Quelques fois la vie nous paraît terne, ennuyeuse ou banale, mais qu'en est-il quand l'imprévisible se mêle à la partie ? C'est comme la foudre qui s'abat sur vous sans crier gare.
C'est ce qu'Ornélia va découvrir, elle qui a une existence si ordina...
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« Il faut parfois retrouver des personnes de son passé pour comprendre qu'il est nécessaire qu'une page se termine de la bonne façon et puisse se tourner définitivement. »
Je n'en crois pas mes yeux.
Pourtant, la belle rousse avec ses cheveux attachés en queue de cheval est bien en face de moi.
Mon pouls ne sait plus sur quel pied danser, tantôt trop rapide, tantôt trop faible. Je pensais qu'elle avait quitté Boisset-les-roseaux depuis notre rupture, mais force est de constater que j'avais tort. Ma gêne grandit de seconde en seconde, je n'étais pas préparée pour une telle confrontation. Rien dans les traits délicats de son visage ne m'indique qu'elle soit en colère et pourtant, ça serait légitime. La façon dont j'ai rompu avec elle, c'est impardonnable. Je me suis montrée froide, intransigeante et surtout injuste. Louise n'a jamais su pourquoi je mettais un terme à notre relation de deux ans, d'une façon si soudaine. J'admire la jolie femme qu'elle est toujours dans son petit chemisier blanc et sa jupe bordeaux cintrée. Élégante en toutes circonstances, je la reconnais bien là. Ce constat me fait sourire tandis que mon cœur se fragmente dans ma poitrine.
Elle ne méritait pas ça.
J'aurais dû faire les choses mieux, je lui devais au moins une explication pour mettre fin à une relation pleine de partage et de joie. J'étais heureuse avec elle. Je voulais que l'on construise notre avenir ensemble, qu'on se projette au-delà d'une simple amourette. Cette femme m'a rendue dingue de bien des façons et ce que je ressens ne m'aide pas à contrôler mes pulsations cardiaques ou encore mes genoux qui tremblent. Fuir n'est pas une option cette fois, car elle contourne le comptoir pour me rejoindre dans la cuisine. À peine dans mon périmètre que son odeur s'imprègne dans mes narines. Toujours aussi enivrante sur des notes florales. Je me pince les lèvres alors qu'elle se lance dans un examen minutieux de ma personne à son tour et j'angoisse à l'idée que ce qu'elle puisse voir ne lui plaise plus. Une compilation de nos meilleurs moments se dresse dans ma tête et un coup de chaud me saisit. Entre nous, c'était tellement fluide. Jamais un mot plus haut que l'autre, on était en accord sur pratiquement tous les sujets et surtout, elle a su accepter mon amour débordant pour les animaux.
J'ai encore la sensation de sentir ses lèvres dans mon cou et les frissons de plaisir qui tiraillent ma peau lorsque nous étions intimes.
— Ornélia ?
Un déclic se fait dans ma tête et je m'arrache de ma rêverie parfaitement déplacée, les choses ne sont plus ce qu'elles étaient. Peut-être même, a-t-elle rencontré quelqu'un et tourné la page. Après cinq années de silence, ça serait compréhensible.
— Je ne m'attendais pas à te trouver ici en venant saluer Eliott. Comment vas-tu ?
— Viens, allons dehors pour discuter.
Je retire mon tablier et l'entraîne dans l'arrière-cour pour que nous nous asseyions sur un banc. Un environnement serein pour une conversation qui promet de ne pas l'être. Mes doigts jouent nerveusement entre eux, planqués entre mes cuisses.