Quelques fois la vie nous paraît terne, ennuyeuse ou banale, mais qu'en est-il quand l'imprévisible se mêle à la partie ? C'est comme la foudre qui s'abat sur vous sans crier gare.
C'est ce qu'Ornélia va découvrir, elle qui a une existence si ordina...
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TW : violence
« On pense connaître une personne et puis, un jour, le masque tombe et sa véritable personnalité apparaît, aussi hideuse soit-elle, nous devons apprendre à l'accepter. »
Le lendemain...
18 août, Taormine, Sicile.
Une forte source de chaleur émane dans mon dos jusqu'à mon ventre, me tirant brusquement du sommeil difficile dans lequel je me trouvais. L'effroi me gagne en ouvrant les paupières, car le décor est le même que lorsque je me suis assoupie. Ce n'était donc pas un cauchemar, mais bel et bien la réalité. Je suis ici depuis quoi ? Deux jours ? Peut-être trois et je ne fais que dormir, comme si mon inconscient avait décidé avant moi que ce combat ne devait pas être mené parce que l'issue serait fatale. Parfois la vie nous équipe des armes nécessaires pour subir les épreuves et puis d'autres fois, elle nous laisse nous démerder sans rien. Je pensais qu'affronter la maladie et ses répercussions serait la pire chose que m'infligerait le destin, mais la réalité se dessine autrement sous mes rétines. Sous des murs sombres et humides, poisseux même. Je ne serais pas surprise que des nuisibles se baladent impunément dans les lieux.
Mon regard se pose sur un plateau de nourriture, sur une chaise et mon esprit divague. La douleur, les effets indésirables de la chimio sur mon organisme, l'opération, l'anesthésie. Tout ça n'était rien en comparaison à ce qui m'attend, car durant cette période, on voulait m'aider à guérir et soulager mes maux, ici on me veut du mal. Je ne peux pas imaginer un quart de ce que ces gens sont capables de faire, mais il y a une chose dont je suis sûre, je ne leur faciliterai pas la tâche, du moins c'est ce que je veux dans ma tête, mais en pratique c'est moins évident. Hors de question que je touche à leur nourriture, c'est à peine si je bois et ça commence à se ressentir, ma gorge est râpeuse, comme si des débris de verre l'obstruaient. J'ai des sueurs froides, mes jambes sont comme du coton, ma tête semble être prise dans une tornade, elle est incapable de se stabiliser.
En Sicile, c'est là où je suis et je peine à croire que c'est possible, mais ce type effrayant l'a dit lui-même. Je ne sais pas ce qui me fait le plus de mal, de savoir que je me trouve à des milliers de kilomètres de chez moi sans rien avoir demandé et d'ailleurs, mieux vaut que je n'y pense pas, sinon la crise d'angoisse va m'engloutir, ou si c'est le fait d'avoir appris que Livio et ce monstre sont frères.
Un mafieux. Livio est un mafieux. Je ne suis pas très calée sur le sujet, mais de ma modeste connaissance, ça n'augure rien de bon. Ces personnes sèment la peur, la douleur et la mort autour d'eux. Et là, c'est après mon père et moi qu'ils en ont. Comment va-t-il ? Est-il encore au moins en vie ? On ne me dit rien et je deviens folle. La porte est toujours entrouverte, mais les paroles du brun me reviennent en tête, peut-être a-t-il raison et je ne peux pas prendre le risque de mourir si tôt, pas avant d'avoir eu des nouvelles de mon père.
À quel point faut-il être aveugle pour ne pas avoir compris plus tôt que cette intrusion chez mes parents n'était que le début des emmerdes ? J'aurais dû écouter mon père quand il m'a dit de me méfier de lui parce qu'il a toujours bien cerné les gens, mais était-il au courant qu'il faisait partie d'une famille mafieuse qui en a après nous ? Est-ce que c'était ça, les choses importantes qu'il avait à me révéler juste avant qu'on ne soit enlevés ?