Chapitre 2

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AIDEN 

1 AN PLUS TÔT

Je suis en retard d'au moins vingt bonnes minutes à cause de Sophia. Elle n'arrête pas de parler, j'hésite à raccrocher et prétexter le bon vieux "désolé ma chérie, ça a coupé" mais je me décide finalement à mettre le haut parleur et j'en profite pour m'habiller en même temps.

J'ai du manquer d'attention une seconde parce qu'elle se met à me hurler dessus.

- Aiden ! Je sais que tu ne m'écoutes pas ! Franchement tu exagères !
Je cours jusqu'à mon téléphone et répond avec un air étonné.
- Mais si, je suis là, Sophia.
- Alors tu décides quoi ?
- De quoi tu parles ?
- Je t'ai dis que j'en avais marre que tu sortes quasiment tous les soirs ! C'est plus possible, la !
- Écoute, j'ai pas le choix, OK ?
Aucune réponse.
- Sophia ?
Toujours rien.
Je regarde l'écran de mon portable et constate avec soulagement qu'elle a raccrochée.

Je finis de me préparer et, enfin, je me rend à la boîte de nuit où je travail en tant que promoteur.

***

Le groupe de fille que j'ai ramené ce soir est exceptionnelle : quinze filles toute plus belles les unes que les autres, en petite tenue et toutes prête à me fair gagner encore beaucoup d'argent. Voilà à quoi se résume ma vie en ce moment, et ça me va très bien.

Malgré tout, je n'ai jamais trompé Sophia. Les filles me colle un peu, mais je leur rappel que je suis juste la pour les faire rentrer, leur servir à boire et prendre quelques photos avec elles pour promouvoir la boîte. Bien entendu, Sophia a arrêté il y a bien longtemps de me faire confiance. Mais je ne veux pas la quitter, j'ai besoin d'elle malgré tout. Je sais que dans peu de temps elle ne va plus supporter mon train de vie et je vais en baver pour la garder auprès de moi. Je suis un putain d'égoïste.

Mais je ne peux pas m'empêcher de faire autrement.

Je me demande même si ce n'est pas mieux qu'elle me quitte, ça me ferait un bon électrochoc.

En attendant, je suis là à regarder toutes ces filles se trémousser devant moi. La petite robe noir d'une d'entres elles remonte dangereusement et je suis sa peau du regard. La fille m'observe et me sourit, je détourne alors les yeux.

Vers cinq heures du matin, je rentre chez moi. Mes parents ne disent plus rien, ils savent que je ne bois pas de toute façon.
J'envoi tout de même un message à Sophia pour lui dire que je suis rentré, je ne m'attendais à ce qu'elle me réponde à cette heure là.
Les mots qui s'affichent sur mon écran de portable s'inscrivent dans ma tête, je m'attends à une sensation désagréable, voir insupportable, mais non. Rien. C'est terminé, Aiden.
Je pose mon portable sur la table de chevet et ferme les yeux. Aucune culpabilité ne vient me hanter ou m'empêcher de dormir. Je me dis que je m'en rendrais compte seulement demain, alors je laisse le sommeil me faire sombrer.

Mes heures, tes joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant