Chapitre 8 - Une vérité dérangeante

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« Ne pense jamais que tout est acquis, car le but de la vie c'est de découvrir, chuter, apprendre encore et encore

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« Ne pense jamais que tout est acquis, car le but de la vie c'est de découvrir, chuter, apprendre encore et encore. »

Je suis paumé. Si une partie de moi faisait semblant en lui disant toutes ces choses, l'autre s'est montré si sincère que je ne m'y attendais pas. Je suis décontenancé. Je ne pensais pas que je pourrais la percevoir autrement que comme elle doit l'être : une cible. Pourquoi suis-je incapable d'être comme mon frère ? D'éteindre toutes mes émotions et d'agir comme il faut ? Peut-être parce que pour y parvenir, il faut en avoir un minimum envie et ce n'est pas mon cas. Je ne veux pas être comme lui, je préfère encore souffrir. Me lancer dans cette mission, c'était un échec couru d'avance. Il aurait mieux fallu que je le laisse gérer ça à ma place, car il en a l'habitude et au moins, il obtient un résultat lui. Mais à quel prix ? Le sang ne doit pas encore couler. Une autre vie ne doit pas être supprimée. J'ai conscience que l'acte est grave, mais est-ce que ça vaut une punition aussi sordide ?

Je ne suis pas conditionné comme lui. Je ne sais pas agir comme un robot, car mes émotions sont trop présentes à l'intérieur de mon corps, elles me rappellent sans arrêt que je suis un être humain et qu'on ne peut pas tout cautionner. Et cette colère, non cette rage dévorante qui bout en moi comme si j'étais sur le point d'entrer en combustion. C'est terrifiant. Ça me bouffe autant que ça me laisse croire que je serais capable de faire des choses insoupçonnables si je me laisse trop guider par tout ça. C'est pour cette raison que depuis une semaine, depuis ce moment chez elle, cette conversation un peu trop personnelle qui ne m'aide en rien sur mes recherches, j'ai décidé de prendre mes distances. Jamais je n'aurais dû être aussi intrusif, car je me connais, mon cœur n'est pas assez intelligent pour faire la part des choses. Autant dire qu'il est assez amoché comme ça, il n'a pas besoin d'une souffrance de plus.

Je refuse d'en découvrir plus sur cette fille, je refuse de la trouver touchante. Bon, on n'est pas encore totalement d'accord entre tous mes organes, mais j'y travaille. Hors de question que je ressente tout ce tourbillon à nouveau. Cette facette de ma personnalité est morte en même temps que je l'ai perdu. Un cœur brisé ne peut être réparé que si on l'accepte, ce qui n'est pas mon cas. On retient tous des leçons de nos échecs et voici celle que j'ai retenue : l'amour est un piège duquel on ne sort jamais vainqueur, toujours en morceaux.

Chaque jour qui passe, elle me manque un peu plus. On dit qu'on finit par s'habituer à l'absence d'une personne, mais alors pourquoi est-ce que je continue à me sentir si vide à l'intérieur ? Comme si j'étais en partie anesthésié, mais sans que ça ne diminue la souffrance pour autant. J'imagine souvent comment pourrait être notre vie si la mort ne nous avait pas séparés. Elle serait sûrement aussi compliquée qu'elle l'est, sans elle. Je ne peux pas me leurrer sur le sujet, on ne peut pas échapper à une famille comme la mienne. Son mode de fonctionnement nous impacte tous et les séquelles sont pires que des lianes qui nous étouffent. Quand je m'autorise à me demander ce qu'elle penserait de moi, de mes actes en me voyant aujourd'hui, c'est une véritable torture. Elle détesterait l'homme que je suis en train de devenir, moi qui ai toujours prôné que je ne deviendrais pas comme eux. Au final, peut-être que la mort est la seule solution pour être libre. J'aurais tant voulu partir avec elle, mais même ça, on ne me l'a pas accordé.

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