Chapitre 28

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ROSE

10 MOIS PLUS TÔT

- S'il vous plait... s'il vous plait... mon petit-frère est...il était là...

- On s'occupe de vous, ça va aller, me répondit un des pompiers.

- Mon... mon petit frère...

On me plaça alors un masque respiratoire sur le visage, si bien que je ne pouvais plus parler. J'avais l'impression d'être partagée entre le rêve et la réalité. Les voix alentours me parvenaient de manière lointaine, tout était presque irréaliste.

Pourtant, au fond de moi, je savais que tout cela était la réalité, la dur réalité.

Allongé sur le brancard, au milieu de l'ambulance, je priais.

Mais je l'avais vu de mes propres yeux. Et je savais que cela était inutile. Mais je continuais tout de même à prier pour que mon petit frère Ariel soit vivant.

Une larme roula sur ma tempe et alla se noyer dans mon oreille.

Un cauchemar.

Je vivais un cauchemar éveillée.

Je n'avais qu'une envie, courir après Quentin et lui arracher la gorge. Ou bien en finir avec moi même directement.

Je savais au fond de moi que je n'allais pas pouvoir survivre à cela. Mon frère était mort, et moi j'étais encore vivante. Pourquoi la vie est si injuste ?

Je me réveillais dans une chambre d'hôpital, seule.

Mais cette solitude n'avait pas durée très longtemps. D'un coup, la porte de ma chambre s'ouvra et s'écrasa contre le mur. Ma mère entra dans ma chambre, hurlant comme une dégénéré, pleurant en même temps. Suivi de près par mon père et Caroline, tentant de la retenir.

J'encaissais la douleur et la colère de ma mère sans broncher, je le méritais. Elle crachait des insultes, me disait qu'elle me haïssait d'avoir tuer son fils, son petit miracle. Je voulais m'excuser, mais à quoi bon ? Ma mère me détestait, et c'était justifié.

***

Le lendemain de l'accident, l'infirmière me déclara apte à sortir. Je n'avais presque pas été blessée lors de l'accident, le choc était plus émotionnel que physique. Ils m'avaient simplement gardée en observation.

Seule Caroline était resté à mes cotés, elle seule avait bien voulu venir me chercher à l'hôpital. J'avais déjà fait ma déposition à la police, décrit l'accident seconde par seconde, et donner toutes les informations que je possédais encore sur Quentin.

Je n'étais plus que l'ombre de moi même, enfin c'était ce que je pensais, quand j'aperçus à l'accueil une femme d'un âge mur ainsi qu'un homme du même âge, accompagnée d'une jeune femme brune d'une beauté véritable striée d'une douleur non dissimulé. Les deux femmes avaient les yeux rouges, tandis que l'homme se contenait.

Ces trois personnes discutaient avec le policier qui avait pris ma déposition quelques heures plus tôt, et soudain je compris.

Ce devait être la famille de la victime. Je ne savais pas qui se trouvait dans la voiture que nous avions percuté, mais j'avais sa famille en face de moi. Mon coeur se brisa en tellement de morceaux que pendant un instant je ne pouvais plus respirer.

La jeune femme brune se tourna alors vers moi et me suivit du regard jusqu'à que je quitte l'hôpital, tremblant de tout mes membres engourdis.

En arrivant chez moi, deux valises m'attendaient devant la porte. Mon père se tenait en retrait tandis que ma mère m'ordonnait de ne plus jamais mettre un pied ici.

Caroline me déposa en voiture en bas de l'immeuble du Marais dans lequel je m'étais réfugié pendant quelques semaines, et s'en alla sans un regard.

Mes heures, tes joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant