ROSE
11 MOIS PLUS TÔT
Quentin s'est endormit.
Il semble si calme et si paisible que je doute presque de ce qu'il s'est passé il y a moins d'une heure. J'attends qu'il se réveil, en silence.
J'observe sa chambre, les murs clairs et les vêtements sur le sol. Il y a des photos de nous accrochés maladroitement au dessus de son bureau. Je souris.
Malgré tout, je l'aime. Je ne peux m'en empêcher. Et puis, c'est toujours ma faute s'il s'énerve. Je suis toujours responsable de ce qu'il me fait subir. Je ne peux m'en prendre qu'à moi même. Et même si c'est de ma faute, Quentin s'excuse à chaque fois. Je sais qu'il m'aime autant que je l'aime, peut-être même plus.
Mais d'un autre côté, il me terrifie.
Et je n'ose même pas imaginer sa réaction si je venais à le quitter. Il ne l'accepterait jamais.
Perdu dans mes pensées, je n'ai pas remarqué qu'il s'était réveillé.
- Rose... souffle t-il d'une voix éraillée, presque affolé.
Il pose sa main sur mon visage et je plisse les yeux de peur qu'il soit encore énervé contre moi suite à mon erreur d'hier.
- Rose, je ne vais plus te faire de mal, je te le promets... n'aie pas peur de moi, me dit-il.
Je hoche la tête, trop terrifié à l'idée de dire un mot qui pourrait le contrarier.
- Approche, me dit-il, ou plutôt m'ordonne t-il.
Je me réfugie dans ses bras. Il est à la fois mon bourreau et mon sauveur.
C'est enivrant, terrifiant et terriblement obsédant. Il caresse mes cheveux, mon dos, mes bras. Et c'est si doux et tendre que je suis à nouveau charmée par lui.
- Je t'aime, Quentin, lui dis-je d'une voix mal assurée.
- Et moi donc, mon coeur.
***
Lorsque je rentre chez moi vers une heure de l'après-midi, je trouve mon père assis sur le canapé du salon, mon petit frère endormis sur ses genoux, devant la télévision.
- Salut, papa.
- Bonjour, chérie. Ou étais-tu passé si tôt un dimanche matin ?
- Je suis passé voir Marie, elle avait un problème, dis-je en mentant.
Mon père hoche la tête en pinçant les lèvres.
Dans l'intimité de la salle de bain, j'observe mon corps. Je me démaquille afin d'observer mes blessures. Ma lèvre est légèrement fendu sous mon rouge à lèvre, j'ai quelques bleus ici et là. Mon corps me fait un mal de chien, je suis courbaturée de partout.
Sous la douche, je n'attends même pas que l'eau chauffe si bien que le jet d'eau gelée me pique la peau. J'ai envie de pleurer, de crier, de retourner chez Quentin pour être à nouveau dans ses bras.
J'ai parfaitement conscience de la situation, que tout cela est malsain. Mais je n'arrive pas à m'en détacher. Je lui dois beaucoup, j'étais dans un état encore plus piteux que maintenant lorsqu'il m'a rencontré.
Il m'a fait diminuer considérablement ma consommation de drogue et d'alcool. Sans lui, je ne préfère pas imaginer ce que je serais devenu.
Probablement pas une jeune femme battue...
L'eau désormais chaude détend mes muscles endoloris et chasse quelque peu mes pensées contradictoires.
Noah m'a envoyé un message pour s'assurer que j'allais bien. J'ai envie de rire face à la situation. Lui aussi a essayé de m'aider, de me faire quitter ce monde indécent dans lequel je me suis retrouvée.
J'essais, vraiment.
Mais à quoi bon ?
Il n'y a rien de plus dans le monde si parfait auquel mes parents veulent que j'appartienne.
« Soit une fille sage et respectable » me répète ma mère. J'essaie, maman, mais tu ne le vois même pas.
« Je ne l'aime pas, ton petit copain »
Je repense à ce que m'a dit mon petit frère la veille et prend conscience de la situation.
Il faut que je quitte Quentin avant qu'un drame ne se produise.
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Mes heures, tes jours
Teen Fiction*** CONTENU MATURE 🔞*** Rose, tout juste 20 ans, n'a plus vraiment de vie social ou de cercle d'ami. Et pour cause, même sa famille lui a tourné le dos. Elle est bénévole dans un hôpital et ce travail est presque la seule chose qu'il lui reste. Ce...
