon sang avait du mal à circuler. Avoir le dos appuyé contre un dossier m'envoyait des décharges de douleur dans tout le corps, mais je serrai les dents. Puis, elle sortit sans un mot. Ange arriva à sa suite et la vitre teintée devint plus claire.

Aliona était attachée sur l'endroit même où je m'étais trouvé une semaine plus tôt. Aucune peur ne brillait dans ses yeux violets. Son visage était pâle et elle avait maigri. Ses yeux étaient vides et ternes, creusés par de profondes cernes.

Ange alluma un micro.

— Bonjour, Aliona chérie.

Mon sang ne fit qu'un tour en l'entendant l'appeler ainsi. Aliona tourna la tête vers la vitre où elle ne pouvait pas nous voir. Elle cracha de mépris, un air de défi dans son regard améthyste. S'était-elle trouvée à ma place lorsque l'on m'avait torturé ? Bordel, je priais pour que ce ne soit pas le cas, pour qu'elle n'ai pas vu ça. Rien que de savoir qu'elle le sentait me rendait malade ; rien que de savoir que notre lien pouvait la faire souffrir, j'avais envie de vomir.

— Comment vas-tu ? demanda ensuite Ange d'une voix profonde et mielleuse.

Rien que pour cette simple question, j'avais envie de le frapper, de l'étriper jusqu'à ce qu'il meurt de mes mains. Aliona ne pouvait pas aller bien. Personne ne le pouvait avec ce tortionnaire. Ange en avait parfaitement conscience et il en jouait.

La panique commença à enfler en moi. Pourquoi étais-je ici ? Qu'allait-il lui faire ? Quoi que ce soit, je doutais de pouvoir le supporter.

Ange sortit de la pièce. Je le vis réapparaître de l'autre côté de la vitre, non loin d'Aliona. Il était proche d'elle, bien trop proche. Aliona irradiait la force et la détermination.

— Comment vont les endoraces ?

— Vous méritez un sort pire que la Mort, cracha-t-elle, la voix haute, pleine du dégoût qu'il l'inspirait.

— Dommage que ce soit moi qui commande. Dommage que mes troupes massacrent ton peuple et détruisent villes sur villes. Dommage que tu sois là, avec moi et pas en train de te battre avec eux.

Les malheurs d'Endora ~ TerminéeDes histoires addictives. Découvrez maintenant