Chapitre 49 partie 2

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Non, c'était impossible, je ne pouvais pas en croire mes yeux, je...

Mon cerveau bugua. Mes yeux s'écarquillèrent et ma respiration s'arrêta le temps d'une seconde. Une boule obstrua ma gorge, m'entravant la trachée. Un goût de bile se répandit dans ma bouche.

Ma mère se tenait devant moi. Ses longs cheveux blonds avaient été coupés en un carré irrégulier et mal tracé comme si on l'avait fait à la vas-vite avec un couteau. Sa peau était encore plus pâle que d'habitude. Elle avait perdu du poids depuis la dernière fois que je l'avais vue et ses lèvres étaient toutes gercées ce qui montrait qu'elle n'était pas assez hydratée. Elle semblait si faible et fébrile. Chaque mouvement donnait l'impression qu'elle se forçait pour tenir debout.

J'aurais pu me précipiter vers elle pour la prendre dans mes bras, lui dire que j'allais réparer ça. Je ne fis pas le moindre mouvement. J'étais incapable de croire ce que j'avais sous les yeux. Elle ne pouvait pas être ici, dans ce château. Il fallait impérativement que ce soit une vue de mon esprit.

Mes yeux lancèrent des éclairs sur Elia et Ange qui s'était mis à côté de moi. S'ils avaient pu tuer, tous les deux seraient déjà tombés raides morts.

— Relâchez ma mère ! exigeai-je d'une voix plus forte que ce que je me saurais crue capable.

Ange rigola.

— Désolé. Malheureusement, ce n'est pas dans mes plans. Je dois vous raconter une histoire d'abord.

Une histoire ? OK, ce mec était littéralement un psychopathe – si j'avais eu des doutes, ils venaient d'être balayés immédiatement.

— Amène-le, ordonna Ange sèchement.

Un garde en uniforme noir avec des cornes vertes sur le torse remplaça Elia derrière ma mère pendant que cette dernière repartait dans l'autre sens.

— Aliona, j'espère que tu l'as tué, marmonna ma mère, pliée en deux par une quinte de toux. Les gens comme eux ne devraient pas exister. Tout est de sa faute. La mort de ton père, ça, c'est de sa faute à lui !

— Mère, vous ne m'avez pas écoutée. Je vous avais prévenu pour la bombe, je...

Elle ne répondit rien.

— Aliona, dis-moi que tous ces sacrifices y étaient pour quelque chose ! Dis-moi qu'on leur a prit quelque chose ! hurla-t-elle.

Des larmes perlaient de ses yeux violets. Des pleurs de colère, je le savais.

Malgré sa faiblesse flagrante, malgré ses yeux creusés et sa gorge asséchée, elle trouvait le moyen de me rappeler la seule chose pour laquelle j'avais été mise au monde.

J'ignorai à quoi je m'étais attendue. Pas à ça, c'était certain. J'avais espéré des retrouvailles larmoyantes. Dans le pire des cas le silence. Mais pas qu'elle me lance ça comme ça comme si c'était la seule chose qui importait alors que j'ignorai depuis combien de temps elle était ici et si on lui avait fait du mal.

L'inquiétude me saisissait la gorge. Elle m'étouffait avec autant de forces que le brinsbuch. Ma poitrine me faisait mal. Je n'avais d'yeux que pour ma mère. Un seul geste aurait suffi pour lui casser ses os minces et décharnés.

— Mère...

Je voulais lui demander si elle allait bien, ce qui lui était arrivé, parler d'Endora, demander le nombre de victimes. Les mots restèrent coincés.

— C'était ta... seule tâche. Dis-moi que c'est fait.

L'urgence de sa voix me brisa un peu plus. Je ne répondis rien. Je ne pouvais pas lui mentir. J'étais dans le palais d'Ange. J'allais probablement ne jamais en ressortir vivante et ma mère me détestait déjà de toute manière.

Les malheurs d'Endora ~ TerminéeDes histoires addictives. Découvrez maintenant