ROSE
AUJOURD'HUI
Je commence les cours à l'Université aujourd'hui.
Nous sommes au début du mois d'octobre, l'air commence légèrement à se refroidir, si bien que je me frotte les mains l'une contre l'autre en attendant le bus.
Il y a tout juste 1 an, mon petit frère mourrait dans un accident de voiture que j'ai causé.
Même si je ne conduisais pas la voiture, tout est ma faute. C'est ma faute si cette dispute a exploser alors que Quentin conduisait. C'est ma faute s'il a perdu le contrôle, s'il s'est énervé. Je l'ai provoqué, comme à chaque fois.
Il m'arrive aussi de penser à ce jeune homme dans la voiture qu'on a percuté. Comment va-t-il aujourd'hui ? Je sais juste que l'accident ne l'a pas tué, rien de plus. Parfois, j'aimerais en savoir plus sur lui. Pourquoi se trouvait-il là, au mauvais endroit au mauvais moment. Sa vie a du être gâché aussi, par ma faute.
Tout est ma faute.
Je met de côté cet épisode de ma vie qui me torture encore et toujours l'esprit. Vais-je oublier un jour ? Ou plutôt, vais-je me pardonner à moi même un jour ?
***
A la sortie des cours, bien que je sois un peu fatigué par cette journée chargée, je décide de m'installer à une terrasse de café. Je n'ai pas envie de rentrer tout de suite, même si j'ai déjà un peu de travail. Je n'ai pas envie de prendre de retard sur ce programme bien chargé mais j'aime tant l'atmosphère de Paris que je ne résiste pas et m'installe à une chaise en bordure de trottoir.
Je commande un café allongé au serveur et place mes écouteurs dans mes oreilles. L'envie de fumer une cigarette me prend soudain, si bien que je fixe le tabac de l'autre côté de la rue.
Je n'ai rien fumer depuis 1 un, je n'ai pas consommer d'alcool non plus. Le manque était assez compliqué à gérer au début, mais j'étais si mal que je n'avais même pas l'énergie de descendre acheter un paquet de clope ou même une bouteille de Jack. Je restais simplement chez moi à me morfondre, essayant d'apprendre de mes erreurs et de mes mauvais choix.
Quoi qu'il en soit, je résiste à l'envie et me replonge dans mes pensées, la musique dans les oreilles. J'aime regarder le monde tourner. Tous ces passants, ces fragments de vie que j'aperçois.
Toutes ces personnes, toutes ces vies différentes.
Le serveur dépose ma commande ainsi qu'un verre d'eau sur ma table, il me sourit gentiment et s'en va.
Je pose mais mes de part et d'autre de la tasse chaude. La musique dans mes oreilles s'arrêtent et est remplacer par la sonnerie de mon portable.
Je baisse les yeux ver mon écran de téléphone et aperçois le nom de ma soeur sur celui-ci. Je décroche immédiatement et sa voix sentit alors dans mes écouteurs.
- Caroline, comment tu vas ? je lui demande de but en blanc.
- Je vais bien, et toi ? me demande t-elle en retour.
- Ça va, je viens de sortir des cours, lui dis-je.
- Alors, ça c'est bien passé ?
- Oui, j'ai l'impression de retrouver une vie à peu près normale.
Je regrette un instant de lui avoir dit ça, mais c'est la vérité. Néanmoins, je ne veux pas qu'elle ai de la peine pour moi.
- D'accord... c'est plutôt une bonne nouvelle, alors, affirme t-elle. À ce propos, j'ai quelque chose à te dire, continue t-elle plus sérieusement cette fois.
- Je suis au café, si tu veux me rejoindre, lui proposé-je.
- Parfais, envoi moi l'adresse.
Je raccroche et lui indique à quel café se rendre.
***
Caroline met bien 15 minutes avant d'arriver. J'ai eu le temps de reprendre un café et de fumer une cigarette que j'ai gentiment demandé au groupe de jeune assis à la table d'à côté. Je n'ai même pas réussis à la finir.
- Coucou ! entends-je soudain. Caroline s'installe à mon côté et m'embrasse sur la joue.
- Salut, lui dis-je.
Elle a l'air étrangement de très bonne humeur. Je trouve cela tout de suite louche.
- Qu'avais-tu as me dire ? lui demandé-je sans plus attendre.
Son sourire s'estompe immédiatement. Elle soupire et lève ses yeux vers moi.
- Il y a quelques jours, un jeune homme est venu à l'appartement, il voulait te voir.
Mon coeur rate un battement et je me mes soudain à manquer d'air.
Mon dieu.
Ça doit être Quentin, ça ne peut être que lui ! Oh, non, non, non... Carole doit remarquer mon angoisse et pose sa main sur mon avant-bras.
- Rose, calme toi. Ce n'est pas ce que tu crois, me rassure t-elle.
Je la regarde en tentant du mieux que je peux de calmer ma respiration. Caroline me regarde d'un air si contrit et triste que je redoute ce qu'elle va me dire. Elle hésite quelques secondes, puis fini par me dire les mots que je rêvait d'entendre depuis des mois.
- Le jeune homme qui conduisait la voiture qui a été percuté lors de l'accident s'est réveillé du coma. Il est vivant Rose, il va bien.
Je suis chamboulée que je ne sais même pas quoi répondre. C'est un mélange de soulagement, de tristesse et de bonheur intense.
C'est à ce moment là que je me souviens.
Cette fille que j'ai aperçu dans la rue il y a quelques jours, je l'ai vu la première fois à l'hôpital, il y a un an de cela. Je me souviens parfaitement de son visage baigné par les larmes, venant d'apprendre que son ami venait d'avoir un accident de voiture.
Quelques bribes de souvenirs me parviennent ici et là ; mon petit frère, sans vie. Quentin qui s'enfuit de peur de représailles. Mon coeur qui martèle ma poitrine, la peur suintant par tout les pores de ma peau. Et surtout, la voiture encastré devant moi, la vision de ce jeune homme inconscient de l'autre côté du pare-brise.
Mon coeur se rappel, se brise, se meurt.
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Mes heures, tes jours
Novela Juvenil*** CONTENU MATURE 🔞*** Rose, tout juste 20 ans, n'a plus vraiment de vie social ou de cercle d'ami. Et pour cause, même sa famille lui a tourné le dos. Elle est bénévole dans un hôpital et ce travail est presque la seule chose qu'il lui reste. Ce...
