Chapitre 50.

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Je me réveille en sueur et regarde autour de moi. Cherchant mes repères. Je suis chez moi. Je passe mes mains dans mes cheveux dans l'espoir de remettre mes idées en place. Pourquoi ce n'était qu'un rêve ? Et je n'arrive pas à me rappeler de ce mec. Comme si je le connaissais, mais trop loin pour m'en souvenir.
Je me rallonge, et espère revivre ce même rêve si magique. Je suis rentrée chez moi hier soir, après ma dispute avec Arthur. Après tout, trop longtemps à rester avec une personne, ça crée forcément des disputes. Bon j'avoue m'être un peu emportée, mais je pense que j'ai mes raisons, et qu'elles sont valables. Il a ramené Julia à la maison. Il avait parfaitement le droit d'ailleurs, c'est quand même chez lui. Mais ce n'est pas ça le problème. Elle arrive toujours trop bien maquillée, trop bien apprêtée, juste trop. Elle est trop tout. Trop souriante, trop fausse. Je ne peux pas me la voir. C'est un cliché à elle seule. Et le pire, c'est qu'elle fait semblant de m'apprécier, elle s'intéresse à moi, me fait des grands sourires, mais derrière ça, je pense vraiment qu'il n'y a pas une once de sincérité en elle.
Et en plus de draguer ouvertement -selon moi, parce qu'Arthur me dit le contraire- Arthur, elle a parlé de Marine, Jules, Ethan, en fait cette nana essaie de me dégager de toutes relations éventuellement possibles ?
Mais j'arrivais encore à rester calme, c'était très frustrant de l'entendre déblatérer sur mes anciens amis, d'un air qui veut dire Ils m'aiment MOI maintenant, biatch. Biatch. Biatch.
J'ai encore les nerfs d'y repenser, elle m'insupporte tellement, c'est chimique. Et voilà qu'elle annonce son projet de changer de tête. À la place de son blond décoloré dégeulasse, elle compte se faire du bleu. C'est une blague là ? Je n'ai pas pu m'empêcher de la critiquer, et l'autre débile de mâle n'a pas compris pourquoi je m'étais énervée. Elle veut juste devenir un copier coller de moi pour me foutre la rage, je ne vois que ça.
Enfin, je n'ai plus envie de penser à elle. Ni à Arthur, je ne veux pas, et je ne compte pas aller m'excuser. Je suis capable de me débrouiller toute seule. Et puis ma mère revient dans 2 jours.

Je regarde l'heure et me rend compte que je n'ai pas le temps de me rendormir, adieu garçon de mes rêves, on se revoit une prochaine nuit. Peut être. Je dois aller me préparer pour mon rendez vous romantique avec le cpe. Je pars sous la douche, ça me soule de me préparer pour aller me faire défoncer par le cpe. Enfin c'est ce qu'il compte essayer de faire. Mais mec, c'est peine perdu, j'ai déjà en tête la façon dont je vais lui faire comprendre ça. Je pensais avoir la flemme de me maquiller, mais en voyant mes cernes sous mes yeux, j'y ai réfléchir à deux fois. Puis je suis aller me mettre du correcteur.
Trajet habituel. Bus. Grillage. Surveillant. Porte. Couloir. Escalier. Bureau du cpe. J'entre après avoir frappé. Il me reçoit et de là, je me mets en position statue. J'ai décidé de ne pas lui adresser la parole une seule fois, et éventuellement, la seule phrase que je prononcerai sera pour lui demander si je peux partir.
Je le regarde dans le blanc des yeux, avec un regard énervé et bien entendu, aucun sourire, aucune émotion. Je ne compte pas le quitter des yeux, et essaie de le mettre le plus mal à l'aise que possible. Il me rabbache des phrases bidons et tente de me disputer sur mes absences, mais quand il comprend qu'à chacune de ses questions, je répondrais par un silence pesant, il décide de finalement me laisser partir.
Bon ce n'était absolument pas productif, et ça n'a servi à rien que je prenne la peine de me déplacer pour ça.

Un jour les gens comprendront qu'ils ne peuvent pas tous nous mettre en cage. Certains l'acceptent, se conformer dans les règles, avoir quelqu'un au dessus pour leur dicter leur conduite, pour leur enlever toute responsabilité, c'est ça leur mode de vie et de fonctionnement. Ils se rassurent dans le fait de ne pas décider par eux mêmes, c'est sûr que comme ça, ils n'ont pas la culpabilité de se dire qu'ils ont fait le mauvais choix, puisque ce n'est pas eux qui choissisent.
Mais le problème, c'est les personnes comme moi. Ceux qui ne peuvent pas se conformer. Ceux qui regardent dehors, qui se voit partout mais surtout ailleurs. Qui ne veulent qu'une chose. Être libre. Décider. Partir. Courir loin. S'enfuir. Péter ces putains de barrières derrière lesquelles ils essaient de faire rentrer tout le monde. Mais derrière ces putains de barrières, il y a quelque chose de génial. La curiosité, l'ambition, les rêves, la liberté, et une fois qu'on a passé un pied dehors, comment ne pas sortir complètement ? Je recule, je m'éloigne le plus possible de ces murs, et en partant, je ne peux m'empêcher de penser à tous ceux qui restent à l'intérieur, tête baissée, qui acceptent d'être dirigés, qui n'envisage pas une seconde de suivre le chemin que je me trace. Mais parfois, il faut juste mettre ses peurs de côtés, et oser. Oser avancer.

Une fille aux cheveux bleus.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant