Chapitre 17 ; Partie 2

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AIDEN

AUJOURD'HUI


Je suis devant l'appartement où Rose est censé vivre, dans le quartier de la Chaussé-d'Antin.  C'est ici.

Je ne connais bien évidemment pas le code d'accès à l'immeuble. J'attend comme un con devant la porte depuis bien 10 minutes quand enfin quelqu'un se décide à sortir. Je fais comme si de rien n'étais et entre à la suite du vieil homme qui vient de sortir. Je passe la cour et sors le papier sur lequel j'ai noté toutes les informations que j'ai pu récolter sur cette famille, ce qui se résume tout bonnement à un nom et une adresse. Mr et Mme Lauvret. Je cherche ce nom sur la multitude d'interphone qui s'affiche à moi.

Mes mains trembles lorsque je me décide enfin à appuyer sur le bouton de l'interphone. Une sonnerie étouffée résonne alors dans le haul de l'immeuble de ce quartier chic. Au bout de ce qui me semble être une éternité, une voix féminine me répond d'un ton morne.

- Oui, qui-est ce ? demande la femme à l'autre bout de l'interphone.

- Bonjour, commencé-je hésitant, je suis Aiden Garland, je souhaiterai voir votre fille Rose, s'il vous plait, terminé-je le coeur battant à tout rompre.

Le silence qui s'ensuit est le plus lourd et pesant auquel j'ai pu faire face. Il est glaciale. Puis au bout de quelques secondes, la personne raccroche.

Je recule sous l'effet de la surprise, ahuris, la bouche ouverte. J'entend ensuite un déclic qui m'indique que la porte est ouverte, puis la même voix m'indique l'étage de l'appartement.

Sans plus attendre, je pénètre dans l'immeuble.

3ème étage... c'est là. La porte est entrouverte. Je donne un coup léger dans celle-ci et quelqu'un l'ouvre directement.

Une femme blonde me fixe, les yeux écarquillés. Elle inspecte chaque centimètre de mon corps comme pour s'assurer que je ne suis pas le fruit de son imagination. Je n'ose pas dire un seul mot, je la laisse m'observer. Elle s'approche un peu plus de moi et je peux voir ses mains trembler.

- Tu es Aiden Garland ? me demande t-elle alors que je me suis déjà présenté.

- Ou... oui, je répond en me raclant la gorge.

Je perçois des larmes au coin de ses yeux. Un instant, je ne comprend pas. Puis je me dis qu'elle doit être contente de me voir vivant.

- Excusez-moi de vous déranger... je souhaiterais voir Rose, demandé-je timidement.

Son expression change du tout au tout en moins d'un quart de seconde. Finalement, elle s'écarte et m'invite à entrer. Ce que je fais.

- Installe toi dans le salon, me dit-elle.

Son ton est beaucoup plus froid qu'à mon arrivé. Néanmoins, je dois parler avec Rose. Elle revient quelques instants plus tard avec un verre d'eau. Elle s'installe en face de moi et prend un air grave.

- Tu ne peux pas savoir à quel point te voir me soulage. Je ne cesse de me demander comment tu vas, depuis l'accident. Je ne savais pas que tu étais sortis du coma. Je suis si soulagée... répète-elle cette fois un peu plus tendrement.

- Oui, c'était il y a 6 mois. Et depuis, je n'arrête pas de me dire qu'il faut que je rencontre Rose.

C'est à ce moment qu'une jeune femme aux cheveux roux arrive dans le salon.

Rose... c'est elle...

Mon coeur marque un arrêt et j'ai soudain envie de m'approcher d'elle. Sauf qu'une voix glaciale retenti alors.

- Rose n'habite plus ici depuis longtemps.

C'est la femme plus âgée qui a parlé. Je me tourne alors vers elle, en quête d'explication.

- Rose est responsable de ton accident, il était hors de question qu'elle vive encore sous ce toit après ce qu'elle a fait, crache t-elle.

- Je ne comprend pas... ce n'est pas elle qui conduisait la voiture... dis-je plus pour moi même que pour cette femme.

- Non, mais par sa faute, mon fils est mort. Le conducteur était un homme qu'elle fréquentait, de très mauvaise influence. Elle a fait monter mon fils dans cette voiture, avec cette ordure au volant... continue t-elle dans un souffle. Elle pose sa main sur son coeur et le mien se brise une première fois.

- Je... je suis sincèrement désolé pour votre fils, Madame. Mais j'ai vraiment besoin de rencontrer Rose, je...

La jeune femme qui vient de faire irruption dans la pièce me coupe la parole.

- Ma mère vient de te dire qu'elle n'habitait plus ici. Ta venue ici ne sert donc à rien, tu peux repartir.

Choquée, je me lève. Ce n'est pas possible, je ne peux pas repartir si vite, sans avoir aucunement avancé dans mes recherches ! La jeune femme s'approche alors de moi et me demande de la suivre jusqu'à la porte d'entrée. C'est là que je le vois, son regard. Son regard qui me dit de ne pas protester et de la suivre, elle me fait les gros yeux.

Je ne rechigne pas et salue poliment Madame Lauvret, je m'excuse du dérangement et lui fait mes condoléances pour son fils.

- Au moins toi, tu es vivant... me dit-elle alors.

Cette phrase m'a glacé le sang.

Je me retiens presque de courir jusqu'à la porte d'entrée et rejoins cette jeune femme, qui doit être la soeur de Rose.

- Aiden, c'est ça ? je hoche la tête et l'écoute attentivement. Je peux te dire où trouver Rose, mais il ne faut pas que ma mère sache que je suis en contact avec elle, c'est compris ? Tu as ton portable ? je le lui tend après l'avoir déverrouillé, sans un mot. Elle tape quelque chose à l'écran et me le rend. Surtout, soit discret, me dit-elle. Elle écarquille un instant les yeux et me fait signe de partir. Je l'a remercie rapidement et quitte l'appartement.

Je rejoins ma mère qui m'attendais dans la voiture, garée non loin de l'immeuble. C'est seulement une fois qu'elle a démarré que j'ose baisser les yeux vers mon téléphone.


Je vais enfin pouvoir la voir, rencontrer Rose.

Mes heures, tes joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant